Le premier festival Mauricie arts vivants remplit ses promesses

Soirée de l'équinoxe au Parc récréoforestier de Saint-Mathieu-du-Parc

Les promoteurs de la première édition du festival Mauricie arts vivants (MAV) se disent plus que satisfaits du succès de leur proposition artistique qui s’est déroulée du vendredi 22 au dimanche 24 septembre dans les villages de Saint-Mathieu-du-Parc, de Saint-Élie-de-Caxton et de Saint-Paulin.


Un son de cloche qui semble se répercuter dans la population et même chez les élus, si on en croit la mairesse de Saint-Élie-de-Caxton, Charline Plante. «J’ai participé à deux événements qui ont été un franc succès. J’espère de tout cœur que ce festival va être de retour l’année prochaine, avec encore plus de spectacles et plus de visibilité.»

La mairesse se dit d’ailleurs «assurément» prête à donner son soutien au festival MAV afin d’en assurer la pérennité. «Tous les gens à qui j’ai parlé ont été très satisfaits des spectacles qui ont eu lieu, autant au Baluchon, à Saint-Paulin, qu’à la Petite place des arts de Saint-Mathieu. Les spectacles étaient diversifiés, différents de ce qu’on voit habituellement, c’était très près de la nature», décrit-elle. Bref, le MAV a pertinemment sa place pour durer, en Mauricie, s’il n’en tenait qu’à elle.

Voilà sans doute une opinion qui résonnera comme une musique aux oreilles de Jérémy Verain, qui en assure la direction générale et la codirection artistique, et pour Karine Pion qui complète l’équipe instigatrice de l’événement, à titre de codirectrice artistique et coordonnatrice. Les deux artistes qui ont élu domicile dans la région ont concocté cette idée d’un festival audacieux et multidisciplinaire, dans une région plutôt dépourvue d’une offre culturelle de proximité et de ce calibre.

Les deux instigateurs du festival Mauricie arts vivants sont des artistes établis dans la MRC de Maskinongé, Jérémy Verain et Karine Pion.

Hébergement «chez l’habitant»

Une météo favorable, des lieux de diffusion mettant en valeur les atouts de la MRC de Maskinongé, des partenaires nombreux et, surtout, des ateliers et performances d’art vivant sous toutes ses formes ont fait foi du succès du MAV. L’expérience a d’ailleurs rallié plus de mille amateurs de la scène et une soixantaine d’artistes, tout comme la population locale qui s’est faite partie prenante de cette initiative.

Entre autres partenariats, des résidents de la région se sont portés volontaires pour héberger «chez l’habitant» la portion des artistes en provenance de l’extérieur. Et ce, tout à fait gracieusement. C’est là un des éléments de l’expérience qui a ravi les invités, alors que la moitié d’entre eux présentaient un spectacle en Mauricie pour la première fois.

«Ça a créé une espèce de convivialité », remarque Jérémy Verain qui se réjouit d’avoir pu compter sur cette implication bénévole des communautés environnantes, pour un festival en démarrage comme celui-ci. «Ça a été une belle manière de leur faire découvrir la région», assure le porte-parle de l’organisation.

Par ailleurs, on estime que 30 % de la programmation mettait en lumière des artistes de la Mauricie.

L’audace d’une offre pluridisciplinaire

Qu’il s’agisse de cirque, de danse, de théâtre, de marionnettes ou de musique, l’achalandage des activités tend à confirmer l’engouement et la curiosité du public pour ces propositions artistiques inusitées. Le bilan des promoteurs indique un taux de participation s’élevant à 85 % de la capacité d’accueil des lieux visités, pour un total de plus de mille spectateurs sur les trois jours. La fréquentation aux différentes activités et spectacles est de 2393 personnes.

«Le fait que le public soit aussi présent, par rapport à l’originalité et la singularité de cet événement, pour nous, c’est très satisfaisant», estime M. Verain en mettant l’accent sur l’ouverture du public et des artistes, de part et d’autre de cette rencontre. «Des artistes nous ont dit qu’ils avaient l’impression d’être dans un festival qui existait depuis plus de dix ans, tellement l’accueil était extraordinaire», ajoute-t-il.

Ce qui fait la force du MAV et en même temps l’audace du pari, c’est l’attraction qu’a pu exercer une programmation pluridisciplinaire aussi diversifiée, dans un même événement, parfois sur une même scène. Les ateliers d’initiation aux arts, offerts en matinée au public de tous les âges, composaient la majeure partie des activités gratuites. Des ateliers offerts par les artistes professionnels au programme des spectacles.

Conciliation arts nature

«C’est un souci qu’on a de rendre ces différentes disciplines artistiques les plus accessibles pour nos communautés», assure l’organisateur. Quant aux spectacles payants, il étaient offerts à la pièce par prestation.

«Je pense qu’on a bien mis en valeur la région au travers de ces lieux-là qu’on a choisis, qui sont des lieux vraiment remarquables.» Le bord du lac Bellemare à l’Auberge Saint-Mathieu de Saint-Mathieu-du-Parc, la chapelle du Camp du Lac Vert dans la même localité, les sentiers aux abords de la Rivière-du-Loup sur le domaine du Baluchon, à Saint-Paulin, sont énumérés.

«On voulait que ce soit une rencontre entre le territoire et des propositions artistiques singulières. C’est ce mélange-là qui va créer, pour le public, des expériences qui sont déjà mémorables», considère Jérémy Verain.

Sans trop vouloir s’avancer, l’instigateur de cette première édition ne cache pas sa volonté de réitérer une proposition semblable dès l’an prochain. La Mauricie restera le terrain de jeu principal des organisateurs, si cela se concrétise, après consultation avec le milieu, les artistes et l’ensemble des partenaires engagés.