Presque complètement privé de scène depuis mars dernier, Bobby Bazini renouera avec le public trifluvien à l’Amphithéâtre Cogeco mercredi et jeudi.
Presque complètement privé de scène depuis mars dernier, Bobby Bazini renouera avec le public trifluvien à l’Amphithéâtre Cogeco mercredi et jeudi.

Bobby Bazini à l’Amphithéâtre Cogeco mercredi et jeudi: excité comme un débutant

François Houde
François Houde
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES – La crise COVID-19 a du bon: elle redonne aux spectacles en personne leur valeur, leur vrai sens. L’excitation de Bobby Bazini à monter sur la scène de l’Amphithéâtre Cogeco mercredi et jeudi en témoigne d’une façon assez réjouissante.

Le jeune trentenaire présentera les chansons de son tout nouvel album, Move Away, dans leur juste emballage avec son groupe de musiciens au complet. Ce sera une première.

L’album aurait dû sortir en mai avec toute l’ampleur du nouvel opus d’une star qui n’en finit pas de monter. Par contre, grande leçon de cette pandémie, les stars sont aussi vulnérables que le reste du monde devant les phénomènes qui nous dépassent. Move Away est sorti le 14 août dans une relative discrétion. En des temps normaux, le lancement aurait été le point de départ d’une série ininterrompue de spectacles. En ces temps anormaux, les spectacles trifluviens ne sont que le deuxième et le troisième offert par l’artiste et les deux premiers accompagnés de ses musiciens.

«C’est très excitant, dit-il. En fait, je ressens même une nervosité que je n’avais pas connue depuis mes débuts dans le métier. C’est très particulier; on vit vraiment les choses différemment. Un peu plus tôt dans l’été, on a présenté deux spectacles avec musiciens dans le cadre de la tournée Musiparc et à la fin du premier, mon batteur est venu me voir pour me dire à quel point il trouvait qu’on fait un beau métier.»

«Avant la COVID, qu’on le veuille ou non, on tenait des choses pour acquises. On finissait un spectacle et on était pressé de retourner à la maison parce qu’on savait qu’il y en avait d’autres qui s’en venaient. Là, on savoure chaque moment de l’opportunité qu’on a de jouer devant un public. Ça nous a vraiment manqué.»

Ce renouveau dans l’attitude se conjugue bizarrement bien avec le nouvel album qui se veut une évolution importante dans la carrière de Bobby Bazini. «J’essaie d’évoluer d’un album à l’autre pour ne pas toujours donner la même chose au public mais avec celui-ci, on sent un pas plus important. Je voulais donner un son plus contemporain à l’album, peut-être même plus pop. J’ai beaucoup voyagé pour travailler avec des super réalisateurs un peu partout dans le monde et on sent les influences.»

«C’est certainement plus rythmé, plus up-tempo. Je trouvais que j’avais pas mal de ballades dans mes albums précédents (rires). On reconnaît encore mes influences premières de soul mais je trouve que je vais plus loin qu’avant. La section rythmique est mise bien en avant et je trouve que ça rappelle du Bill Withers ou Al Green, deux grosses influences pour moi.»

«Une chanson comme Choose You, je l’aurais probablement laissée de côté pour mes albums précédents alors que cette fois, j’avais le goût de ça et j’aime beaucoup ce que ça donne.»

Pendant cet été passé à se concentrer sur les petits bonheurs du quotidien loin des planches, le musicien s’est ressourcé. «C’est drôle à dire mais cette crise arrive à un bon moment dans ma vie. Ça fait des années que ma carrière roule super bien et que je trouve que tout va extrêmement vite. Là, j’ai découvert qu’il ne servait à rien de regarder loin en avant; même que ça devenait angoissant. J’ai pris plaisir aux petites choses comme du jardinage ou passer simplement du temps à la maison avec ma blonde. J’ai appris à savourer le moment présent. Ça m’a inspiré et je me suis remis à écrire des chansons.»

L’envers de cette médaille, c’est que tout ce qu’on tient pour acquis devient incertain. «Je me suis demandé si les gens allaient être au rendez-vous au moment de remonter sur scène. J’ai eu vraiment peur et je pense que c’est normal. Lors du seul autre spectacle de Move Away à Morin Heights le 30 août, juste de voir du monde dans la salle, c’était incroyable. J’ai senti qu’ils avaient vraiment très envie de réentendre de la musique en personne. Ils étaient très enthousiastes et en même temps, hyper silencieux pour écouter les chansons. J’ai hâte de voir ce que ce sera à Trois-Rivières dans ce grand amphithéâtre.»

«En même temps, je sais que chez vous, le public m’aime beaucoup et j’ai vu que les ventes de billets sont bonnes. Ça va être super cool!»

On a fait salle comble (250 personnes) pour le spectacle de jeudi mais il reste des billets pour la représentation de mercredi soir qui constitue la supplémentaire. Les billets sont disponibles sur le site de l'amphithéâtre.