Les comédiens Patric Saucier, assis, et Patrick Lacombe sont de la distribution de la pièce Le Pillowman qui sera présentée dès jeudi et jusqu’à dimanche à la salle Louis-Philippe-Poisson de la Maison de la culture.

Au cœur de l’action avec Pillowman

Trois-Rivières — Après vingt-cinq ans à jouer au théâtre, Adamo Ionata s’est enfin décidé à passer à la mise en scène. Ce retour à la case départ est motivé par un texte qui l’a bouleversé en 2008 et qui l’avait convaincu que s’il devait un jour faire une mise en scène, c’est avec cette pièce qu’il briserait la glace. Le moment est arrivé et il présentera Le Pillowman les 11, 12, 13 et 14 janvier à la salle Louis-Philippe-Poisson de la Maison de la culture.

La pièce a été écrite par le Britannique Martin McDonagh et a remporté le Prix Laurence-Olivier de la meilleure pièce britannique en 2004. On doit à Fanny Britt la version québécoise que présenteront les Nouveaux Compagnons. «J’ai vu la pièce présentée au Rideau Vert en 2008 deux fois et les deux fois, j’ai été sur le bout de mon siège pendant toute la pièce et j’en suis sorti bouleversé, raconte Adamo Ionata. C’est un texte tout simplement magnifique.»

Si beau et riche, en fait, qu’il préfère le mettre en scène plutôt que d’en être l’interprète. «Avoir le regard extérieur sur mes quatre personnages principaux et avoir la possibilité d’y mettre ma vision du texte, c’est un privilège et je suis vraiment content du résultat auquel nous en sommes arrivés.»

L’action plonge le spectateur au cœur d’un interrogatoire de police alors qu’un modeste auteur fait face aux policiers sans savoir pour quelle raison il se trouve ainsi devant eux. Il appert que certains récits de l’écrivain correspondent étroitement à de réels infanticides qui se sont produits dans la communauté.

«L’écriture a ceci de particulièrement intéressant que les spectateurs vont découvrir certains éléments de l’enquête en même temps que le personnage interrogé les découvre lui-même, explique le metteur en scène. Dans la salle Louis-Philippe-Poisson, il y aura une grande proximité entre le public et les comédiens de sorte que les spectateurs se sentiront vraiment happés par l’action qui se passe devant leurs yeux.»

Ionata a fait appel à des comédiens d’expérience pour camper les principaux rôles: Patric Saucier, Jean-François Pinard, Patrick Lacombe de même que Martin Bergeron se retrouveront sur scène. «Je suis excessivement chanceux de pouvoir compter sur des comédiens de ce niveau. Les comédiens que je voyais d’emblée dans les rôles ont tous accepté alors j’ai ma distribution de rêve.»

«Le texte est tellement fluide et intelligent que le gros de mon travail s’est concentré sur la direction des comédiens. Il était essentiel que j’arrive à leur faire bien comprendre le texte et les intentions qu’il sous-tend de façon à ce que le jeu soit le plus simple et le plus compréhensible possible. Dans le drame, les comédiens
peuvent avoir tendance à surjouer; la difficulté, c’est de ne pas jouer lourdement mais de laisser toute la place pour que le texte fasse son travail.»

L’univers dans lequel baigne la pièce est assez complexe puisque, selon le metteur en scène, on vogue entre la réalité et l’irréel dans une rencontre entre Kafka et les Frères Grimm. Le spectateur est constamment appelé à tenter de distinguer le vrai du faux. Il ne faut pas croire que malgré le lourd sujet des enlèvements et meurtres d’enfants, la pièce ne soit que pesante et grave: elle est rythmée par des pointes d’humour apparemment très efficaces qui font que sa durée de 2 h 15 auxquelles on ajoute quinze minutes d’entracte, passent rapidement.

«C’est une histoire très bien tissée qui fait vivre beaucoup d’émotions et qui joue avec beaucoup d’efficacité sur les contrastes dans un texte qui est aussi naïf qu’il peut être dur et dans lequel s’affrontent la candeur et la cruauté», explique Ionata. La question de la responsabilité sociale de l’artiste à travers son œuvre est également au cœur du propos de ce drame policier qui s’adresse à un public de 16 ans et plus.

Les représentations des jeudi, vendredi et samedi sont à 20 h alors que le dimanche, 14 janvier, la pièce sera présentée à 14 h.