Avec son documentaire Pédagogues de l’espoir, la réalisatrice et productrice Pauline Voisard aborde le monde de l’éducation.

Ces gens qui changent des vies

TROIS-RIVIÈRES — Il est bien rare qu’on parle du domaine de l’éducation au Québec simplement pour vanter ses réussites. Il y en a pourtant. Le dernier documentaire de la Trifluvienne d’origine Pauline Voisard, Pédagogues de l’espoir, en fait une démonstration claire et réjouissante. Le film sera notamment présenté à la polyvalente Jean-Nicolet le mardi 30 octobre à 19 h de même que dans le cadre de Ciné-Campus le jeudi 1er novembre à 19 h 30.

La cinéaste a tourné sa caméra vers des élèves, parents, intervenants du monde de l’éducation sur la rive sud de Trois-Rivières ainsi que vers des représentants du Comité Solidarité Trois-Rivières autour de trois projets à vocation sociale: Les Brigades vertes à l’école secondaire des Seigneuries de Saint-Pierre-les-Becquets, le Projet Nicaragua à l’école secondaire Jean-Nicolet et le projet Change le monde une œuvre à la fois au Collège Notre-Dame-de-l’Assomption.

C’est le projet d’aide humanitaire au Nicaragua qui prend le plus de place dans le film et pour cause: c’est sans doute le projet qui rejoint le mieux l’objectif avoué de la cinéaste. «Bien sûr, l’orientation des projets est très intéressante mais je voulais montrer comment une aventure significative et, surtout, de bons mentors peuvent être déterminants dans la vie d’adolescents. Et que ce genre de projet dans le milieu scolaire peut avoir une influence déterminante sur un parcours de vie.»

«Ça ne signifie pas qu’un jeune qui fait un voyage humanitaire va forcément devenir coopérant à l’étranger mais l’expérience est si forte qu’elle peut l’amener à une prise de conscience qui va influencer son orientation.» Le film en présente d’ailleurs une très pertinente illustration avec le témoignage d’un garçon très marqué par son expérience auprès de gens pauvres au Nicaragua où il a pris conscience de la futilité du luxe matériel. À son ambition de devenir gardien de prison, justifiée par un emploi assuré et un bon salaire, il a plutôt préféré s’orienter vers sa véritable passion: le travail de comédien.

On peut parler d’un film sur l’éveil de la conscience. «L’adolescence, c’est une période primordiale dans la vie de chacun et quand on voit des jeunes qui apprennent à travers diverses initiatives à devenir le moteur de leur propre vie, c’est touchant. D’ailleurs, on a des témoignages de parents qui viennent le corroborer. On constate aussi leurs sensibilités différentes: chacun aborde les choses selon sa propre personnalité.»

Une des forces du documentaire demeure la qualité des intervenants que Pauline Voisard fait bien ressortir. «Ce sont des gens brillants avec des fortes personnalités et des convictions profondes qui ne cherchent pas à convaincre mais plutôt à partager leurs convictions. Comme réalisatrice, ils m’ont amené à des endroits inattendus qui donnent de beaux moments dans le film.»

Les jeunes qui apparaissent tout au long de l’œuvre ne manquent pas de tonus non plus. Leur aisance devant la caméra est assez remarquable. «Ça tient probablement un peu à mon approche personnelle, explique Pauline Voisard. J’ai beaucoup fréquenté les jeunes en amont. Je les ai rencontrés souvent et j’ai participé à certaines de leurs activités pour qu’une confiance se tisse entre nous. Quand on a finalement ajouté une caméra, ça n’a rien changé. D’autant qu’on était une toute petite équipe de trois alors, ce n’était pas intimidant.»

Pédagogues de l’espoir fait l’objet d’une entente avec Radio-Canada qui garantit qu’il sera diffusé à la télévision publique quelque part en 2019. Le film aura alors déjà connu une bonne diffusion puisqu’après les deux présentations dans la région, il s’arrêtera à Gatineau, Montréal, Joliette, Rimouski, Saint-Jérôme, Victoriaville principalement dans les cadre des Journées québécoises de la solidarité internationale. Et comme il traite d’éducation dans son sens large, la réalisatrice, mais également productrice, souhaite voir d’autres projections s’ajouter à une liste déjà enviable

Il est important de noter que la représentation à Nicolet est ouverte au grand public et que l’entrée est libre. Les jeunes qui ont participé au film ne l’ont toujours pas vu et c’est lors de cette représentation qu’ils le verront pour la toute première fois.