Les trois coorganisateurs de l’exposition des œuvres des élèves des cours de sérigraphie II et de Gravure II ont offert un appui clair à leurs profs. Ce sont, de gauche à droite, André-Anne Cartier, Kevin Haeck et Christine Ouellet.

Appui inconditionnel envers les professeurs

TROIS-RIVIÈRES — Le vernissage de l’exposition des étudiants et étudiantes du cours de gravures II et sérigraphie II à la Galerie r3 de l’UQTR qui avait lieu mercredi a pris une signification particulière alors que les organisateurs de l’exposition en ont profité pour manifester leur solidarité envers les professeurs en lock-out.

L’inscription: «LOCK-OUT solidaire avec les profs» a été appliquée bien en vue sur chacun des cartels accompagnant les œuvres des 23 étudiants qui exposent. Les allocutions, de mise lors de pareils vernissages, ont été tout aussi significatives alors qu’elles ont porté essentiellement sur cet appui et que les différents intervenants invités à s’exprimer ont été unanimes à condamner le geste de la direction de l’université.

Fait à noter, l’initiative provient des étudiants et les professeurs présents à l’événement ont eu la surprise de constater cet appui manifestement très apprécié.

Les étudiants sont, en quelque sorte, des victimes collatérales du conflit puisque l’exposition est l’occasion pour les professeurs d’évaluer leur travail et que cette évaluation ne pourra se faire tant et aussi longtemps que le lock-out perdurera.

Christine Ouellet est une des trois coorganisatrices de l’exposition. «Ce sont, dit-elle, des œuvres sur lesquelles nous avons travaillé pendant toute la durée de la session. Malgré la situation et le fait que nous ne pourrons être évalués comme prévu, on a décidé d’organiser l’exposition malgré tout. Et, pourquoi ne pas profiter de la tribune pour montrer que nous sommes solidaires avec nos professeurs et montrer notre mécontentement face au lock-out?»

«Ce mécontentement est pacifique mais nous avons décidé de poser une action qui nous ressemble en tant qu’étudiants artistes c’est-à-dire de trafiquer nos cartels. C’est sûr que le lock-out nous affecte parce que ça retarde tout le processus d’évaluation et de diplomation. Si je peux me prendre comme exemple, j’ai une bourse de recherche de premier cycle qui est en suspens jusqu’à nouvel ordre parce que ça doit se faire en collaboration avec un professeur. Ça devait débuter le 14 mai mais dans l’état actuel des choses, ça ne commencera probablement pas comme prévu.»

Si le lock-out était survenu plus tard et que les étudiants n’en avaient pas subi les impacts comme c’est présentement le cas, Christine Ouellet affirme que l’appui aurait été le même. «C’est sûr que quand on a la main dans le tordeur on est plus impliqués, mais ultimement, même sans subir de désagréments, je peux affirmer que ma position personnelle aurait été la même. Nous sommes très proches de nos professeurs et moi, j’aurais offert mon soutien quand même.»

Les professeurs ont évidemment beaucoup aimé cette prise de position et certains membres de l’exécutif du syndicat étaient d’ailleurs sur place pour le vernissage. C’est le cas de France Joyal, vice-présidente aux services à la collectivité au sein du syndicat des professeurs et des professeures de l’UQTR. «C’est une initiative pour laquelle nous n’avions pas été consultés et nous en sommes absolument ravis. C’est formidable d’avoir cet appui-là et cette solidarité de la part des étudiants. Il y a eu des rassemblements spontanés d’étudiants qui ont eu lieu sur le campus depuis le début du lock-out et c’est très apprécié. On ne peut évidemment pas demander ce genre d’appui mais on l’accueille avec d’autant plus de plaisir.»

Cela peut-il avoir un quelconque impact sur la direction? «Toutes les actions et manifestations ont pour but de solliciter l’éveil et la conscience de chacun, incluant les membres de la direction. Pour ce qui est de la médiation qui a présentement lieu à Québec, tout ce que je peux en dire, c’est que nous sommes positifs. On reste solidaires et positifs.»

Pour ce qui est de la coordonnatrice de la Galerie r3 Lorraine Beaulieu, qui n’est pas enseignante à l‘UQTR, elle a manifesté son appui non seulement à la démarche des étudiants mais à la cause des professeurs.

«C’est une prise de position de la galerie parce que j’ai accepté la prise de position des étudiants. J’ai été très surprise par le lock-out qui ne me semble pas justifié. Quand les étudiants ont parlé d’être solidaires avec les professeurs, j’ai trouvé que c’était très pertinent et en plus, j’estime que l’art est étroitement lié au social alors ça m’apparaissait complètement cohérent qu’on soit le vecteur de cette prise de position. N’étant pas professeur, j’ai droit à mon opinion en tant que professionnel travaillant à l’UQTR et je trouve normal que les étudiants aient une place pour exprimer leur position.»

Une exposition d’œuvres d’artistes serbes prévue pour le 21 juin à la Galerie r3 pourrait être annulée si jamais le lock-out perdure. Pour ce qui est des activités de la galerie, elles demeurent les mêmes et l’horaire d’ouverture, de 10 h à 17 h du lundi au vendredi, continue de s’appliquer.