Toujours propriétaires de l’entreprise qu’ils ont créée ensemble en 2007, André et Éric Young poursuivent en duo l’aventure du Groupe Entourage.

Avoir du flair

TROIS-RIVIÈRES — Le jeudi 17 mai dernier devant plus de 800 spectateurs à la salle Thompson, Dominic Paquet présentait la 300e représentation de son spectacle solo Rien qu’su’une gosse, un exploit réservé aux ténors de l’humour au Québec. Et sa tournée se poursuivra au moins jusqu’à la fin de l’année 2018.

Pourtant, il s’agit du troisième spectacle solo de l’artiste qui n’avait pas connu de grands succès avec ses spectacles précédents. Il a débuté sous la houlette de Juste pour rire où Éric Young a travaillé dans le secteur de la production avant de fonder le Groupe Entourage. «Son premier spectacle, explique Young, n’a été présenté qu’une cinquantaine de fois pour environ 25 000 billets vendus. Quand j’ai quitté Juste pour rire, j’ai pris une année sabbatique pour monter mon plan d’affaires et j’ai ensuite signé avec Dominic au sein de notre jeune entreprise. On a monté son deuxième spectacle, travaillé très fort et il a nettement mieux fonctionné que le premier avec tout près de 100 000 billets vendus. Avec ce troisième, on en est à plus de 200 000 billets, ce qui est carrément phénoménal compte tenu du nombre de spectacles d’humour en tournée à travers le Québec aujourd’hui.»

Malgré l’absence de succès probant à l’époque, Young a décelé en Dominic Paquet le potentiel de passer dans le groupe restreint des humoristes de premier plan au Québec.

«J’ai cru en lui dès la première fois que je l’ai vu au début des années 2000. J’ai constaté en lui quelque chose d’exceptionnel. À mes yeux, c’était un jeune Jim Carrey mais il manquait d’assurance. En groupe, il laissait la place aux autres autour de lui alors qu’en privé, il était une espèce de bibite qui fait rire tout le monde. On a beaucoup travaillé avec Michel Courtemanche à faire ressortir davantage cet aspect de sa personnalité en vue du deuxième spectacle et c’est vraiment là qu’il a commencé à faire parler de lui.»

L’homme d’affaires a donc aussi du pif, un don pour reconnaître le talent, ce qu’il ne nie pas. Il nuance simplement l’assertion. «Je peux dire que je suis reconnu, pour le meilleur et pour le pire, pour être très tenace. Moi et mon partner (clin d’œil complice à son paternel André), on a toujours privilégié les gens qui travaillent plus fort et qui sont tenaces plutôt que les grands talentueux. J’admire les grands talentueux, mais je vais avoir le béguin pour ceux qui n’ont pas tout devant eux et qui vont travailler pour se développer.»

«Messmer, c’était tout à fait ça. Il avait 36 ans, deux enfants, une carrière dans un autre domaine quand on a entrepris de faire de la scène avec lui. Alors, oui, je dirais que j’ai un certain pif mais il faut faire attention: ce n’est pas une science infuse. Tout réside dans la moyenne au bâton. On peut voir des choses chez quelqu’un, croire en son succès et se tromper. Ça m’est arrivé comme ça arrive à tout le monde. Il faut bien évaluer, faire tous les investissements nécessaires, donner toutes les chances en s’assurant que tous les intervenants dans le dossier ont la même vision. Tout ça en étant assuré d’être en mesure de faire face aux tempêtes qu’il faut aussi prévoir. C’est tout ça qui fait qu’une carrière peut marcher.»