Le groupe de la ville de Québec Beat Sexü a choisi le café bar Zénob pour procéder au lancement trifluvien de son second album, Deuxième fois, vendredi dernier. On retrouve les membres de gauche à droite: Odile Marmet Rochefort, Marie-Ève Arel Michon, qui s’est jointe au groupe pour le spectacle, Jean-Étienne Collin Marcoux, Martin Teasdale Blais et Jean-Michel Letendre Veilleux.

Beat Sexü lance l’album Deuxième fois: une musique sérieusement dansante

Trois-Rivières — Le groupe Beat Sexü est-il représentatif de cette génération des musiciens qui montent? On a très envie de le croire car leur musique dansante et sexy est un reflet de leur attitude: rigoureuse, exigeante mais sans prétention autre que de procurer du plaisir. C’est le public du café-bar Zénob qui a pu en profiter vendredi soir dernier quand le quatuor, quintette pour la scène, est venu lancer son tout nouvel album: Deuxième fois.

Le nom de ce groupe de la ville de Québec ne vous est pas familier? Normal. Il n’a pas fait tant de bruit jusqu’ici mais on le voit volontiers gagner du galon, et rapidement.

Sa musique a suffisamment de matière pour se gagner des critiques exigeants et est porteuse d’assez de joie de vivre pour séduire le grand public. Or, Deuxième fois est l’opus tout désigné pour harponner ces deux clientèles.

«Quelque part, c’est notre premier vrai album, dit Odile Marmet-Rochefort, claviériste. On en a fait un en 2015 mais celui-ci est le premier fait exclusivement de nos compositions. Il a pris beaucoup de temps à venir au monde et tout ce temps qu’on y a consacré fait qu’il est juste plus représentatif de nous et de la musique qu’on veut faire. Le temps a été notre allié et on adhère tous profondément à la musique qu’on y retrouve. On en est extrêmement fiers.»

Comment définir cette musique, métissage improbable de tout ce qui a un rythme entraînant: disco, funk, africain, house, rock, pop, électro... Nommez-le: si c’est dansant, ça s’y retrouve. L’autre paramètre de base, c’est un côté érotique assumé, généré par le côté organique du rythme qui vient chercher les pulsions profondes de l’humain. Un érotisme qui s’inscrit dans la tendance actuelle: non genré, non culpabilisant, léger, librement consenti.

Tout cela offert dans une attitude affranchie de toute prétention: «Nous, en autant que les gens dansent et oublient leur quotidien sur notre musique, ça nous plaît.»

En même temps, et c’est bien là le paradoxe qui rend ce groupe attrayant, le tout est fait avec une très sérieuse passion dont témoigne chacune des treize trames sonores de l’album, des trames très texturées riches de recherches et de plusieurs couches d’influences.

«Notre musique est vraiment collective, plaide le chanteur et batteur Jean-Étienne Collin Marcoux. Souvent, le squelette va être suggéré par moi ou Jean-Michel (Letendre Veilleux, le guitariste) qui sommes un peu les leaders de la création mais tout le monde y investit son influence. Rapidement, on ne sait plus de qui vient telle idée et personne ne peut s’attribuer le crédit d’une chanson.»

«On est influencés par vraiment toutes sortes de styles. Moi, par exemple, je suis de formation classique et ça va jouer parfois sur la structure des chansons mais on va chercher ce qui nous plaît un peu partout. C’est ce qui donne l’effet de texture complexe. En autant que ça donne quelque chose qu’on n’a jamais entendu ailleurs, ça nous intéresse.»

«On peut dire que c’est un produit mature, soutient le bassiste Martin Teasdale Blais. Notre démarche est sérieuse mais en même temps, on met notre énergie au service de chansons qui se veulent légères, enjouées, naïves. On peut choisir de faire du divertissement de façon consciencieuse. On parle d’érotisme mais sans le côté macho de la musique dansante qu’on entend habituellement.»


« «On est vraiment touchés de l’accueil que reçoit l’album jusqu’ici et on dirait qu’on a un public qui saisit ce qu’on fait et qui est prêt à nous suivre» »
Jean-Étienne

Carrefour de plusieurs influences au gré des écoutes des musiciens, la musique de Beat Sexü est en constante mouvance même si le quatuor assume pleinement le son de cet album parfaitement représentatif. «Un album, ça vient cristalliser des choses à un moment précis mais on est constamment à l’écoute de nouvelles choses, soumet Odile. Par exemple, ces temps-ci, on écoute du psychédélique d’un groupe d’Europe de l’Est qu’on aime beaucoup. Est-ce que ça va nous influencer, s’intégrer à notre son? On ne sait pas mais on va aller là où nous mène notre inspiration.»

«On est vraiment touchés de l’accueil que reçoit l’album jusqu’ici et on dirait qu’on a un public qui saisit ce qu’on fait et qui est prêt à nous suivre, dit Jean-Étienne. L’album va nous faire connaître, sans doute, mais c’est en direct que l’expérience est la plus forte. Sur scène, on improvise beaucoup et c’est en regardant les gens danser que nous sommes inspirés. Ça crée une énergie incomparable.»

L’album est disponible sur toutes les principales plateformes de téléchargement et la version vinyle est disponible via le https://beatsexu.bandcamp.com.