Dix des seize artistes qui participent à la Biennale nationale de sculpture contemporaine de Trois-Rivières assistaient à la conférence de presse d’ouverture de l’événement. Ce sont, de bas en haut et de gauche à droite: Brandon Vickerd, Diane Landry, Martin Messier, Catherine Béchard, Sabin Hudon, David Clark, Alice Jarry, Caroline Gagné, Giorgia Volpe et Annie Thibault.

BNSC: lourde de sens et d’intensité

Trois-Rivières — Il a beaucoup été question de maturité lors de la cérémonie d’inauguration de la 8e Biennale nationale de sculpture contemporaine mercredi après-midi. Maturité parce que l’événement, si on inclut son ancienne vocation de Biennale de céramique, célèbre ses 35 ans d’existence et parce que ces années ont donné lustre et prestige à l’événement qui se tiendra cette année du 22 juin au 7 septembre.

La huitième édition de la BNSC accueille 16 artistes, six de plus qu’il y a deux ans, qui offriront une quinzaine d’oeuvres qu’il sera possible de voir dans pas moins de neuf lieux différents, preuve que l’événement continue à évoluer et qu’il a pris une ampleur territoriale qu’il n’avait jamais eu par le passé. Ainsi, on pourra admirer gratuitement les oeuvres dans six lieux d’exposition trifluviens mais également dans trois autres villes de la province: Montréal, Québec et Victoriaville.

Si on accueille plus d’artistes, c’est notamment parce que certains organismes subventionnaires ont augmenté leur contribution pour cette édition, décision basée sur une évaluation particulièrement favorable des deux dernières présentations de la BNSC. «Non seulement on peut payer les cachets des artistes, explique Lynda Baril, directrice générale et artistique de l’événement, mais plus d’argent nous permet aussi de les épauler financièrement dans la réalisation de leur oeuvre. Les matériaux ne sont pas gratuits et on contribue pour s’assurer que les artistes puissent réaliser intégralement l’oeuvre conçue. Disons que ça nous permet de croire que cette édition va être au moins aussi bonne artistiquement que les deux précédentes.»

Le thème de 2018, Trajectoire des sens. Art et science, a amené les artistes à créer des oeuvres à la croisée des disciplines artistiques et dans lesquelles le savoir-faire traditionnel est notamment mis en valeur par la haute technologie.

Le duo montréalais de Catherine Béchard et Sabin Hudon exposera La chute des potentiels au Centre culturel Pauline-Julien. L’oeuvre de David Clark, de Halifax, et qui s’intitule The Nine Lives of Schrödinger’s Cat est à voir à la Galerie d’art du Parc. Caroline Gagné, de Québec, est au Centre d’exposition Raymond-Lasnier avec Quand un arbre tombe, on l’entend; Quand la forêt pousse, pas un bruit. Le Montréalais Jean-Pierre Gauthier présente Asservissements à la Galerie d’art du Parc. Alice Jarry, de Montréal, est au Musée Pierre-Boucher pour présenter Dust Agitator alors que Diane Landry, de Québec, verra son oeuvre Le nième continent- chute- la route parachute exposée au Centre d’exposition Raymond-Lasnier. Le Montréalais Martin Messier, pour sa part, présente Sewing Machine Orchestra à la Galerie d’art du Parc. L’Américaine Nathalie Miebach, de Boston, présentera aux spectateurs The Burden of Every Drop chez CIRCA, art actuel à Montréal. Matthew Shlian, un autre Américain, de Ann Arbor, Michigan, celui-ci, a créé The Night Before the Cup Walked - The Process Series Set qui est à la Galerie d’art du Parc. Pour ce qui est de la Gatinoise Annie Thibault, elle présente La chambre des cultures, déviance et survivance - forêt et candélabre à l’Espace 0... 3/4 de l’Atelier Silex. José Luis Torres, de Montmagny, expose son oeuvre Errances au Centre d’art Jacques-et-Michel-Auger à Victoriaville alors que Brandon Vickerd, de Toronto, présente Challenger au Musée POP.

L’édition 2018 restera marquée par un vicieux coup du destin par lequel deux des artistes participants y seront à titre posthume. La sculptrice montréalaise, mais originaire de Grand-Mère, Louise Viger est décédée mardi alors que son oeuvre Je m’attarde parfois auprès des autres endormies avait été complétée et installée. Ce touchant testament est présentée dans le grenier de la Galerie d’art du Parc dans un contexte unique qui confère à l’oeuvre un supplément d’émotion assez bouleversant.

Par ailleurs, le sculpteur trifluvien Pierre Landry, membre du conseil d’administration de la BNSC pendant plusieurs années est décédé en mai dernier. Or, la direction de l’événement en avait fait son invité d’honneur avant même qu’il n’apprenne sa maladie. Malgré l’épreuve et ses forces déclinantes, il a assuré la conception complète de Espace lumière géométrique jusqu’à ses derniers moments alors qu’il a dicté ses exigences à son épouse. Cette sculpture lourdement chargée de sens, est exposée au Musée Pierre-Boucher du Séminaire de Trois-Rivières. Il est à noter que cet artiste trifluvien majeur sera l’objet d’une rétrospective de son oeuvre dans plusieurs lieux d’exposition de la ville à l’automne prochain. Encore là, la commande lui a été présentée avant que la maladie ne le frappe.

La Biennale a aussi mis sur pied un événement satellite portant le titre de Trajectoire/territoires. On y retrouve la roulotte Vrille mobile, un projet nomade dans une roulotte abritant l’oeuvre Insurrections végétales de l’artiste québécoise Giorgia Volpe. Elle sera d’abord présentée à la Galerie d’art du Parc avant de prendre la route avec d’autres oeuvres favorisant l’expérimentation interactive dans le cadre de Phares sur Champlain les 21 et 22 juillet, au Centre culturel Pauline-Julien le samedi 4 août de même qu’à Saint-Élie-de-Caxton le 25 août.