Le groupe trifluvien Around Joshua est composé de, de gauche à droite, David Leclerc, Jean-François Houde, Dave Talbo et Marie-Claude Chateauneuf.

Around Joshua: le diamant est poli

TROIS-RIVIÈRES — Le quatuor trifluvien Around Joshua a franchi une étape importante dans son développement en réalisant un second album intitulé «The Trees are Singing». L’opus, lancé à Montréal le 2 mars dernier, sera disponible en prévente le 14 mars sur I-Tune alors que le 5 avril, il apparaîtra simultanément sur les tablettes des disquaires et sur toutes les principales plateformes numériques.

Il n’y a rien d’exceptionnel à lancer un album, avouons-le. Cependant, celui du groupe qu’on peut associer au indie-rock est particulier, ne fut-ce que par les moyens mis en œuvre, le processus de réalisation et la participation de gens extrêmement réputés dans sa confection. Dave Talbo, Marie-Claude Châteauneuf, David Leclerc et Jean-François Houde ont eu droit aux services du Vancouvérois Mike Fraser pour la réalisation de leur galette. Or, Fraser, très en demande de par le monde, a fait la même chose pour des groupes comme AC/DC, Metallica ou Aerosmith pour ne nommer qu’eux. Par la suite, ils ont misé sur Greg Calbi, qui a notamment travaillé avec un certain David Bowie, Interpol ou The Strokes. Excusez du peu.

On comprend donc que The trees are singing n’était pas, dès ses premières maquettes, un quelconque album de la part d’un vague groupe émergent au potentiel discutable. On ne s’adjoint pas les services de pointures de cette ampleur sans avoir entre les mains un produit de qualité. «Pour avoir fait écouter les maquettes à plusieurs personnes très crédibles dans la profession, on m’a répété que c’était un diamant qui ne demandait qu’à être poli», raconte Dave Talbo. Le leader du groupe et ses acolytes ont compris qu’il valait la peine de miser gros sur ce projet. «On a surfé longtemps sur notre premier album pour ne pas brûler nos nouvelles chansons et même si on avait très hâte de les enregistrer, on a voulu prendre tout le temps nécessaire pour obtenir la qualité optimale. On veut percer grâce à cet album, vivre de notre musique et on a pris les moyens pour y arriver.»

«La genèse de la création remonte à 2013 alors qu’on est entrés en studio pour la première fois pour enregistrer quatre maquettes de chansons, se remémore-t-il. À travers divers contacts qu’on avait, on les a envoyées à plusieurs réalisateurs de grande renommée à travers le monde. C’est un processus qui a duré un an avant que Mike nous réponde en disant qu’il voyait le potentiel pour un excellent album et qu’il voulait le faire.»

L’enregistrement des dix chansons qui composent aujourd’hui The trees are singing s’est fait en 2016 au studio Mayk Music Studio de Morin Heights. Fraser a été d’une aide inestimable calcule Talbo. «Il nous a suggéré des choses qui ont eu un impact qu’on n’aurait même pas pu imaginer sur les chansons. Parfois, ça ne semblait pas majeur, mais ça amenait la chanson à un stade nettement supérieur. Je pense à First Day qui est une bonne chanson mais que Mike a transfigurée par ses suggestions. Même chose pour Invisible Brightness qui est certainement celle dont la transformation m’a le plus surpris. Je l’aimais beaucoup mais je n’aurais jamais pensé qu’elle ait pu sonner comme elle le fait sur l’album. J’entendais du violoncelle là-dessus mais la façon dont Mike l’a enregistré, c’était extraordinaire. Les dix premières fois que j’ai écouté la version finale fignolée par Mike, j’ai pleuré à chaque fois.»

Talbo a été de la composition de toutes ces chansons qui confèrent au groupe un son qui rappelle le britpop/rock. Deux ont été coécrites avec Marie-Claude Chateauneuf, et d’autres avec le slammeur et romancier d’origine trifluvienne David Goudreault. Quand Mike Fraser a pris congé des musiciens, il les a assurés qu’il voulait être le réalisateur de leur prochain album. En voilà assez pour convaincre Dave Talbo que le produit est aussi bon qu’il le croit. «Après notre premier album, j’ai compris une chose essentielle: il ne sert à rien d’essayer de plaire aux radios ou aux gens de l’industrie. Il faut simplement faire la musique qu’on aime et c’est ce qu’on a fait ici. On trouve tous que l’album est parfaitement à la hauteur de nos attentes.»

Il leur reste désormais à le défendre sur scène. Pour ce faire, ils maintiennent la rigueur adoptée jusqu’ici et ont engagé un metteur en scène, Olivier Laroche. «C’est un des très bons investissements qu’on a faits, soutient le chanteur de Around Joshua. Il se met au service de la musique avec un œil externe, des idées nouvelles et une vision claire et efficace. On tient à faire les choses comme il faut. On a des contacts en Europe et on voudrait se faire connaître là-bas. On sait qu’on a le bon produit sur disque mais il faut aussi proposer aux diffuseurs le meilleur produit sur scène.»