Miriam Baghdassarian, Pascal Dufour et Rick Hughes seront en résidence à la salle Thompson en août avec le spectacle American Story 2 – Les années Woodstock.

American Story 2: divertir dans l’amour et l’harmonie

TROIS-RIVIÈRES — Le spectacle American Story 2 qui puise dans les années Woodstock s’installera à la salle Thompson au mois d’août pour une quinzaine de représentations. La formule a fait ses preuves si on en croit les chiffres divulgués pour les années précédentes alors que la salle affichait un taux d’occupation de 70 %. C’est donc avec confiance que l’équipe arrive avec une nouvelle mouture d’un produit qui attire les spectateurs à la recherche d’un bon divertissement.

Le trio d’artistes qui portera le spectacle ne cachait d’ailleurs pas son enthousiasme. Rick Hughes, Pascal Dufour et Miriam Baghdassarian parlaient avec fébrilité de cette proposition qui permet un rendez-vous apprécié par le public. «Les gens ont besoin de se divertir, que ce soit en allant voir un bon film ou un spectacle de musique. Ils ont autant besoin de ça que de la nourriture! C’est à ce moment qu’on se permet de rire, de pleurer, de se côtoyer et de ne pas tous s’enfermer chacun de notre côté. Ça fait du bien!», lançait l’un des vieux routiers, Rick Hughes, qui promet de se donner à fond dans ce projet. «Il y a des gens qui reviennent deux ou trois fois durant le mois! Ça prouve que les gens aiment ça», enchaîne Pascal Dufour, l’autre musicien et chanteur expérimenté du groupe.

Pour Miriam Baghdassarian, tout est nouveau. La jeune femme de 20 ans, qui a transité par La voix, se retrouve encadrée par deux professeurs extraordinaires. «Je suis nouvelle dans cette industrie musicale alors je fais connaissance avec tout le monde en même temps. Ça va tellement vite», expose l’Arménienne d’origine qui perfectionne son français au fil des entrevues. Elle doit d’ailleurs redoubler d’efforts pour maîtriser les chansons, elle qui ne connaissait rien de Melissa Ethridge ni de Janis Joplin avant d’avoir à interpréter leurs chansons sur scène. «Je ne connaissais pas la majorité des chansons, je ne les avais jamais entendues. Je développe aussi mon style en interprétant ces chansons, je sens de la poussière de classique rock dans ma voix.»

Pour Pascal Dufour, qui chante depuis seulement une dizaine d’années, l’expérience est également très nourrissante. «J’apprends tellement en faisant ça!», souligne-t-il. «Personnellement, ce que j’aime c’est quand on chante les trois ensemble, les harmonies. Il faut croire que je suis rendu là dans ma vie... à l’harmonie!», lance-t-il en rigolant de bon cœur.

Déjà la chimie prend forme entre les trois artistes qui se côtoieront à Trois-Rivières cet été et en tournée à travers le Québec durant la saison hivernale. «Pascal et moi on se connaît depuis toujours! J’aime tout ce qu’il a fait avec les Respectables et je me réjouis de travailler avec un musicien et un compositeur aussi talentueux. Puis, j’écoute Miriam et je suis content d’avoir avec nous une jeune qui va nous amener ce regard nouveau», confie Rick Hughes qui est convaincu que la recrue va brûler les planches.

Le premier rassemblement qui s’est tenu à Woodstock en 1969 s’inscrit comme une époque charnière de l’histoire musicale. Pour les deux musiciens et chanteurs d’expérience du spectacle, c’est un privilège de pouvoir livrer ce répertoire dans le contexte d’un spectacle thématique qui permet de se replonger véritablement dans l’ambiance. «Ce sont des classiques au même titre que Mozart ou Beethoveen. Quand tu fais de la musique, il faut que tu découvres cette musique. Ces gens-là croyaient vraiment que la musique allait changer le monde et la musique a changé le monde! C’était une révolution au même titre que les ordinateurs aujourd’hui. À mon avis, la meilleure musique s’est faite à cette époque en descendant, principalement à cause de cette croyance qu’ils pouvaient changer le monde», lance Pascal Dufour sur un ton posé. D’ailleurs le spectacle ne se limitera pas seulement à la première édition mais présentera une sélection de pièces tirées de 1994 et 1999. «Ça aurait été une erreur de se limiter à 69! Il y avait de très bons bands en 94 et en 99», affirme Rick Hughes. Tous ne cachent pas que cet échantillonnage permet aussi d’attirer un public plus large.

Et de trois pour Mike Gauthier

Cette année encore, c’est à Mike Gauthier qu’a été confiée la direction artistique et la mise en scène du spectacle qui prendra l’affiche le 1er août. «J’ai connu Mike à ses débuts à Musique Plus. Il est rendu bon mais il l’a toujours été. Il connaît tellement la musique, il sait comment agencer les chansons, laquelle mettre au bon moment», mentionnait Pascal Dufour. Le célèbre animateur affirme que l’expérience des deux derniers spectacles est un atout majeur. «American Story 1 était chronologique alors les gens qui avaient connu les années 60-70 aimaient bien la première partie mais ils trouvaient la deuxième partie un peu longue parce qu’il y avait beaucoup de groupes des années 80-90 et vice versa. Quand j’ai monté le British Show j’ai modifié la formule. Je l’ai monté comme une superballe qui rebondit partout et quand j’ai monté American Story 2, ç’a été la même chose, je l’ai monté selon des thèmes. Par exemple, Bob Dylan sera suivi par The Band parce qu’ils ont été pendant deux ans les musiciens de Bob Dylan. Et j’ai fait suivre Alanis Morrissette parce que The Band est formé de Robbie Robertson qui est un Canadien. Il y avait donc une connexion canadienne. C’est comme ça que j’ai ficelé mes enchaînements», raconte celui qui a dû travailler de longues heures pour en arriver à trouver le fil conducteur du spectacle. «Il faut toujours soutenir les gens. Je me souviendrai toujours de la phrase d’Alice Cooper que je mets en pratique: ‘Il ne faut pas qu’ils aient le temps de penser’», lance-t-il en éclatant de rire.

Le choix de couvrir les trois spectacles de Woodstock s’est vite imposé comme un incontournable dans la démarche artistique. «Si je m’étais seulement arrêté à la version de 69, je n’aurais pas eu assez de matériel pour le Québec. Woodstock a été un fer de lance pour beaucoup d’artistes mais ils étaient tous nouveaux à cette époque. Carlos Santana par exemple, le seul morceau que j’ai pu prendre c’est Evil Ways parce que les Black Magic Woman de ce monde n’étaient pas encore sorties. L’intérêt pour ces gens-là est arrivé après! Ceux qui étaient connus, c’était CCR, Jefferson Airplane et The Who qui, eux, avaient un bon répertoire. Et même s’ils étaient bien établis, c’est après qu’ils sont devenus des légendes», expose le réputé animateur qui a fait un travail de recherche colossal. «Ça fait deux ans et demi que je travaille là-dessus», mentionne celui qui s’est même rendu à Woodstock pour bien s’imprégner de l’esprit de l’endroit. De plus, il a eu la chance d’être des deux plus récentes éditions alors qu’il travaillait à Musique Plus.

Contrairement au British Show, ce ne sera pas un medley mais les versions complètes des chansons qui seront présentées. L’enrobage scénique prendra alors une grande importance. Mike Gauthier a tenu à faire vivre l’expérience la plus complète possible. Il fait une place au producteur agricole qui avait prêté ses terres pour permettre la tenue du pionnier des festivals et il a même réussi à entrer en contact avec le photographe de l’événement, ce qui permettra la projection de clichés originaux de l’époque. Le public en aura plein la vue et plein les oreilles. L’équipe promet même une stimulation olfactive!

Quand on parle d’expérience totale, tout porte à croire que ce n’est pas surfait!