La directrice artistique Audrey Labrie, à gauche, et la directrice générale Lynda Baril procédaient mardi au démontage des œuvres de l’édition 2020 de la Biennale nationale de sculpture contemporaine dont les principales expositions ont pris fin le 11 septembre.
La directrice artistique Audrey Labrie, à gauche, et la directrice générale Lynda Baril procédaient mardi au démontage des œuvres de l’édition 2020 de la Biennale nationale de sculpture contemporaine dont les principales expositions ont pris fin le 11 septembre.

Biennale nationale de sculpture contemporaine 2020: une satisfaction au-delà des espérances

François Houde
François Houde
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES – Malgré les contraintes nombreuses mais pas insurmontables, la Biennale nationale de sculpture contemporaine 2020 s’est tenue jusqu’au 11 septembre dernier et se poursuit même à quelques endroits. Sa directrice tire un constat très positif d’une édition raccourcie à six semaines.

«Nous sommes vraiment très satisfaits, indique Lynda Baril, parce que nous avons connu un achalandage bien au-delà de nos espérances. Je n’ai pas encore les chiffres officiels mais dans certains lieux d’exposition comme au Centre d’exposition Raymond-Lasnier, on nous dit qu’on a attiré autant de monde que l’été dernier pour la Biennale internationale d’estampe contemporaine.»

«On n’a pas reçu tellement de touristes d’un peu partout mais beaucoup plus de gens de Québec, Montréal et des environs. Des endroits comme la Galerie r3 et l’Atelier Silex nous ont indiqué avoir reçu beaucoup plus de monde que prévu. Je pense que ça démontre que le public avait soif de vivre de la culture en personne et comme il y avait peu d’activités culturelles publiques cet été, ils ont choisi de venir dans des musées ou des galeries.»

«Nous avons connu des journées de 100 visiteurs, ce qui est quand même assez exceptionnel pour nous. Pour la coulée de bronze publique d’André Fournelle à Victoriaville, j’ai compté 150 personnes avant même le début de l’évènement et il s’en est ajouté de sorte qu‘on a accueilli près de 200 personnes, ce qui est vraiment très bon.»

Bien qu’on parle de bilan, la Biennale n’est pas véritablement terminée puisque trois de ses volets se poursuivront dans les semaines à venir. À Montréal, chez Circa art actuel, on présente une exposition de Krishnaraj Chonat jusqu’au 10 octobre. D’autre part, une suite au projet de l’artiste JR Inside Out/sculpter le social verra le jour sous la forme d’un grand slam poésie dans les prochaines semaines. Également, l’œuvre La famille Plouffe, présentée au Musée POP sera en montre jusqu’au 8 novembre.

«Mon bilan définitif, il se fera en décembre, poursuit la directrice. La Biennale a débuté en retard sur le calendrier initialement prévu mais elle va se poursuivre plus longtemps que d’habitude aussi. Il reste que pour les expositions en général, les résultats sont très favorables et on a même reçu un commentaire des gens du CALQ à l’effet que nous faisons partie du nombre restreint des projets qui ont su se développer malgré la pandémie.»

«On a accompagné les artistes dans leur démarche pour les aider à terminer leurs œuvres même pour ceux dont les ateliers ont été fermés en mars dernier. Ainsi, les projets ont été adaptés à la pandémie et ont pu être menés à bien. On pense au collectif BGL, par exemple, qu’on a épaulé pour qu’il obtienne sa subvention et qui a travaillé dans un autre atelier pour terminer son projet. Ça en valait la peine parce qu’il a été réussi bien au-delà de nos espérances avec leurs bâtons de popsicle en bronze. C’était vraiment extraordinaire.»

«On pense aussi à l’œuvre de Krishnaraj Chonat, de l’Inde, qui n’a évidemment pas pu venir mais qui a dirigé par Zoom la réalisation de son œuvre dans les locaux de l’Atelier Silex, et ce, malgré sa très grande complexité.»

Il ne fait donc aucun doute pour la directrice qu’il valait amplement la peine de présenter la Biennale dans une durée écourtée et avec les contraintes imposées par les mesures sanitaires. «Quand le CALQ m’a appelée en mai pour savoir si on présenterait la Biennale malgré tout, j’ai répondu immédiatement que les artistes sélectionnés travaillaient depuis 18 mois sur leur œuvre et que je ne pouvais pas laisser tomber ces efforts. Il faut préciser que contrairement à bien d’autres évènements, on choisit les artistes sans avoir vu l’œuvre finale, sauf exceptions. La plupart sont réalisées sur place. On a préféré repousser les dates de la Biennale pour donner une chance aux artistes de terminer leur création et de la présenter même si ce n’était que pour six semaines au lieu de deux mois et demi.»

«Non seulement l’événement en sort gagnant par sa qualité artistique mais les artistes sont évidemment très reconnaissants de la chance qu’on leur a donnée non seulement de réaliser des œuvres mais aussi de les exposer dans une période difficile pour eux.»

Le tout ne s’est pas fait sans coûts supplémentaires pour la Biennale, au niveau du transport, notamment. «Financièrement, nos subventions n’ont été coupées nulle part et au niveau fédéral, le gouvernement a même été plus généreux par l’intermédiaire du Conseil des arts du Canada et de Patrimoine canadien. Grâce à ça, je pense qu’on va bien arriver financièrement. Jusqu’ici, assurément, c’est le cas. Et si jamais on a un déficit à la fin de l’année, il va être minime, ce qui est une excellente nouvelle. Comme on a aussi eu la possibilité de compter sur plus de main-d’œuvre, on a eu suffisamment d’animateurs dans chaque lieu pour offrir toute la médiation nécessaire auprès des visiteurs.»