Le premier film québécois produit par Netflix, Jusqu’au déclin, a connu un succès inattendu à l’international.
Le premier film québécois produit par Netflix, Jusqu’au déclin, a connu un succès inattendu à l’international.

Ascension fulgurante pour Jusqu’au déclin sur Netflix

Mireille Vachon
Mireille Vachon
La Tribune
À peine quatre semaines après sa sortie, le premier film québécois financé, produit et distribué par Netflix, Jusqu’au déclin, cumule déjà 21 millions de visionnements partout à travers le monde.

« On vit vraiment un rêve », avoue Patrice Laliberté, réalisateur du long métrage. « Quand on nous a dit le nombre de visionnements, j’avais de la misère à le croire », poursuit-il.

La comédienne native de Sherbrooke, Marie-Évelyne Lessard, qui incarne Rachel, une ex-militaire fonceuse, ne réalise pas encore l’ampleur d’une telle réussite.

« C’est très bizarre de vivre cet immense succès toute seule dans son salon, de penser que 21 millions de personnes ont regardé le film », explique-t-elle.

Le film, qui traite du mode de vie survivaliste, a rayonné au-delà de nos frontières : 95 % des abonnés de Netflix ayant vu le film vivent à l’extérieur du Canada. Le même pourcentage représente ceux qui l’ont visionné dans une langue étrangère, comme l’espagnol, l’anglais, le portugais et l’allemand.

« Souvent, on n’ose pas traduire nos films par manque d’argent ou de moyens, mais il faut se faire confiance et proposer nos œuvres au monde entier. On le voit, avec Jusqu’au déclin, ç’a fonctionné », exprime le réalisateur.

Les marchés latin et sud-américain, par exemple, ont été parmi les plus réceptifs à l’œuvre québécoise. « On devrait essayer de viser des marchés autres que français et américains, car nos films québécois ont le potentiel de se déployer à l’international », continue Patrice Laliberté.

« Avec Jusqu’au déclin, on a prouvé qu’au Québec, on a une cinématographie très forte, et qu’on a toutes les capacités techniques et créatives requises pour faire des œuvres super intéressantes. Netflix a découvert un bassin de gens très talentueux », affirme-t-il.

Patrice Laliberté et Marie-Évelyne Lessard espèrent tous deux que Jusqu’au déclin est le début d’une longue lignée de films québécois produits par le géant Netflix.

Le tournage 

Plusieurs scènes du film sont assez violentes, voire sanglantes. Armes, bagarres, explosions… l’action est au rendez-vous à la base secrète d’Alain (Réal Bossé), où un petit groupe d’apprentis survivalistes passent le weekend. 

« On n’a pas eu énormément de temps de préparation, mais on a participé à des cours de maniement d’armes, d’autodéfense et de cascades avec le professionnel Jean-François Lachapelle. J’ai aussi regardé beaucoup de téléréalités sur les survivalistes pour comprendre leur façon de penser et d’agir », explique l’actrice.

« Au tournage, on n’avait pas l’impression de réaliser un long métrage vraiment violent. Moi-même, au visionnement, j’ai été surpris par le caractère violent du film! », affirme M. Laliberté.

« Je crois que l’environnement sonore ajoute beaucoup de tensions, de violence et de souffrance au film », poursuit Marie-Évelyne Lessard.

Projets pour la suite?

Même si plusieurs sphères du milieu artistique sont sur pause, les deux collègues ont la chance de continuer de travailler.

« J’ai recommencé à faire du doublage, le créneau artistique qui continue d’opérer en ces temps de crise, dit Mme Lessard. On a repris le travail de manière sécuritaire en suivant les protocoles sanitaires rapidement mis en place. Ça permettra au moins de continuer à divertir les téléspectateurs. »

Patrice Laliberté, quant à lui, travaillera bientôt sur le montage du film Très belle journée, qui avait été tourné avec un téléphone cellulaire. « Même si tout est sur pause, on espère être en mesure de le sortir dans un futur rapproché », annonce-t-il.

Le réalisateur en profite également pour avancer l’écriture de scénarios, et prévoit se lancer dans la production d’un court métrage d’animation, avec lequel il ne sera pas contraint par les mesures de distanciation sociale entre les acteurs.

Les comédiens Marie-Evelyne Lessard et Guillaume Laurin, la productrice Julie Groleau, le réalisateur Patrice Laliberté et le comédien Réal Bossé lors du lancement de <em>Jusqu’au déclin</em>.