Antoine Corriveau est en nomination dans quatre catégories pour le prochain gala de l'ADISQ.

Antoine Corriveau: des années d'effort enfin reconnues

Plusieurs Trifluviens se souviennent sans doute d'Antoine Corriveau, jeune auteur, compositeur et interprète originaire de Trois-Rivières qui a présenté bon nombre de spectacles dans de petites salles de la ville avant son départ vers Montréal en 2008. Les années d'effort ont porté leurs fruits puisque l'artiste est aujourd'hui en nomination dans quatre catégories pour le prochain gala de l'ADISQ.
C'est son tout dernier album, Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s'arrêter, sorti en octobre dernier, qui lui a valu cette reconnaissance de l'industrie et de la critique sous la forme des nominations suivantes: album alternatif de l'année, choix de la critique arrangements de l'année ainsi que prise de son et mix de l'année. 
S'il est surpris de ces honneurs, il indique qu'il a l'impression d'avoir offert le meilleur de lui-même. «Je suis vraiment super content de ce qu'on a fait. On a travaillé sur l'album pendant six mois et je dirais qu'on est allé là où je ne pensais même pas me rendre.»
«Mon but, poursuit-il, c'était de m'éloigner des maquettes voix-guitare habituelles auxquelles on ajoute graduellement des couches instrumentales en studio. Sur cet album j'ai enregistré seulement la voix pour chacune des chansons pour ensuite voir comment on pouvait l'enrober. Ça a laissé beaucoup plus de place aux mélodies. On a fini par ajouter un ensemble à cordes d'une douzaine de musiciens, des cuivres, etc. Ça fait qu'on retrouve un son orchestral inhabituel pour moi avec du piano et beaucoup moins de guitare, l'instrument que j'utilise pour composer.»
On dit de lui qu'il se renouvelle à chaque album et il est clair qu'il a ici présenté une toute nouvelle facture. «À chaque album, je trouve non seulement important de présenter des choses différentes aux auditeurs, mais ça l'est pour moi aussi. Je me sors d'une zone de confort pour tester des choses nouvelles et découvrir de nouveaux aspects de moi-même, finalement.»
Il a beau avoir déjà été mis en nomination pour l'album alternatif de l'année en 2014 pour Les ombres longues, l'accolade n'en est pas aujourd'hui moins douce. «Évidemment, c'est très agréable et c'est arrivé comme une très belle surprise. Cette fois-ci, on ajoute à la nomination comme album alternatif le choix de la critique, mais surtout, les arrangements ainsi que la prise de son et mix de l'année. Ces deux dernières sont particulièrement chères à mon coeur parce que ça veut dire qu'on ne reconnaît pas seulement l'album, mais le travail de toute l'équipe, ce qui est une dimension très importante dans mon travail. Marianne Houle et Rose Normandin aux arrangements de même que Nicolas Grou et Ghyslain-Luc Lavigne ont travaillé très fort comme toute l'équipe sur cet album et je suis très content qu'on le reconnaisse.»
«Je crois beaucoup à ce qui résulte de l'addition des forces et du travail de toute une équipe comme démarche créatrice. Je me suis entouré de gens dont j'aime énormément le travail et à qui je fais entièrement confiance de sorte que je sais qu'ils vont m'entraîner là où je ne serais pas allé moi-même. Le mélange de plusieurs sensibilités donne un résultat plus riche et plus satisfaisant.»
«Avec tout le travail qu'on a fait, cette tape dans le dos tombe bien. C'est vraiment un honneur pour tout le monde d'être là. Bien sûr, ça peut aider à faire vendre des albums ou des billets de spectacle, mais on ne peut jamais prévoir d'avance l'impact que ça va avoir sur une carrière. Il reste que ça fait toujours du bien.»
Quand il se remémore ses premiers enregistrements avec la prise de son chez un ami à Champlain, les prestations au Bucafin ou au Gambrinus, le Trifluvien de 32 ans ne peut que se réjouir du chemin parcouru. «Ce sont des années de travail qui s'accumulent qui mènent à ces nominations et je suis profondément reconnaissant envers tous ceux qui m'ont donné un coup de main. Maintenant, j'espère que ces nominations vont contribuer à faire connaître mon travail et aider à le diffuser.»
Rendez-vous le jeudi 26 octobre pour voir si ces nominations vont prendre la forme de statuettes.