Britishow: le pur plaisir partagé

Trois-Rivières — Quand la troupe des interprètes du Britishow s’est présentée à Trois-Rivières en août 2017, ils avaient confiance en leur produit mais ne pouvaient savoir comment le public allait le recevoir. Aujourd’hui, ils se sentent privilégiés de faire partie d’un très gros succès que le public adore et savourent chaque instant de cette aventure exceptionnelle.

Au moment d’aborder les six représentations du spectacle à la salle Thompson les 24, 25, 31 août, 1er, 7 et 8 septembre, ils ressemblent à des enfants à la veille de Noël. Dire qu’ils sont enthousiastes est un euphémisme. Renee Wilkin, Philippe Berghella, Pascal Dufour et Yvan Pedneault sont d’autant plus fébriles qu’ils n’ont jamais été aussi à l’aise dans ce spectacle présenté tout près d’une cinquantaine de fois depuis leur dernier séjour trifluvien.

«L’an dernier, on ne savait pas à quoi s’attendre, avoue Yvan Pedneault. Le spectacle était nouveau et même si on savait que c’était une formule intéressante, on se demandait quelle serait la réponse du public à une résidence de huit spectacles. Eh bien, ç’a été vraiment extraordinaire et on a fait d’autres résidences ailleurs depuis. Les gens adorent le Britishow, celui-ci est super bien monté et nous, on est beaucoup plus relaxes.»

«C’est vrai, reprend Renee Wilkin qu’à pareille date l’an dernier, comme interprètes, on était encore un peu dans notre tête à s’assurer de bien être sur nos marques au bon moment et de bien rendre les chansons qui se succèdent. Là, on est juste dans le plaisir de s’abandonner à la musique et je pense que ça se sent dans la salle. On sait la marge de manoeuvre qu’on a, on se laisse aller et franchement, c’est un très gros plaisir à chaque représentation que de reprendre le spectacle.»

«Il faut dire, poursuit-elle, que dans notre métier, on n’a plus souvent l’occasion de faire une grosse tournée en gang et que le plaisir est d’autant plus grand.»

Autre aspect qui rassure les artistes, c’est que les producteurs du spectacle ont changé mais que c’est Musicor qui a repris le gouvernail du navire que les Productions KOTV leur ont confié. «C’est bon de voir que c’est une grosse maison de production qui a repris les rênes, confie Pascal Dufour. On sait qu’ils sont en plein dans leur spécialité et ils font une excellente promotion du spectacle. Qu’ils y investissent démontre toute la confiance qu’ils ont dans le produit. Et nous, on ne s’embarque pas pour seulement deux ou trois représentations. Ça donne un nouveau souffle à la production, une nouvelle vision qui relance notre enthousiasme.»

Chacun des interprètes a sa propre carrière et ses projets personnels mais tous sont prêts à aménager leurs horaires pour poursuivre une aventure dont ils profitent manifestement de chaque moment. «C’est notre priorité parce que c’est du pur plaisir et que ça marche tellement bien, confie Philippe Berghella. On n’a pratiquement jamais eu besoin d’avoir recours à Jérôme Couture comme remplaçant. Ça doit être parce qu’on aime ça!»

«On ne peut jamais rien tenir pour acquis mais le succès qu’a le spectacle est vraiment quelque chose de spécial, admet Yvan Pedneault. Moi, j’ai toujours l’attitude d’un enfant devant ça: je n’en reviens pas que ça fonctionne si bien et que, soir après soir, les gens l’apprécient autant. On est tellement contents que ça se poursuive.»

Diversité
On en arrive forcément à se demander quelle est la recette magique pouvant assurer pareil succès. Les interprètes savent mieux que quiconque qu’il n’en existe pas; si elle avait existé, il y a longtemps qu’elle aurait été reprise ad nauseam. Renee Wilkin risque quand même une idée. «Je pense que la diversité à l’intérieur même du spectacle est un gros élément du succès. La plupart des revues musicales se concentrent sur un style musical ou un groupe alors qu’ici, on touche pratiquement à tous les genres musicaux populaires. Quand tu explores la musique britannique depuis les années 60, c’est tellement vaste et riche. Peu importe l’âge des spectateurs, c’est sûr qu’ils connaissent la majorité des chansons.»

«On ne tourne jamais en rond, insiste Yvan. Les medleys sont super efficaces parce qu’on reprend l’essentiel de chaque chanson tout en sautant à un autre énorme succès immédiatement après. On puise forcément dans les chansons préférées de tout le monde. Même nous, on a été surpris de voir la richesse du répertoire britannique.»

«Les gens de tous les âges s’y retrouvent, même des adolescents de 14 ou 15 ans, s’étonne Pascal. Et puis la structure du spectacle est telle qu’il n’y a jamais le moindre temps mort. C’est intense du début à la fin: personne n’a le temps de s’endormir ni sur scène ni dans la salle.»

«Visuellement, le spectacle est aussi super bien réalisé, ajoute Philippe. Les références offertes en images donnent un côté informatif très pertinent. Les tableaux sont intéressants et justifient chaque chanson. Il est question d’histoire et de différentes époques.»

«En plus, Mike (Gauthier, le directeur artistique) a fait des choix de chansons très intéressants, poursuit Pascal. Il n’est pas allé chercher que les chansons les plus évidentes. Elles sont toutes très connues mais ce ne sont souvent pas les premières qui viennent en tête quand on pense à un groupe, à un style ou à une époque précise. C’est l’fun de redécouvrir des chansons peut-être un peu moins souvent entendues même si elles sont tout aussi significatives. Ça donne un côté créatif au spectacle. Quand, par exemple, on aborde le tableau consacré aux villes anglaises, c’est l’occasion de choisir Penny Lane des Beatles parmi tous les mégasuccès du groupe.»

«Ou bien, pour Adele, intervient Renee qui prêche un peu pour sa paroisse, plutôt que de choisir Rolling in the Deep, on a intégré l’interprète au tableau sur James Bond de façon à présenter Skyfall. C’est là qu’on voit à quel point les thématiques sont riches.»