Le peuple affranchi est présenté au Théâtre du Cégep de Trois-Rivières jeudi. Sur la photo, on reconnaît Chad Badger, clown, Franziskka Reichherzer, percussionniste électronique, Mathilde Addy-Laird, metteure en scène, Liliane Pellerin, auteure-compositeure-interprète et directrice artistique, Jesse Ens, guitariste et Benoît Converset, contrebassiste.

Célébrer l’inclusion par l’art

TROIS-RIVIÈRES — «On imagine une communauté comme on la souhaite. Le spectacle c’est pareil! Une communauté saine, inclusive, qui favorise l’unicité de chacun dans le projet commun et qui honore la différence.»

C’est probablement la meilleure façon de décrire les motivations qui ont mené au spectacle Le peuple affranchi qui sera présenté au Cégep de Trois-Rivières jeudi. Ces mots sortent de la bouche de la directrice artistique, Liliane Pellerin, qui a construit ce spectacle-bénéfice dont les profits iront à l’organisme Point de rue. «L’idée c’est de parler de notre message inclusif. C’est un spectacle multidisciplinaire avec de la poésie, de la chanson électro-folk, du théâtre d’ombres et des numéros de clown. L’histoire du spectacle est bâtie autour de celle de Chad qui a vécu en situation de rue pendant 15 ans. Il a découvert le clown et c’est à partir d’un premier voyage à Madagascar, où il apprenait les arts du cirque aux enfants, qu’il a trouvé comment appartenir à la communauté.»

Chad Badger a déjà eu recours aux services de Point de rue et c’est grâce au soutien qu’il a reçu qu’il s’est découvert cette passion pour l’art clownesque. «J’ai réalisé durant le processus que plusieurs choses que j’écrivais faisaient écho à la vie de Chad. Pourtant, on a deux vies complètement différentes. Il y a quelque chose de ce spectacle qui est un peu à l’image de la vie. On pense qu’on est d’un côté de la réalité et que l’autre côté va toujours nous être inconnu, mais, finalement, on est bien plus lié et semblable que ce qu’on pense. En bout de ligne, on est des humains qui vivent des hauts et des bas. On est pas mal tous sur le même terrain à faire de notre mieux!», expose l’artiste engagée qui peut également compter sur la présence de Guillaume Vermette et de Philémon Cimon.

«Tous les témoignages du spectacle sont forts d’une poésie touchante. Le public peut s’attendre à être touché et émerveillé parce que c’est un univers visuel et sonore. C’est divertissant et porteur d’un grand message d’espoir», ajoute Mathieu Marchand, directeur général adjoint et membre fondateur de la Coop Les Affranchis.

«Et le rêve!, renchérit Liliane Pellerin. Il y a des parcelles de témoignage de la vie de Chad dans le spectacle même s’il est en clown tout le long. Les chansons, ainsi que la poésie appuient son chemin et sa quête. Dans ces extraits, il aborde la force du rêve, malgré des années de souffrance. Le rêve peut être assez puissant pour contre-balancer tout ça.»

Les formes artistiques divertissantes sont autant de fils qui servent à tisser une communauté. «C’est une façon d’honorer le chemin qu’il a emprunté et qui pourrait être jugé socialement négatif, mais pour moi, dans la construction du spectacle, Chad est allé chercher plein de forces. Il a notamment réalisé comment il pouvait apporter le plus à la communauté. C’est une façon de mettre ça en valeur qu’il n’y a pas qu’un seul chemin et que tous les chemins mènent à se rencontrer. Il faut trouver la façon la plus positive de contribuer à ce monde. Chaque personne a quelque chose de précieux à apporter à la société, il faut juste trouver la bonne manière.»

Ce spectacle est une initiative de la Coopérative Les Affranchis qui est issue de l’organisme Point de rue qui vient en aide aux personnes en situation sociale précaire.

«Les projets avec l’art permettaient quelque chose de plus que l’intervention ne permet pas dans l’inclusion sociale et dans le lien avec la communauté. Dans les dernières années, on a créé une entité à part qui va s’occuper des projets d’inclusion sociale par l’art», explique Liliane Pellerin qui a également travaillé comme intervenante pour l’organisme trifluvien.

«Tout comme Point de rue, la Coop croit au grandiose. On croit qu’on est capable de livrer du grand et du magnifique et ces choses-là, on ne les réalise pas à moitié. Avec l’apport des gens en situation de rue qu’on serait porté à stigmatiser, on veut montrer qu’ensemble on est capable du plus grand. On ne fait aucun compromis sur le fait que c’est ensemble qu’on peut bâtir le plus grand. On a tous un rôle dans cette communauté pour la rendre plus inclusive et plus heureuse», ajoute Mathieu Marchand. «On est utopiste, on le sait, mais pour réaliser un monde meilleur, il faut y croire.»

Les billets sont en vente sur enspectacle.ca.