Dès son numéro d’ouverture offrant un panorama varié de différents chants et danses traditionnelles, le Gala de musique autochtone Teweikan de la SOCAM présenté mercredi soir à la salle Thompson a pl0ngé les spectateurs dans un univers d’un dynamisme très réjouissant.

3e Gala de musique autochtone Teweikan: du talent et de la fierté

Trois-Rivières — C’est à une magnifique démonstration de fierté qu’était convié le public mercredi soir à la salle Thompson de Trois-Rivières dans le cadre du 3e Gala de musique autochtone Teweikan présenté par la Société de communication Atikamekw-Montagnais (SOCAM), un événement qui est présenté tous les deux ans et pour une première fois à Trois-Rivières.

Dix prix ont été remis à des artistes de la province entre les prestations très variées qui ont témoigné de la diversité du talent qu’on retrouve dans les Premières Nations de la province au même titre que de la vitalité de la musique aussi bien dans ces communautés que hors de celles-ci.

Le grand prix de la soirée, le Prix Teweikan Hommage et Reconnaissance a été remis à Philippe McKenzie pour son immense contribution à l’essor de la chanson innue moderne au cours des trois dernières décennies.

Par ailleurs, indice du réjouissant dynamisme de la musique chez les peuples autochtones, c’est le jeune groupe Violent Ground qui a été le grand gagnant de la soirée en récoltant pas moins de trois prix. On leur a remis le trophée pour l’artiste ou le groupe par excellence d’expression moderne, pour l’artiste ou le groupe de la relève de même que pour le meilleur album des deux dernières années.

L’artiste Matiu a quitté la salle Thompson avec deux trophées pour l’artiste de style blues ou rock de même que pour le meilleur spectacle, statuette remise en fonction du vote du public. Dans la catégorie de l’artiste ou du groupe de style country, l’honneur est revenu au jeune groupe Innutin alors que le prix Coup de cœur du jury a été octroyé ex aequo à Régis Niquay et Wasimia Flamand-Charland.

Florent Vollant, mis en nomination dans trois catégories, a remporté l’honneur qui lui tenait apparemment le plus à cœur soit celui remis à l’artiste s’exprimant dans une langue autochtone. «En ayant ce prix dans mes mains, a-t-il déclaré au Nouvelliste, je pense à mes parents, à mes grands-parents, à ma famille qui m’a laissé en héritage une langue, un esprit. J’apprécie. Je fais partie de ces privilégiés qui parlent encore leur langue. Je dis merci à ceux qui me supportent depuis tant d’années et je dis merci à la vie.»

«Quand un prix vient de ta communauté, de ton clan, de ta famille, c’est sûr que ça a une répercussion extrêmement profonde. Ce sont mes racines. On célèbre mes racines; je l’apprécie et je le partage avec tous ces jeunes qui travaillent fort pour arriver à monter sur scène. C’est important, un gala comme ce soir. Nous, les artistes autochtones, nous travaillons souvent avec très peu de moyens et quand on peut célébrer dans une belle salle comme celle-ci et qu’on peut partager notre fierté dans un cadre d’aussi grande qualité, on dit merci. C’est rare que ça nous arrive.»

Le président d’honneur de la soirée, le grand-chef de la nation atikamekw Constant Awashish tenait des propos qui allaient dans le même sens. «On veut faire connaître nos langues et nos cultures. Notre but en tant que leader comme les nombreux leaders des différentes communautés qui sont ici ce soir, c’est de créer des ponts pour qu’on puisse faire tomber les barrières de la peur et de la méconnaissance qui existent entre les autochtones et les allochtones. La culture est la meilleure façon d’y arriver, notamment à travers la musique. Il n’y a pas de race dans la musique, c’est un langage du cœur et tout le monde peut s’y associer. C’est à travers des initiatives comme celle-ci qu’on peut aller vers une société où tous les peuples vont pouvoir vivre ensemble en harmonie et dans le respect des différences.»

Avec Sylvie Bernard comme présidente d’un jury qui incluait Dan Bigras et Sakay Ottawa, on faisait déjà preuve d’une ouverture intéressante. Par ailleurs, le spectacle lui-même a démontré que le talent n’a évidemment pas de race et que celui qu’on retrouve dans les différents peuples autochtones est aussi varié qu’exceptionnel. Des chants de gorge et chants traditionnels qui ont ouvert la soirée en passant par le folk rock très assumé d’Elisapie ou la musique extrêmement entraînante du duo Scott-Pien Picard et Ivan Boivin-Flamand, le public, dont la ministre québécoise responsable des affaires autochtones Sylvie d’Amours, a été un témoin privilégié de la vitalité d’un univers musical bien vivant, résolument moderne tout en demeurant profondément ancré dans son identité propre.