Le ténor originaire de Champlain Jacques-Olivier Chartier chantera "Le Messie" de Haendel avec l’OSTR samedi.

«C’est comme de retrouver la famille»

Trois-Rivières — Le parcours du ténor Jacques-Olivier Chartier est étroitement lié au "Messie" de Haendel, à l’ensemble Vocalys et à l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières. Le samedi 9 décembre, il chantera "Le Messie" pour une quatrième fois avec l’OSTR et Vocalys, dont trois fois à titre de soliste.

Natif de Champlain, Jacques-Olivier Chartier a découvert Le Messie alors qu’il était choriste au sein des Petits chanteurs de la Maîtrise du Cap, qui a déjà été dirigée par Jacques Lacombe et par Raymond Perrin. Puis, en 2005, il faisait partie de l’ensemble Vocalys, fondé et dirigé par Raymond Perrin. Vocalys a chanté Le Messie avec l’OSTR à l’église Sainte-Cécile le 19 novembre 2005, avant que le chef Jacques Lacombe n’entre officiellement en poste.

Le ténor a fait ses début en tant que soliste à l’OSTR avec Jacques Lacombe le 5 décembre 2010 dans... Le Messie, et est revenu le chanter le 9 décembre 2012, chaque fois en partageant la scène avec Vocalys.

«Mon premier contact avec Le Messie a été avec les Petits chanteurs de la Maîtrise du Cap. Déjà là, j’adorais le langage musical autour de l’œuvre. J’ai vraiment adopté le baroque dès l’âge de 10 ans. Ça m’a toujours intrigué. Le Messie, c’est beaucoup de souvenirs de jeunesse. Pendant mon développement, il m’a toujours suivi», raconte Jacques-Olivier Chartier.

«C’est toujours une partition à redécouvrir. La voix évolue avec le temps, il y a toujours des possibilités qui s’ouvrent dans l’interprétation des airs de ténor. Dans la vingtaine, la voix grandit, devient de plus en plus puissante, et ça donne une palette de couleur qui s’élargit», confie-t-il en parlant du potentiel de bonification de son interprétation du Messie.

Le jeune homme continue justement de peaufiner sa formation. Après avoir complété une maîtrise en musique classique à l’Université de Montréal, il a poursuivi ses études à l’Académie de musique de Bâle en Suisse, à la Britten-Pears School of Music en Angleterre et, l’été dernier, il s’est perfectionné à l’American Bach Soloists Academy de San Francisco. 

Il a aussi étudié auprès de Lyne Fortin à l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal.

«C’est un apprentissage à vie. Tu peux toujours découvrir quelque chose, tant sur l’interprétation que sur la diction, la langue, la musicologie, dans quel contexte l’œuvre a été interprétée... en plus du niveau technique, purement, sur ta voix, qui est ton instrument. Il faut toujours se mettre à jour. Je suis encore jeune! Dans mon domaine, 30 ans et moins, c’est encore considéré comme jeune», indique le ténor particulièrement versé dans le baroque, qui compte Bach et Haendel parmi ses phares.

Établi à Montréal, Jacques-Olivier Chartier est ravi de venir chanter à Trois-Rivières: «Je m’y sens tellement chez nous! C’est comme de retrouver la famille. J’en profite d’ailleurs pour aller voir mes parents qui sont encore en Mauricie. J’ai encore beaucoup d’amis qui y sont. Et retrouver Vocalys, c’est retrouver une famille aussi.»

Côté professionnel, chanter avec l’OSTR est aussi un plaisir pour le ténor qui s’est tout de même produit avec plusieurs orchestres et ensembles, dont le Kitchener-Waterloo Symphony, le Pacific Musicworks de Seattle, l’Orchestre Métropolitain, le Early Music Vancouver, I Musici, le King’s College Halifax, l’Orchestre symphonique de Montréal, le Portland Baroque Orchestra et Les Violons du Roy. Il a aussi chanté avec les opéras de Québec et de Montréal, entre autres.

«À Trois-Rivières, on nous permet de travailler avec un des meilleurs chefs au monde, Jacques Lacombe. On a cette chance de pouvoir travailler avec lui! Il est très fidèle dans le choix de ses solistes; quand il aime quelqu’un, il travaille avec lui. Je suis heureux de retrouver ma famille musicale, ce sont des gens que je respecte beaucoup, autant les musiciens que les chanteurs, que Raymond Perrin», commente-t-il.

Pour en revenir au Messie, Jacques-Olivier Chartier en énumère les défis: «C’est une musique très difficile à interpréter pour les solistes. Il y a un certain défi d’endurance car c’est une œuvre assez longue. Il y a des défis purement techniques, avec beaucoup de vocalises et de mélismes, soit des successions de notes très rapides sur la même voyelle. Le Messie, il ne faut jamais qu’il soit trop loin dans notre répertoire!»

Pour cette interprétation du Messie, le ténor mauricien fera partie du quatuor de solistes composés de la soprano française Odile Heimburger, qui fera ses débuts canadiens avec l’OSTR, de la mezzo-soprano Maude Brunet —  conjointe de Jacques-Olivier Chartier —, et du baryton ontarien Phillip Addis. 

L’ensemble Vocalys, dirigé par Raymond Perrin, sera aussi du désormais traditionnel rendez-vous, le samedi 9 décembre à 20 h à la salle J.-Antonio-Thompson.