François Houde

Alex McMahon: du plaisir contre le virus [VIDÉO]

La COVID-19 amène le meilleur comme le pire. L’initiative du musicien d’origine nicolétaine Alex McMahon, c’est le meilleur. Son clip Mange mes pets COVID, un truc fantaisiste, enfantin et foncièrement réjouissant qui fait un tabac sur les réseaux sociaux permettra d’amasser des fonds pour la Fondation de l’hôpital Sainte-Justine.

Retournons à l’origine du projet. «Ça remonte au début du confinement, disait Alex en entrevue jeudi. Un ami, Maxime Bellavance, batteur avec Ariane Moffatt, m’a fait parvenir un beat pour voir ce que je pourrais faire avec ça.»

«Je me promettais depuis longtemps de faire une sorte de petit atelier musical avec mes enfants Luce, 6 ans et Albert, 10 ans. On a créé le petit refrain qu’on retrouve sur la chanson et on a composé des paroles, qu’Albert, grand fan de hip-hop, a chanté. Ça nous a donné l’idée de faire un clip.»

Heureusement, papa est super bien branché dans le milieu artistique montréalais. Il a contacté des amis comme le réalisateur Jean-Michel Péloquin ou le monteur Pierre Jezegou et un embryon de clip venait d’apparaître sur l’échographie. On doit le scénario à papa Alex qui, apparemment, n’est pas qu’un musicien d’exception. «Ce sont mes idées que j’ai ordonnées dans un scénario avant de le présenter à Jean-Michel. Quand on est créatif, je pense que le médium importe peu.»

«Les gens pourraient penser que le refrain de Mange mes pets COVID vient de mes enfants mais je suis pas mal fier de dire que c’est de moi!» On s’entend que ça ne relève pas de la plus grande élégance littéraire mais quand on affronte un ennemi aussi vicieux que le coronavirus, il convient sans doute de se mettre à son niveau. Il ne mérite pas mieux.

Le musicien d’origine nicolétaine Alex McMahon a utilisé son confinement à bon escient en créant, avec ses enfants, un clip qui connaît un succès exceptionnel sur Internet.

Alex n’aurait pu le faire sans les enfants. «Ce sont eux le cœur du projet mais je n’ai pas eu trop de difficulté à me glisser dans leur univers : je suis moi-même un enfant dans ma tête et mon cœur. Comme mon fils est, lui, très mature, on se rejoint quelque part à mi-chemin de nos deux niveaux de maturité!»

«Ce qui est bien, c’est que devant un sujet aussi dramatique que la COVID-19, on puisse se permettre ce genre de fantaisie. Au premier degré, ce n’est pas une belle chanson mais c’est drôle, naïf, distrayant et c’est là, je pense, le secret de son succès. C’est un beau pied de nez à faire à la maladie.»

Il n’est pas le seul à le trouver puisque depuis la mise en ligne à la toute fin d’avril, le clip, particulièrement bien réalisé, du reste, a été vu plus de 70 000 fois sur Youtube alors qu’il a allégrement franchi la barre des 100 000 visionnements sur Facebook.

Le phénomène a mené le trio familial en entrevue à l’émission Bonsoir, Bonsoir à la télévision de Radio-Canada mercredi dernier et il en sera question à Tout le monde en parle ce dimanche. «Tout cela est allé très vite. D’abord, on a pu le réaliser en trois jours à peine parce qu’il fallait le faire alors qu’on était encore en confinement. Dès qu’on l’a diffusé, les réactions ont été rapides et très bonnes. Mes enfants sont super fiers du résultat.»

«Je l’ai envoyé à des amis musiciens en France. Je ne sais pas ce que ça va donner mais ce serait drôle que ça circule là-bas aussi.»

Pourquoi ne pas faire profiter de ce succès des gens qui le méritent? «J’ai pensé à amasser des fonds pour l’hôpital Sainte-Justine parce que malgré la COVID, il y a toujours des enfants malades.»

«J’ai un attachement très personnel à Saint-Justine parce que c’est là que mon frère aîné a été traité pour une leucémie qui l’a finalement emporté à l’âge de neuf ans. Même si moi, j’étais plus jeune de 13 mois, je suis resté très impressionné par la qualité des soins, la dévotion et l’amour démontré par le personnel. Comme en plus, le clip est une chanson pour enfants, ça ne pouvait mieux tomber.»

Les McMahon n’avaient pourtant d’autre intention que de rigoler et de créer quelque chose en famille. «C’est comme un leitmotiv dans ma vie que de faire des choses pour le pur plaisir. C’est une leçon que j’aimerais laisser à mes enfants: il faut travailler fort mais dans le plaisir.»

«Dans des périodes difficiles comme maintenant, il faut essayer de tirer le meilleur et d’être heureux parce que c’est pas mal tout ce qu’on contrôle.»

«Jusqu’ici, ça m’a toujours bien servi dans ma carrière et ça continue. Tous mes amis sont sur le chômage et moi, je vis un rush monumental. D’abord, cette chanson-là me tient occupé mais autrement, j’ai participé au thème musical de l’émission Ça va bien aller et je suis directeur musical du spectacle Une chance qu’on s’a. Depuis deux semaines, je travaille là-dessus seize heures par jour. Je suis privilégié par ma polyvalence: j’ai de l’intérêt pour la direction musicale, la composition et la production sans compter les contacts que je me suis faits partout.»

De cette pandémie, il lui restera donc des souvenirs en pure dissonance avec l’événement mais aucun plus réjouissant que ces moments puérils et magiques passés en famille et traduits sous la forme d’un clip, viral lui aussi.

On peut trouver Mange mes pets COVID sur YouTube et sur la page Facebook d’Alex McMahon. On peut contribuer à la campagne de financement pour la Fondation Sainte-Justine en allant sur la page lesmacmahon.bandcamp.com où, pour 1 $, on peut se procurer la piste numérique de la chanson et contribuer à la Fondation.