Richard Therrien
Marie Soleil Dion et Fabien Cloutier coanimeront <em>Ça va bien aller</em> sur les ondes de TVA.
Marie Soleil Dion et Fabien Cloutier coanimeront <em>Ça va bien aller</em> sur les ondes de TVA.

Ça va bien aller: de la «télé-réconfort»

CHRONIQUE / Il y a 10 jours à peine, Fabien Cloutier recevait un appel du patron des émissions originales des chaînes de Québecor, Denis Dubois, pour lui demander d’animer une nouvelle émission quotidienne. Ça va bien aller commence ce soir en direct à 19h, à TVA et sur tva.ca, pour défier l’ennui du confinement et freiner l’anxiété collective. Une rapidité complètement inhabituelle en télévision.

«C’est beaucoup de choses à gérer en peu de temps», admet l’acteur, qui n’a jamais animé de talk-show de sa vie et qui devra monter cette émission avec le strict minimum. «On veut arriver prêts, mais on ne peut faire abstraction que ce sera de la télé créée en confinement avec des effectifs réduits.»

Du lundi au jeudi, il sera accompagné de Marie Soleil Dion, qui animera elle aussi de chez elle. «Ce n’est pas de la téléréalité sur nos familles, c’est de la télé faite chacun de notre côté, pour mettre en lumière que des gens font de grandes choses. On va avoir besoin de tout le Québec comme recherchistes, qui créent des images et qui nous les envoient. On veut que les gens fassent des coups de chapeau à leurs collègues, à leur blonde, leur chum. Il faut mettre des visages sur ceux qui nous aident à passer au travers de ça», affirme le comédien et coauteur de la comédie Léo, qui croit avoir été choisi pour son authenticité. «Le monde me connaît comme je suis. Je ne cache rien.»

Pour sa part, Marie Soleil Dion n’a su que mardi dernier qu’elle était de l’émission, moins d’une semaine avant son entrée en ondes. Le lendemain, on lui livrait sur son balcon un équipement de télé avec les plus grandes précautions. «On espère que les gens vont comprendre que c’est précipité et qu’on a les meilleures intentions du monde. C’est un défi technique», affirme la comédienne, qui a installé son studio de fortune au sous-sol de sa maison de Boucherville.

Fabien nous prévient: l’équipe devra composer avec un délai en ondes. «C’est ce qu’on répète en ce moment: ne pas faire de questions trop courtes et compléter nos idées pour ne pas que tout le monde parle en même temps.» Marie Soleil Dion ne s’en cache pas: Ça va bien aller s’inspire beaucoup de ces 5 à 7 que les gens se font sur le Web, entre amis ou en famille, pour rester en contact. «On n’appelle même pas ça un show, mais un rendez-vous, comme les FaceTime que les gens font à la maison. Tous les jours, nous irons prendre des nouvelles de gens du public, qui sont souvent seuls, ou qui travaillent sur le terrain. On veut que tout le monde se sente concerné.» Des artistes seront aussi sollicités, mais jamais pour ploguer un spectacle ou un disque. «De toute façon, y’a rien à ploguer, y’a rien qui sort. Les artistes ne nous feront pas leur plus gros hit, mais ce qu’il y a de plus significatif présentement», explique Fabien Cloutier.

Même si on parle de réconfort et de bonne humeur, ne vous attendez pas à des monologues d’humour. «On est des gens comiques, mais on ne sera pas dans le déni, poursuit Marie Soleil Dion. On la vit aussi, cette situation. D’un autre côté, on ne parlera du nombre de morts, on ne refait pas le point de presse de 13h. On sera dans l’empathie et on donnera des conseils aux gens sur ce qu’ils peuvent faire pour aider les autres.»

Étant donné que le tournage de L’Échappée a été repoussé d’un mois, Marie Soleil Dion vivait la situation assez relax jusqu’à ce que ce contrat imprévu arrive, tout de même bien entourée — elle vit le confinement à six. «Je n’ai jamais eu autant de 5 à 7 de ma vie! Moi, je vis en banlieue, je ne vais jamais nulle part, j’ai mon bébé. Là, je fais des 5 à 7 avec Katherine Levac, Marc Brunet, Jean-François Chagnon, je ne les ai jamais autant vus!»

Alors qu’on pourrait y voir quelque chose de futile et de superflu, Fabien Cloutier voit plutôt en la télé un moyen de rassurer la population. «Il ne peut pas y avoir juste des reprises à la télé, qui ont été tournées avant que le confinement existe. Le point de presse du premier ministre, on le regarde parce que c’est vrai, ça se passe maintenant.»