Le Casse-Noisette de Ballet Ouest sera présenté ce week-end à la salle J.-A.-Thompson.

Casse-Noisette: la magie d’un classique

Trois-Rivières — Le mot magie est utilisé à profusion en cette période de l’année. Il en sera aussi abondamment question dans ce texte. Difficile de faire autrement quand on traite de la production Casse-Noisette où on retrouve deux danseurs trifluviens aux yeux pétillants et à la complicité... magique!

Il n’y a aucun doute que Lola Kokta-Gagnon et Philippe Beauchesne ont «capoté» quand ils ont su qu’ils interpréteraient Clara et Fritz dans le classique de Tchaïkovski de Ballet Ouest. Il y a longtemps que la chimie s’est faite entre les deux, mais le fait que les deux aient été choisis dans des rôles principaux relève d’un heureux hasard, presque de la magie. «J’étais tellement fière et contente quand on m’a annoncé que j’avais le rôle de Clara! La première chose que j’ai faite c’est d’aller voir Philippe!», raconte Lola qui caressait le rêve d’interpréter Clara depuis la première fois où elle a vu la production à l’âge de cinq ans. Philippe pour sa part a joué pour la première fois dans Casse-Noisette alors qu’il n’avait que cinq ans. Malgré leur jeune âge, Lola a 11 ans et Philippe 14 ans, ils ont déjà beaucoup d’expérience dans cette discipline. Philippe a commencé le ballet alors qu’il avait 3 ans et Lola, alors qu’elle n’avait que 18 mois! «C’est à ce moment que j’ai découvert ma passion pour la danse», lançait Lola. Un passe-temps que les deux conjuguent merveilleusement avec l’école et la vie sociale. 

Le défi

Les répétitions vont bon train depuis octobre pour les deux jeunes qui en sont maintenant aux générales. Le défi est colossal pour les deux complices tant au niveau de la mémorisation que de l’exécution. Tous les détails sont très importants. «C’est certain que de tout enchaîner les scènes, ce n’est pas facile, mais je prends ça comme un défi. Ça devient plus facile quand tu le vois comme ça que quand tu te dis que tu n’y arriveras pas. C’est ce que j’adore dans la danse. Je ne m’attends pas à ce que ce soit facile. Je veux que ce soit un défi pour me rendre encore meilleure», exprime la jeune fille qui, par la nature du rôle, est sur scène tout au long du spectacle. Aucune intervention magique là-dedans, que du travail et beaucoup de détermination.

«C’est difficile les petits détails, les doigts, la main et tout. C’est vrai qu’on prend ça comme un défi. Quand on te demande de faire quelque chose, il faut que tu le fasses tout de suite et bien. Si tu ne l’as pas, tu recommences. Quand tu le fais des centaines de fois, il y a un moment où tu finis par t’améliorer», ajoute Philippe en lançant un regard à sa partenaire.

Cette production demeure une grande famille qui se forme en quelques semaines seulement. «C’est magique pour les spectateurs, mais de l’interne aussi! Ce sont 78 danseurs d’ici qui répètent chaque samedi. Avec les parents impliqués, ça devient un trip de famille», raconte Julie Garneau, responsable des communications pour le Festival international Danse Encore qui bénéficiera, entre autres, des profits de la production. «C’est un immense réveillon de deux jours et demi», ajoute Jean Beauchesne, le père de Philippe.

Les représentations sont prévues pour le 16 décembre à 14 h et 19 h 30 et le 17 décembre à 14 h, à la salle J.-A.-Thompson.

Philippe Beauchesne et Lola Kokta-Gagnon incarnent Fritz et Clara dans la version mauricienne de Casse-Noisette présentée par Ballet Ouest.

La danse, malgré tout

Lola et Philippe sont partenaires de danse contemporaine et de danse sportive. En plus du ballet. Les deux comparses souhaitent poursuivre la danse aussi longtemps que possible et... ensemble. «Je ne veux jamais arrêter. Je veux toujours en faire, tout le temps», lançait Philippe. «Je souhaite qu’on devienne des professionnels ensemble.» Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi pour Philippe qui a littéralement mis la danse de côté durant un certain temps. «Il y a un bout qu’il a trouvé un peu plus difficile par rapport à la vision des garçons sur les garçons qui font de la danse. Même qu’à un moment donné, il s’était juré de ne plus jamais en faire à cause du regard négatif non seulement des enfants, mais aussi des parents», racontait Jean Beauchesne qui participe aussi à la production comme parent dans la scène du réveillon.

«J’ai passé par-dessus, car je me suis dit: ‘‘Il n’y a personne qui va m’empêcher de danser avec cette fille-là. Qu’est-ce que je vais faire pour garder la forme et être heureux, si je ne danse pas?’’ Je suis allé aux auditions de Casse-Noisette avec Lola et ça m’a vraiment redonné le goût», mentionne Philippe qui veut passer le message que la danse ce n’est pas juste pour les filles. Quand on demande à Lola si elle a un rôle à jouer dans le retour de Philippe à sa passion, elle répond: «un peu!» Il la relance sans tarder. «Beaucoup!» Si ça ce n’est pas de la magie...