Le chanteur Simon Proulx des Trois Accords est apparu dans une forme redoutable dès la première chanson des Trois Accords vendredi soir au FestiVoix. Le spectacle s’annonçait extrêmement festif.

Beau et frais

TROIS-RIVIÈRES — Un grand sage a déjà écrit que les soirées se suivent sans se ressembler au FestiVoix. Avait-il eu la prémonition de ce qui s’en venait vendredi? Le mercure dans le tube du thermomètre a chuté plus violemment que le Dow Jones en 2008 et peut-être mis fin à une des périodes les plus prospères de l’histoire de la climatisation au Québec.

Entre deux gorgées de chocolat chaud, vendredi, j’ai conseillé au dg Thomas Grégoire de déplacer son événement dans le calendrier pour le présenter en été l’année prochaine. Il va y penser.

Avant toute autre considération, puisque c’est ma dernière occasion de le faire, je veux vous offrir un petit conseil déco. Eh oui: de la déco. Si vous avez chez vous un tunnel de béton de 150 mètres de long permettant la circulation automobile et que vous vous demandez quoi faire pour lui redonner du pimpant, un coup de jeunesse, le FestiVoix a pour vous une excellente suggestion. Vous y intégrez un jeu de lasers, de la fumée et, si le cœur vous en dit, un petit mur de vapeur d’eau. Avec les lasers, vous faites des projections dans l’axe longitudinal de votre tunnel. Vous n’en reviendrez pas du résultat. Le FestiVoix l’a fait avec son tunnel d’entrée sous le parc portuaire et franchement, c’est super beau.

Ça fait deux ans que l’événement intègre de l’art visuel dans l’infrastructure et pour le 25e anniversaire, on a trouvé une formule gagnante grâce à l’artiste trifluvien Jérémie Deschamps Bussières et à la firme Laser Quantum. C’est flyé, c’est de l’art et ça habille mieux l’espace que l’Inde n’habille Justin Trudeau mais les couleurs sont cependant dans la même palette. Allez voir ça en vous rendant à la grande scène en fin de semaine. Je ne vous dis pas de rester debout avec la bouche ouverte pendant les 45 minutes de chaque unité de projection, mais jetez-y un coup d’œil: c’est très réussi. Et dites-vous bien que l’an prochain, le cannabis va être légal.

Le public était encore une fois nombreux à la grande scène vendredi soir.

Revenons à nos oreilles parce qu’après tout, c’est le FestiVoix, pas le FestiVision.

Variété était encore une fois le mot clé de cette soirée mouvementée. Aliocha, Tire le coyote, les Ringos, les Trois Accords: cherchez le lien. On commencerait bien en vous parlant des Trois Accords, vedettes incontestées de ce vendredi, mais je n’ai entendu que trois chansons de leur spectacle, trop pressé que j’étais de vous retrouver, lecteurs adorés. Que dire, donc, si ce n’est que les compères semblaient dans une forme absolument redoutable et qu’ils avaient l’esprit à l’excès. Ça s’annonçait festif, mettons.

Ils avaient été précédés sur la grande scène par Les Ringos, un quatuor comptant notamment Marc Déry qui reprenait les chansons des belles années des Beatles. Ça sonnait effectivement exactement comme les Beatles... au Shea Stadium en 1965. Je m’en tiendrai à ça. En passant, si quelqu’un a retrouvé la voix de Marc Déry tout près de la scène, ce serait gentil de la lui rapporter; il l’a perdue vers la fin de la prestation.

Ce qu’il me restera de cette soirée, c’est la musique de Stéphane Wrembel présentée au parc des Ursulines. Du jazz manouche façon Django Reinhardt. Ouch! J’ai adoré. Monsieur Wrembel et ses complices sont de très sérieux candidats au Goldfingers Awards qui n’existent pas encore mais qu’il faut créer. Quelle virtuosité sidérante. Des bêtes, tous les quatre, mais le leader ne donne pas son nom au groupe pour rien. Je veux rendre un hommage ému à l’index, au majeur, à l’annulaire et à l’auriculaire de sa main gauche pour services rendus à la nation. Et mention à son pouce pour son soutien indéfectible. Du grand art. Ça se bousculait à la table des marchandises pour acheter ses albums après le spectacle et pour cause.

En plus de la musique de ce bon vieux Django, le monsieur a présenté quelques-unes de ses propres compositions, notamment la pièce qu’il a composée pour le film de Woody Allen Midnight un Paris. Rien que ça. Je ne sais pas où se trouve la Manouchie mais c’est un pays où on fait de la maudite bonne musique. Un des moments les plus émouvants du spectacle, c’est quand, à la toute fin, Stéphane Wrembel a dit qu’il voulait revenir au FestiVoix l’an prochain. Gens du comité de programmation, étiez-vous là? Vous êtes-vous rués sur lui pour signer un contrat à long terme? À n’importe quel prix. Carey Price va être payé 10,5 millions de dollars par année pendant huit ans et on s’ennuie pour mourir au Centre Bell. Ça ne risque pas de se produire avec Stéphane Wrembel aux Voix jazz.

Voilà un bon dossier de réglé.

SUGGESTIONS

Samedi 7 juillet


16 h

Scène Voix classiques

Jean-Michel Blais


17 h 45

Scène Voix jazz

Fabiola Toupin


19 h

Scène Voix multiples

Ludovick Bourgeois


20 h 35

Scène Voix populaires

Valaire


21 h 30

Scène Voix populaires

Belle et Bum Spécial 25e


Dimanche 8 juillet


16 h

Scène Voix classiques

Les Songes


17 h

Scène Voix acoustiques

Paule Landry


17 h 45

Scène Voix jazz

Claude Bolduc


21 h

Scène Voix populaires

Claude Dubois