Les 13 comédiens/chanteurs ainsi que les 9 musiciens ont peaufiné mardi les derniers détails du spectacle 100 % Broadway que les Productions de la 42e Rue présenteront la fin de semaine prochaine à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture.

100 % Broadway: des classiques mais aussi de l’inédit

TROIS-RIVIÈRES — Le spectacle s’intitule 100 % Broadway mais il pourrait tout aussi bien porter le titre de 100 % inédit puisque pendant les deux heures des trois représentations prévues pour les 18, 19 et 29 janvier, les Productions de la 42e Rue ne présenteront que des pièces qu’ils n’ont jamais offertes à leur public fidèle.

On connaît désormais leur approche selon laquelle ils présentent en été une comédie musicale intégrale et un spectacle original le plus souvent constitué d’un collage de pièces disparates en hiver. N’allez pas conclure pour autant que le spectacle hivernal soit mineur ou moins exigeant pour ses créateurs. «En fait, c’est pas mal plus de travail, juge le directeur artistique William Lévesque. Chaque chanson a son histoire propre, indépendante des autres alors, il nous faut trouver une façon efficace de replacer la pièce dans son contexte avec un élément de décor ou de costume tout en travaillant à lier des chansons disparates entre elles.»

«Par ailleurs, ça exige beaucoup de recherches pour trouver le répertoire, d’autant que comme on n’a que des chansons inédites chez nous, et que certaines sont très récentes et n’ont même pas de partitions disponibles, il m’a souvent fallu faire les arrangements complets. Je pense à un numéro dont la chanson est très complexe et dure quelque 11 minutes: il m’a fallu une cinquantaine d’heures de travail rien que pour celle-là. Heureusement, je suis un acharné par nature alors, je suis venu à bout de toutes les pièces qu’on a choisies.»

Ces choix devraient plaire aux amateurs avertis de comédies musicales puisqu’on puisera notamment à même un répertoire si récent que certaines des productions originales sont encore à l’affiche présentement sur Broadway. La première qui vient à l’esprit est Hamilton le mégasuccès pratiquement inaccessible au commun des mortels à cause de sa popularité. «Certains connaisseurs auront la chance d’entendre des chansons qu’ils ne pourraient voir ailleurs sur scène, dit Lévesque. Je pense à un extrait de Groundhog Day une comédie musicale qui ne fera pas l’objet d’une tournée ou à un autre de Mean Girls qui tient toujours l’affiche à New York. À travers ça, on retrouvera aussi des extraits d’œuvres plus anciennes et connues mais qu’on n’a jamais interprétées. C’est vraiment cool comme programme.»

Il n’y a rien comme de donner des titres de comédies musicales pour mettre l’eau à la bouche des amateurs: il est notamment question de Funny Girl, Mathilda, Something Rotten!, Guys and Dolls, Thoroughly Modern Millie, etc. «En première partie, je dirais que le répertoire est tiré davantage de comédies musicales classiques, analyse William Lévesque, alors que ce sont des choses plus récentes dans la seconde. J’ai trouvé des points communs en termes chronologiques ou de styles pour créer des liens entre les pièces. On utilise différentes astuces pour introduire chaque numéro et ce, dans différentes formes dont, parfois, de courtes saynètes. Ce n’est jamais ennuyant.»

Le directeur musical se dit d’ailleurs redevable à son assistant à la mise en scène Éric Langevin de même qu’à son contingent de 13 comédiens chanteurs et neuf musiciens qui ont dû travailler fort pour tout monter en seulement six répétitions très intenses de trois heures chacune. «Chacun a dû faire beaucoup de travail d’apprentissage à la maison mais nous avons été très efficaces en répétitions. On ouvre le spectacle avec un collage de plusieurs extraits dont on n’interprète que trois mesures et pour chacun, on a des accessoires qui viennent le replacer en contexte. C’est particulièrement exigeant mais l’équipe a fait un travail vraiment extraordinaire.»

«Même si on ne reprend pas une œuvre intégralement, certains numéros sont pas mal complexes alors, on les fait suivre par d’autres, plus simples mais touchants, ce qui donne un bel équilibre à l’ensemble du spectacle. Dans le cas de Hamilton, comme c’est carrément du hip hop et que c’est une première pour nous, on a testé nos interprètes pour s’assurer qu’ils sauraient bien rendre le numéro, ce qui n’était vraiment pas évident. Ils nous ont absolument convaincus qu’on pouvait sans crainte le mettre au programme.»

Globalement, il estime d’ailleurs que la compagnie, qui célébrera bientôt ses dix ans d’existence, a su maintenir un niveau de qualité enviable au cours des années. «Il y a forcément certaines choses que nous faisons mieux que d’autres et chaque production apporte de nouveaux défis qui nous ont permis d’évoluer au cours des années. Personnellement, j’estime que nous nous améliorons constamment ce qui fait qu’on peut toujours se donner des défis plus élevés. La toute première année où on a présenté un spectacle hivernal, il s’agissait essentiellement d’un tour de chant mais là, on est à des lunes de cette formule-là. 100 % Broadway est sophistiqué, bien élaboré, varié et je suis convaincu que ça va plaire à un vaste public parce qu’on touche à toutes sortes de choses. On ne retrouve pas de grands succès que tout le monde connaît comme Memory, tirée de Cats mais toutes les chansons choisies sont accessibles et les gens vont les apprécier à la toute première écoute. Autant les amateurs avertis de comédies musicales que les néophytes vont y trouver leur compte.»

Le spectacle d’une durée globale de quelque 120 minutes sera présenté à la salle Anaïs-Allard-Rousseau le vendredi 18 janvier et le samedi 19 à 20 h ainsi que le dimanche 20 à 14 h. Les billets sont disponibles à la billetterie de la salle Thompson.