Benoît Pruneau, président du conseil d’administration du Théâtre des Nouveaux Compagnons, Eve Lisée, directrice artistique, Roxanne Pellerin, responsable des communications et Yves Deguire, administrateur ont dû se résigner à reporter les festivités du 100e anniversaire.
Benoît Pruneau, président du conseil d’administration du Théâtre des Nouveaux Compagnons, Eve Lisée, directrice artistique, Roxanne Pellerin, responsable des communications et Yves Deguire, administrateur ont dû se résigner à reporter les festivités du 100e anniversaire.

100e anniversaire du Théâtre des Nouveaux Compagnons: une année festive devenue saison fantôme

Amélie Houle
Amélie Houle
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — La 100e saison du Théâtre des Nouveaux Compagnons, plusieurs la voyaient déjà poindre à l’horizon avant même l’arrivée de l’année 2020, alors qu’une année festive marquée par plusieurs activités devait ponctuer cet anniversaire bien spécial. En mars dernier, après plusieurs mois de travail, tout était fin prêt. Une première lecture publique avait été effectuée, si bien que rien ne pouvait freiner l’élan de la troupe centenaire... sauf toutefois une pandémie qui arrive sans crier gare. Celle-là, personne ne l’avait vu venir, évidemment!

Ainsi, ce qui s’annonçait être une année festive pour le Théâtre des Nouveaux Compagnons est finalement devenu une saison fantôme pour la troupe qui n’était désormais plus maître de la situation.

Alors que des lectures publiques, une exposition retraçant le centenaire de la troupe, un spectacle rétrospectif à grand déploiement et un documentaire racontant l’histoire du TNC étaient prévus à l’horaire, tous ont finalement dû rebrousser chemin et dire adieu à cet anniversaire tant attendu. Une décision qui a d’ailleurs été difficile à encaisser pour certains.

«Toute la troupe a vécu ça difficilement. Surtout au début, parce que notre saison régulière s’est terminée abruptement et que notre production Le passage de l’Indiana devait commencer à la fin mars, bref exactement deux semaines après le début de la pandémie», se souvient Benoît Pruneau, responsable des communications du TNC et président du conseil d’administration.

Mais qu’à cela ne tienne, ce sentiment a rapidement été mis de côté pour faire place à un sentiment de résignation au sein du groupe.

«Mais en même temps, cet événement nous a ramenés beaucoup aux valeurs fondamentales. On s’est dit oui, on est des passionnés de théâtre, mais ça ne nous dérange pas de nous mettre sur pause pour préserver notre santé et celle de notre public. Mais c’est certain que lorsque la pandémie va être terminée, on va revenir en force.»

Une année festive marquée de plusieurs activités devait ponctuer cet anniversaire bien spécial en 2020.

C’est donc à contrecœur que le report complet des activités du 100e anniversaire a dû être annoncé, confinement et distanciation physique obligent, afin de mieux célébrer cet anniversaire unique le moment venu.

«Dans notre cas, c’était plus facile de dire qu’on ne faisait plus rien cette année. On a donc pris la décision de tout reporter. On prévoit que ça devrait se faire en 2021 et tous les projets prévus pour le 100e, c’est sûr qu’on va les faire et si ce n’est pas l’année prochaine, ça va être une autre année. C’est juste dommage, mais le centième anniversaire va se faire à notre 101e ou peut-être à notre 102e anniversaire», avoue Benoît Pruneau.

Ne sachant pas ce que réserve l’avenir, le Théâtre des Nouveaux Compagnons aurait très bien pu annuler complètement les festivités et passer à la prochaine saison dès que possible. Toutefois, puisque le centenaire d’une troupe de théâtre dans une ville comme Trois-Rivières n’arrive pas tous les jours, il était impensable pour la troupe de préconiser cette option. Ainsi, la passion et la reconnaissance les auront plutôt poussés à faire les choses autrement.

«On tenait absolument à fêter ça, car ce sont beaucoup de gens qui ont contribué au Théâtre des Nouveaux Compagnons depuis longtemps et qui ont la troupe tatouée sur le cœur. Le fait de reporter les festivités, c’est donc une façon de remercier ces gens-là qui ont tous participé à la survie et à la vie de la troupe. En plus, avec les festivités, on souhaite faire un clin d’œil aux années passées et c’était important de souligner un événement du genre comme il se doit.»

Et lorsqu’on regarde le verre à moitié plein au lieu de le voir à moitié vide, et ce, malgré la situation déstabilisante des derniers mois, tout porte à croire que cet arrêt forcé pour le TNC n’aura pas eu que des effets négatifs sur la troupe.

«C’est certain que ce n’est pas la situation idéale, mais on peut aussi se dire qu’il va peut-être y avoir des choses qui vont pouvoir être mieux préparées, puisqu’on va avoir plus de temps que prévu. C’est certain que ce qui était déjà prêt, on va le laisser tel quel, mais il y a également d’autres projets qui étaient plus embryonnaires, donc on va juste avoir plus de temps pour les préparer», estime-t-il.

Un nouveau projet en ligne

Si toutes les festivités ont été remises à une date ultérieure, la troupe qui a toujours le théâtre dans l’âme malgré les derniers mois de confinement ne pouvait se résoudre à le mettre définitivement de côté. C’est pourquoi après avoir fait chauffer les méninges de toute l’équipe au cours des derniers mois, une nouvelle idée s’est révélée être la solution alternative en attendant un retour définitif sur scène. Celle de la diffusion en ligne.

Drôle de mélange pourrait-on dire, mais pas lorsque le projet est bien adapté à cette nouvelle réalité, estime Benoît Pruneau. «Les activités qu’on avait prévues vont se faire plus tard, mais ceci dit, présentement, on est en train de plancher sur de nouveaux projets qui sont loin des pièces traditionnelles. On prévoit donc faire quelque chose en ligne pour cet automne en lien avec le 100e anniversaire. On veut évidemment faire un projet en ligne, mais qui ne sera pas de l’ordre du théâtre comme on le connaît habituellement. C’est donc à suivre.»