Britanny Kennell s’est exilée aux États-Unis pendant une douzaine d’années avant de revenir au Québec pour relancer sa carrière.
Britanny Kennell s’est exilée aux États-Unis pendant une douzaine d’années avant de revenir au Québec pour relancer sa carrière.

Brittany Kennell: Des airs de Nashville au country québécois

On le dit souvent, il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus dans le merveilleux monde de la musique. Et quand on ambitionne de faire carrière aux États-Unis, alors là, le nombre d’élus diminue encore plus

C’est pourtant le pari qu’a fait la Montréalaise Brittany Kennell en 2008 lorsqu’elle s’est inscrite au prestigieux Berklee College of Music de Boston.

Après ses études, c’est à Nashville que la musicienne a décidé de poursuivre son apprentissage. Pendant sept ans, elle a tenté de bâtir sa carrière autour de l’écriture de chansons. 

« Je suis allée à Nashville pour écrire des chansons, confie-t-elle au Droit. Il y a une grosse communauté d’auteurs-compositeurs là-bas et je voulais acquérir de l’expérience en écriture. J’y ai rencontré des gens incroyables et j’ai aussi découvert une communauté d’artistes tissée très serrée. »

Au cours de son exil au pays de l’Oncle Sam, Kennell a fait quelques tournées au Tennessee et dans les États du sud-ouest pour ensuite franchir plusieurs étapes de l’émission The Voice en 2016. Elle fut recrutée par la vedette du country Blake Shelton et elle a quitté l’émission non sans avoir laissé sa marque.

« J’ai travaillé beaucoup en studio, mais j’ai fait très peu de scène, ajoute la Montréalaise. Donc, quand je suis arrivé à The Voice, c’était très gros pour moi. Cette scène-là est sans doute la plus prestigieuse de la télé américaine et il a fallu que j’apprenne vite à me sentir à l’aise autant devant les caméras qu’avec les musiciens et toute l’équipe technique qui entoure ce genre de production. »

Britanny Kennell s’est exilée aux États-Unis pendant une douzaine d’années avant de revenir au Québec pour relancer sa carrière.

Le retour

Son retour au Québec s’est fait en 2019. De son propre aveu, elle ne se doutait pas de l’ampleur de la scène country dans la Belle Province.

« Je n’avais aucune idée que la musique country était aussi importante au Québec, avoue-t-elle. Quand j’ai pris part au Gala country l’an dernier. Mon équipe de gérance m’y avait invitée et j’ai vu là, des dizaines d’artistes qui vivaient de la musique country. Je m’en suis dit ‘Hey, y a du bon country ici’. »

De son séjour aux États-Unis et surtout à Nashville, la capitale de la musique country, Brittany veut apporter au Québec cette convivialité et cette esprit de collaboration qui existe dans la communauté nashvillesque. 

« Là-bas, tout le monde s’entraide et veut collaborer avec les autres artistes, confie-t-elle dans un excellent français. Au Québec, il y a déjà une belle communauté d’artistes qui collaborent entre eux et je veux ajouter ma petite contribution à cet esprit d’équipe. »

Et cette « contribution » se résume à peu de choses, selon elle. Initier des collaborations, favoriser l’esprit de famille et créer une communauté forte. L’auteure-compositrice-interprète insiste sur cette façon de faire de la musique. 

« Mon but principal en revenant chez moi, au Québec, c’est de favoriser cette collaboration, martèle-t-elle. Depuis mon retour, je rencontre des gens extraordinaires, des artistes de très grand talent qui peuvent m’apporter beaucoup de choses pour ma carrière. »

Et en parlant d’équipe, Brittany Kennell fait maintenant partie de l’Agence Ranch qui s’occupe également de la carrière de Travis Cormier, Phil G. Smith et Matt Lang, entre autres. D’ailleurs, l’artiste originaire de Maniwaki ne tarit pas d’éloges pour sa nouvelle coéquipière.

« Brittany a un talent fou. Il faut que le Québec découvre ce que cette petite Montréalaise peut faire en musique, de confier Matt Lang lorsque joint par Le Droit. Malgré son âge, elle a beaucoup d’expérience et elle arrive de Nashville où le new country est né. Ça ne peut qu’enrichir notre propre musique. »

Pour Brittany, Lang représente l’avenir du country au Québec et même au Canada. 

« Matt est en ce moment le leader dans le country au Québec, assure-t-elle. J’ai fait un spectacle avec lui et Tebey juste avant la pandémie et j’ai bien vu l’ampleur de son talent et la qualité de ses spectacles. C’est autour de lui que l’on doit bâtir l’avenir du country chez nous. »


« Je n’avais aucune idée que la musique country était aussi importante au Québec. »
Brittany Kennell

Le mini-album

Dans cette même veine, Brittany Kennell fait aussi partie de ce renouveau de la musique country au Québec. 

Elle mettra bientôt sur le marché un mini-album qui devrait compter cinq nouvelles chansons.

Pour l’heure, un premier extrait accompagné d’un vidéoclip a été mis en ligne vendredi. 

La chanson — qui s’intitule You Don’t Get Me Stoned — a été écrite par Brittany en collaboration avec Nathan Meckel, un auteur-compositeur installé à Nashville. 

Cette chanson s’inscrit dans la lignée du new country, sans toutefois s’éloigner des racines du genre. Et comme toute bonne story teller, Brittany nous raconte une histoire, peut-être même la sienne.

La réalisation fut l’affaire du Québécois John-Anthony Gagnon-Robinette, membre du groupe Kaïn, entre autres. 

Réalisé par Charles-William De Melo, le clip fut tourné à la fin juin, dans la région de Saint-Chrysostome, tout près de la frontière canado-américaine.

« C’est un beau clip tourné avec une petite équipe, explique-t-elle. Ce fut une magnifique expérience de tournage. Encore une fois, ça s’est fait dans un bel esprit de famille, comme c’est toujours le cas dans le monde du country. »

L’avenir de Brittany Kennell s’annonce encourageant. Contrairement à l’expression consacrée, ce n’est pas vers le soleil couchant que se dirige la « cowgirl de Beaconsfield ». Et elle ne le fera surtout pas en solitaire !