Le nouveau directeur artistique et chef attitré de l’OSTR Jean-Claude Picard se fait une immense joie de revenir au Québec pour prendre la tête d’un orchestre symphonique du niveau de l’OSTR.

Briller chez soi

Trois-Rivières — Le nouveau chef attitré de l’OSTR, Jean-Claude Picard, a passé une douzaine d’années en Europe où sa carrière de chef trouve ses assises. Son engagement auprès de l’orchestre trifluvien prendra désormais une place prioritaire dans sa vie mais n’empêchera pas la poursuite de son cheminement à travers divers engagements ponctuels.

«Je suis basé à Montréal tout en ayant une carrière assez importante en Europe, ce qui me réjouit. Il n’y a pas de doute que je vais passer un bon six mois par année au Québec désormais. Le fait de venir diriger un orchestre au Québec, chez moi, ça m’inspire énormément. Ça tient non seulement au plaisir de diriger un orchestre dans mon pays mais aussi, et surtout, dans ma culture. Ça a une importance primordiale à mes yeux.»

«Je constate qu’il y a une forte demande pour la musique classique ici. La question, c’est de trouver comment répondre à cette demande et c’est un aspect du travail qui me passionne.»

«Je trouve que de manière générale, les Québécois sont des gens très créatifs et cette créativité-là s’exprime de bien des façons. On a des musiciens exceptionnels et des chefs tout aussi extraordinaires. J’ai un respect sans borne pour Yannick Nézet-Séguin ou Jacques Lacombe et du côté de la relève, on constate qu’il y a beaucoup de talent. Je sens que les conditions sont vraiment très bonnes pour la musique classique présentement au Québec.»

«Je constate qu’il y a une mode actuellement un peu partout: les jeunes chefs sont devenus très attrayants. C’est comme un jeune homme qui devient président directeur général d’une grande entreprise: il peut apporter des choses nouvelles et précieuses à l’entreprise. Cependant, l’expérience et la maturité sont tout aussi importants. Avoir un bon bagage, de la maturité, pour un chef, c’est un atout majeur.»

«Ce qui est certain à l’heure actuelle, c’est que l’OSTR est un orchestre qui se compare avantageusement à ceux que j’ai dirigés en Europe. Cela dit, je ne suis pas convaincu qu’il faille voyager à travers le monde pour faire évoluer un orchestre. Les tournées à l’international c’est l’fun, ça cimente l’esprit de groupe, mais est-ce que c’est une nécessité pour faire avancer un orchestre? Je n’en suis pas sûr. Disons que ça ne nuit pas mais on peut très bien briller sans ça.»