Pour ajouter à des rôles variés, Hélène Bourgeois Leclerc est la voix derrière le personnage de François les lunettes dans La course des tuques, suite animée de La Guerre des tuques 3D.

Ces voix qu’on ne voit pas

TROIS-RIVIÈRES — Elle joue avec conviction une sergent-détective aux prises quotidiennement avec ce que le monde du crime a de plus odieux. Or, dès le 7 décembre, elle sera la voix de François les lunettes, sympathique personnage de La guerre des tuques 3D qui revient dans une suite au dessin animé sorti en 2015. Hélène Bourgeois-Leclerc possède décidément une large palette de comédienne.

Retrouver son personnage a été un bonheur même si son travail de doublage n’aura duré que le temps de deux intenses fins de semaines de labeur. «La pression, je l’ai eue pour La guerre des tuques 3D parce qu’on s’attaquait à quelque chose qui est inscrit dans la culture québécoise. On voulait être à la hauteur de ce lourd héritage et respecter aussi bien les personnages originaux que l’oeuvre elle-même. Avec le recul, je peux dire que le pari a été relevé avec succès et j’en suis très fière.»

«Maintenant, retrouver ce personnage, c’était juste du plaisir. On passe à une toute nouvelle histoire avec différents enjeux alors, j’ai trouvé ça rafraîchissant. En plus, en lisant le scénario, j’ai tout de suite senti que ça me permettait de m’abandonner à une histoire toute simple mais pleine de charme, avec beaucoup de créativité. Au fond, ça reste un film sur l’amitié et ça nous fait revivre les plaisirs de l’enfance avec l’hiver, les joues rouges, etc.»

Cette fois, c’est à François les lunettes de devenir le centre de cette nouvelle intrigue autour d’une course de luges. Le petit génie conçoit un véhicule quasiment supersonique qu’il va confronter à celui d’un nouveau-venu au village, Zac, un garçon presque aussi doué mais sans scrupules.

«On découvre quelque chose de nouveau chez François, explique la comédienne. Il révèle une ambition quelque peu démesurée qui lui fera perdre la face devant ses amis mais je vous rassure: l’amitié restera plus forte que tout.»

Sans que les spectateurs en soient tellement conscients, il y a un rigoureux travail technique derrière le rôle effacé de la comédienne. «C’est fou mais j’ai eu un peu peur d’avoir perdu la voix de François. J’ai réécouté La guerre des tuques 3D pour la retrouver. Ce n’était pas un travail simple parce que dans le nouveau film, il y a beaucoup de cris et d’onomatopées parce que ça brasse pas mal lors des courses.»

Comme le scénario explore une nouvelle facette de sa personnalité du personnage, certaines nouvelles intonations de voix viennent l’exprimer. À l’interprète derrière son micro de les développer. «Je lui ai trouvé de nouvelles manières de parler et quand on constate une escalade de son ambition, sa colère est aussi plus grande. Je lui ai inventé des inflexions que je qualifierais d’un peu démoniaques. C’est ça qui est agréable de l’animation: on peut se permettre des choses mais en même temps, ça exige énormément de rigueur: il faut adapter le ton de sa voix aux moindres changements dans son regard.»

Un autre défi

Alors que certaines voix familières au public sont de retour, de nouvelles apparaissent derrière deux nouveaux personnages. La jeune Ludivine Reding, révélée dans la télésérie Fugueuse, donne sa voix à une certaine Charlie. «Elle est une fille qui veut faire plaisir à tout le monde, dit-elle pour définir ce personnage. Elle se retrouve associée à Zac qui est un peu méchant, mais c’est parce qu’elle veut être gentille avec lui. Ce qui était intéressant dans le rôle, c’est que le personnage suit une véritable courbe dramatique au cours du film. Elle manque d’abord de confiance en elle mais apprend à assumer de plus en plus qui elle est. Elle apprend à privilégier des valeurs qui lui ressemblent. J’ai eu tellement de plaisir à véhiculer ça.»

Cette comédienne a un parcours plutôt atypique: elle a débuté sa carrière vers l’âge de neuf ans en faisant, justement, du doublage. «C’est quelque chose que j’aime vraiment beaucoup, assure-t-elle, et je commence à avoir un bon bagage. La plupart du temps, cependant, ça se limite à donner une voix française à une comédienne anglophone. Cette fois-ci, il fallait que je crée un personnage et contrairement aux versions françaises, j’avais le réalisateur avec moi en studio qui me donnait ses instructions et sa vision du personnage. On pouvait même changer le texte à l’occasion pour y aller avec des répliques plus justes.»

Elle qui est de la génération des enfants nourris à l’imaginaire du film d’André Mélançon, elle a auditionné pour le rôle. «À l’école primaire, à toutes les périodes des Fêtes, on avait un visionnement du film en groupe. Dans les semaines suivantes, aux récréations, on se faisait des forts dans la cour. Pour moi, ce sont des super beaux souvenirs. Il y a une certaine nostalgie associée à ça parce que les enfants ne le font plus il me semble. Ils sont tellement pris par les jeux technologiques. Nous, on trouvait le moyen de d’amuser de façon très simple. C’est pour ça que je me considère tellement chanceuse d’avoir fait partie de ce nouvel épisode. Ça parle un peu de moi.»