Ariane Gélinas propose un septième ouvrage, Quelques battements d’ailes avant la nuit, qui se déroule dans la ville de Fermont.

Ariane Gélinas propose un septième roman

Trois-Rivières — Ariane Gélinas a un goût plutôt surprenant pour l’aventure. Alors que la grande majorité aime bien arpenter des lieux nouveaux mais au climat clément, Ariane préfère le nord. Le Grand Nord. C’est dans ces lieux parfois inhospitaliers, difficiles d’accès et souvent insolites qu’elle adore camper l’action de ses romans qui sont habituellement tissés de science-fiction, d’épouvante et de fantastique. Son 7e roman, Quelques battements d’ailes avant la nuit, publié chez Alire se déroule à Fermont à la limite de la fosse du Labrador un lieu qui regorge de légendes une source intarissable d’inspiration pour la prolifique auteure. À travers les éléments de suspense, Ariane entraîne le lecteur dans la découverte de la ville et de son mur-écran, une construction de 1,3 km en forme de V qui permet à la fois de protéger la communauté du vent et qui abrite tous les commerces de l’endroit à l’exception de la station-service.

Propice au huis clos, cet étonnant bâtiment est l’un des lieux importants de cette histoire qui se déroule sous forme de thriller. C’est à cet endroit que Séverine Proulx atterrit en espérant s’y déposer. L’éternelle nomade souhaite s’ancrer pour de bon même si son appartement était celui d’une fille retrouvée morte au sommet d’une montagne avec une étrange plaie au bas du dos... L’événement, bien que mystérieux, ne la dérange pas outre mesure jusqu’à ce qu’une autre disparition survienne et sème un doute dans l’esprit de la technicienne en documentation relativement à son implication dans toutes ces histoires nébuleuses.

Ariane Gélinas avoue d’emblée que les lieux prennent une grande importance dans son processus de création. Quelques battements d’ailes avant la nuit est le résultat d’une expédition qu’elle a réalisée jusqu’à Fermont par la route 389 qui relie Baie-Comeau à Fermont. Un trajet qui lui a pris neuf heures à compléter sur une route asphaltée que partiellement. Elle avoue que sa technique de création est quelque peu insolite. «Je pense que cette manière de créer est moins fréquente dans le fantastique. J’ajouterais aussi que le choix du lieu n’est jamais anodin quant au type de légende fantastique qui va s’y déployer. Le lieu participe de manière équivalente au mystère fantastique qui est mis en scène. Ce n’est pas arbitraire ou aléatoire, le choix du lieu. Souvent, l’idée va se façonner lentement à travers le temps par rapport à un attrait sur un lieu», raconte la sympathique jeune femme qui a longtemps étudié le tracé de la route 389 sur les cartes avant de s’y aventurer.

Pour ce roman, le territoire revêt, encore une fois, une grande importance. Par contre, elle a eu envie de pousser les personnages un peu plus loin. «Depuis toujours je travaille avec les lieux, avec les décors qui deviennent pratiquement des personnages mais là j’avais envie de développer des personnages qui avaient une puissance égale au décor qui les entoure.»

«Pour que les personnages soient tangibles, j’ai travaillé à développer leur voix. C’est la première fois que je travaille avec autant de niveaux de langage. Jusqu’à maintenant, je n’avais pas l’habitude d’utiliser des dialogues sous forme orale. Mes personnages s’exprimaient de manière éloquente presque à 100 %. Ça fonctionnait dans la logique interne du récit mais ce n’était pas une obligation. J’ai expérimenté et ç’a donné lieu à certains personnages que j’aime beaucoup, dont Palmyre qui a un franc-parler. Ç’a amené dans mon écriture quelque chose qui ne s’était jamais produit avant, c’est-à-dire que j’ai eu envie de reprendre certains de ses personnages pour écrire autre chose peut-être par la suite...»

Ariane Gélinas est une perfectionniste. Elle a écrit une dizaine de versions de ce récit qu’elle mentionne comme étant son plus personnel. «C’est mon roman dans lequel il y a le plus d’éléments personnels. C’est probablement le passage du temps et la trentaine avançant qui donnent envie de puiser à l’occasion dans des éléments personnels. Il y a des souvenirs çà et là. J’ai l’impression qu’avec le temps, comme auteure, je m’autorise plus à aller dans des touches autobiographiques. Parfois, il y a une touche de fragilité qu’on protège par rapport à la façon dont on a ressenti, perçu ou vécu certaines choses. Je le vois de plus en plus que mon écriture s’en va vers l’acceptation d’une certaine forme de réel qui va se retrouver naturellement et un peu paisiblement intégré dans le fantastique. Il y a des bribes de souvenirs plus positifs ou des moments plus rayonnants qu’on peut avoir envie de disperser dans le livre mais il y a aussi des instants qui peuvent être tentant d’oublier et qu’en réactivant on peut se permettre de regarder avec une certaine distance et de réfléchir à leurs différents aspects et aspérités que ça peut avoir», confie celle qui occupe également les fonctions de directrice littéraire du Sabord. Disponible dans toutes les bonnes librairies, son ouvrage se retrouve également dans différents pays d’Europe notamment, la France et la Belgique.

Ariane Gélinas sera au Salon du livre tout le week-end.

Lancement du 31e Salon du livre de Trois-Rivières

C’est aujourd’hui que s’amorce le 31e Salon du livre de Trois-Rivières. Bien que la première journée soit réservée à la clientèle scolaire, le grand public pourra dès 15 h découvrir le Salon qui se situe dans les espaces rénovés du CECI de l’hôtel Delta. Tous les détails de la programmation sont disponibles sur le site sltr.qc.ca