Le chanteur de Three Days Grace Matt Walst a mis toute la gomme pour créer le délire parmi les fans du groupe réunis devant la grande scène du FestiVoix vendredi soir.

Ça monte d’un cran

Trois-Rivières — Jour 2 du FestiVoix: les choses sont passées à une vitesse supérieure, fin de semaine oblige. Mais disons que la programmation y est pour quelque chose: c’était la soirée Three Days Grace.

Nettement plus ponctuel qu’Éric Lapointe la veille, le groupe canadien était sur scène à 21 h 30 et des poussières et tant qu’à y être, pourquoi ne pas s’éclater comme Alex Ovechkin dans un party de Coupe Stanley? D’autant que la foule ne demandait rien d’autre. Il y avait probablement plus de spectateurs que pour Lapointe la veille, mais pas tellement. Pas de cohue monstre. Par contre, la foule était plus concentrée devant la scène et la zone d’avant-scène fourmillait de fans finis décidés à se plier aux moindres exigences de leurs idoles. Le chanteur Matt Walst a fait tout ce qu’il fallait pour mettre le feu au site et franchement, au terme des cinq chansons que j’ai entendues, le party était sérieusement pris et tout ça s’annonçait comme un excellent spectacle.

Un dix sur dix pour le son d’une qualité exceptionnelle.

Il ne faut pas oublier de mentionner que la foule a été réchauffée de main de maître par l’excellent groupe Galaxie. Une formation connectée directement sur la centrale électrique de l’enfer. Leur énergie un tantinet déjantée était très sympathique et ils ont donné une première partie dont devrait s’inspirer tout groupe émergent. Ont-ils buté sur des paroles? C’est une question à laquelle je refuse de répondre sans la présence de mon oto-rhino-laryngologiste, mais pour les fins de la conversation, disons qu’ils ont été impeccables et que le propos de leurs chansons ne constituait pas le pôle central d’intérêt. Disons que ça déménageait pas pour rire et que c’était on ne peut plus approprié pour cette période de l’année.

Dans un tout autre ordre d’idée, Paul Piché était sur la scène des Voix multiples en début de soirée. Autre atmosphère, pour tout dire. En toute franchise, je n’attendais rien d’extraordinaire de ce spectacle. Or, ce fut un moment absolument exceptionnel et même émouvant. Exactement ce que cette scène intimiste et bucolique peut apporter de mieux: une vraie rencontre entre un artiste et son public. Une rencontre, où l’émotion ne se perd pas dans l’infinie, mais se distille comme dans un écrin.

Paul Piché était d’excellente humeur, plutôt badin. Il a rapidement attaqué le sujet du malaise ressenti sur scène à Saguenay la semaine dernière. «Vous avez peut-être entendu parler d’un petit problème que j’ai eu? C’était simplement des vertiges et ça va probablement m’arriver encore. Si jamais vous êtes en train de chanter en même temps que moi et que je tombe en pleine face, faites comme si de rien n’était et continuez à chanter. Et si vous êtes médecin, venez donc jeter un p’tit coup d’œil sur moi juste pour être sûr.»

Piché n’a eu aucun vertige dans l’interprétation de ses nombreux succès. Des palpitations cardiaques de bonheur devant la réception du public à son égard, sans doute, mais ça, il est capable d’en prendre. L’homme est apparu réellement ému devant les applaudissements nourris d’un public d’autant plus chaleureux que l’auteur et compositeur recevait tout cet amour avec une humilité vraiment touchante. Comme si c’était la première fois. Au point de verser quelques larmes devant l’ovation que lui a valu L’escalier dans une version très proche de l’originale. «Une chanson d’amour», a-t-il dit pour la présenter. Il ne savait pas si bien dire.

On a beau connaître le répertoire de Paul Piché de long en large et ne pas être un fan, il a offert au public une magnifique rencontre qui marquera cette 25e édition du FestiVoix.

Une fois de plus, le site a été sérieusement attaqué, mais a vaillamment résisté aux invasions barbares et tous ceux qui ont voulu assister au spectacle ont pu le faire. Les changements apportés à son aménagement ont vraiment été efficaces.

Un petit mot, en terminant sur la zone 25, une section installée devant la grande scène au bord du fleuve au-dessus des estrades logées sur la gauche à la limite du stationnement. Les deux étages ajoutés à la structure permettent à quelque 120 personnes d’assister aux spectacles depuis un endroit vraiment privilégié. La vue y est imprenable. Or, elle est réservée à quiconque du grand public qui a été vu par les membres d’une escouade spéciale en train de poser un geste écoresponsable. La récompense est un accès gratuit à cette zone spéciale. L’idée est on ne peut plus louable et la réalisation, vraiment très réussie. Le directeur général de l’événement Thomas Grégoire affirme que cette innovation est là pour rester lors des prochaines éditions du FestiVoix. Utilisez les navettes électriques, déposez vos déchets dans les bacs de récupération, enfin, soyez de bons citoyens.

Et de grâce, n’apportez pas de parapluie au FestiVoix. Quelle que soit la température, ils sont interdits. Un imperméable, ça fonctionne aussi, vous savez.