Le FestiVoix et le Musée POP se sont associés avec la création d’une nouvelle scène pour le festival trifluvien qui s’établira dans la cour de la vieille prison rattachée au musée trifluvien. La chose a été annoncée mardi par le directeur général du FestiVoix Thomas Grégoire et la directrice générale du Musée POP Valérie Therrien.

À l’ombre de la prison

TROIS-RIVIÈRES — Le FestiVoix est contraint d’innover constamment. On a convoqué la presse mardi pour annoncer la création d’une nouvelle scène en 2018. Elle portera le nom de la scène des Voix acoustiques et sera située dans la cour de l’ancienne prison rattachée au Musée POP sur la rue Hart.

On y présentera une programmation très variée dans une formule acoustique. De plus, comme les spectacles y seront présentés à 17 h, les quelque 400 spectateurs potentiels pourront y boire et manger. La scène est associée au Trou du Diable qui y offrira ses produits alors que la Maison de Débauche assurera la restauration avec BBQ et des plats estivaux orientés vers les légumes de saison.

L’éclectisme de la programmation ne fait aucun doute. On retrouvera, dans l’ordre de présentation, Michel Pagliaro, King Melrose, les Frères Lemay, Daran, Pépé et sa guitare, le Gypsy Kumbia Orchestra, Aliocha, Nicolas Pellerin et les Grands hurleurs de même que la Trifluvienne Paule Landry dans un hommage à Édith Piaf.

Le directeur général du FestiVoix Thomas Grégoire a parlé d’intimité pour présenter cette nouvelle scène et les premières impressions suggèrent très précisément cette idée. «Ce sont des conditions idéales pour créer une intimité et une proximité des spectateurs avec les artistes dans un environnement très particulier qui reprend notre mise en valeur des sites patrimoniaux de la ville. L’endroit est méconnu du grand public mais on pense qu’on peut y développer quelque chose d’extrêmement agréable.»

«On ne cachera pas que c’est aussi une façon de désengorger le parc des Ursulines à l’heure du souper où on approche la limite de notre capacité d’accueil certains soirs. On croit que ça va marcher mais comme c’est une première année, on verra quelle sera la réponse du public. La scène est quand même là pour rester parce que l’endroit est magique et on pense qu’on peut y faire quelque chose de vraiment bien.»

«On espère évidemment que les gens vont se l’approprier et si les résultats ne sont pas ce qu’on souhaite dès la première année, on regardera quelle formule privilégier. L’idée, c’est d’offrir une programmation variée pour créer une magie en fonction des goûts de diverses clientèles. C’est pour ça qu’on offre aussi bien une fanfare gypsy qu’une musique dépouillée comme ce que fait Daran. On pourra ainsi accueillir différents publics chaque soir.» La scène sera accessible aux détenteurs de passeports du FestiVoix.

Du côté du Musée POP, on se réjouit de cette collaboration qui pourrait notamment permettre au public de combiner visite au musée et musique en fin d’après-midi. «Nous sommes tellement choyés d’avoir un site patrimonial de cette qualité, ce serait bête de ne pas en profiter au maximum, a commenté la directrice Valérie Therrien. Par ailleurs, qu’y a-t-il de plus typique de la culture populaire que des festivals d’été? Il me semble même que ça pourrait être le sujet d’une très bonne exposition, dans le futur.»

Les négociations avec le Musée POP ont débuté il y a un an par une approche du FestiVoix. La première idée de Thomas Grégoire était d’installer une scène sur le toit du Musée, projet audacieux, original et très intrigant qui a été abandonné quand on a constaté la présence d’importants et bruyants conduits de ventilation sur le toit du Musée. Il reste que Grégoire maintient que l’idée d’une scène sur un toit avec vue sur la ville constituerait un ajout intéressant à son événement si tant est qu’on trouve un toit le permettant.

Profitant de la présence des médias, on a aussi levé le voile sur la programmation d’autres scènes, notamment celle des Voix classiques à la Maison de la culture. Léger changement de cap de ce côté alors qu’on élargira le mandat à la musique classique en général. On pourra y entendre le quatuor vocal Quartom, Valérie Milot avec son spectacle de harpe solo électrique et acoustique, la musique baroque de l’ensemble Les Songes, la soprano Caroline Gélinas, Révélation Radio-Canada 2017-2018 et le pianiste nicolétain Jean-Michel Blais dont la notoriété ne cesse de grandir à l’échelle mondiale.

Pour ce qui est de la scène située au parc des Ursulines, elle verra se succéder Blues Jar, They call me Rico, Rafael Zaldivar (hommage au Buena Vista Socal Club), Andrea Lindsay, Chet Doxas, Sax Machine, Stéphane Wrembel, Fabiola Toupin dans un spectacle consacré au jazz méditerranéen et Claude Bolduc avec son spectacle Je jazz en français.