J'ai trouvé nos Canadiens particulièrement bien mis. J'ignore si les stylistes ont dû réfléchir très longtemps pour en arriver à l'idée de la canadienne comme uniforme, mais j'approuve.

Vive la canadienne...

Grandioses: on n'imaginait rien de moins pour les cérémonies d'ouverture des Jeux de Sotchi. Une féérie de couleurs, de feux d'artifice, une fascinante leçon d'histoire, un bain de culture, Maria Sharapova; ce que la Russie a de mieux à offrir, en somme.
Ces trois heures et quelque d'émerveillement ont fait l'éclatante démonstration que nous avons beaucoup à apprendre des Russes. Ils ont commencé par le commencement: l'alphabet cyrillique. Demain, on nous enseignera quelques phrases usuelles de base. Mais tant qu'à faire dans l'orthographe, ils auraient au moins pu régler le débat et nous dire si Sotchi prend un T ou pas. Radio-Canada n'a pas tranché et elle offre les deux versions sur son site Web. Moi, j'ai pris une décision: je vais prendre Sotchi avec un T et un nuage de lait, s'il vous plaît.
Les cérémonies d'ouverture des Jeux olympiques constituent, on le sait, le plus grand défilé de mode du monde. J'ai trouvé nos Canadiens particulièrement bien mis. J'ignore si les stylistes ont dû réfléchir très longtemps pour en arriver à l'idée de la canadienne comme uniforme, mais j'approuve. En rouge, évidemment, avec le noir pour symboliser nos deuils de notre bonne réputation sur la scène internationale et d'un gouvernement national démocratique.
Parlant de deuil d'image internationale favorable, qu'est-ce qui s'est passé avec les Allemands? J'ai encore les cônes de ma rétine qui dansent la samba et mon nerf optique qui fait de l'épilepsie après avoir subi les couleurs de leurs uniformes. C'est une prise de position en faveur des daltoniens, ou quoi? Autre choix étonnant: les Américains ont choisi de porter un uniforme qui sert également de test de calibration pour les téléviseurs haute définition.
Curieusement, ça m'a fait penser à Richard Garneau dont j'ai soudainement regretté l'immense classe et la sobre élégance. Je n'ai rien contre Patrice Roy ou Marie-Josée Turcotte mais le grand homme m'a manqué. Si lui avait été à la description, je suis sûr que le micro de l'interprète de l'hymne olympique aurait fonctionné et que les anneaux olympiques se seraient tous déployés au début de la cérémonie.
Avec le peu que je connais du président russe, je soupçonne d'ailleurs qu'un régisseur en chef de spectacle et quelques techniciens sont présentement en route pour aller remplir un long contrat dans un établissement pénitentiaire de la Sibérie ultra septentrionale. Je dis ça mais dans l'ensemble, on a senti Vladimir Poutine ivre de bonheur. Tellement qu'à un certain moment, il a failli esquisser un rictus qui aurait pu être interprété comme un sourire. Après avoir découvert des amphores antiques en plongée sous-marine, piloté une Formule Un, battu une équipe formée de légendes du hockey russe, pêché un brochet de 20 kg, neutralisé un tigre de Sibérie, son plus prodigieux exploit, ça serait d'afficher un grand sourire bien franc. Là, je serais impressionné.
D'accord, je conviens que Super Poutine sait tout faire avec succès, seulement, il faut bien l'avouer, son latin est merdique. Depuis le début du dossier JO, il s'est complètement gouré dans la devise olympique: il a confondu Citius, Altius, Fortius avec Veni, vidi, vici.
Il fallait s'y attendre, on n'a pas lésiné sur les feux d'artifice; énormément de bombes ont sauté lors de ces cérémonies mais heureusement, elles provenaient toutes du bon camp. Il faut le voir comme un avertissement à tout ennemi potentiel: avec le nombre de pétards qu'ils ont fait sauter, il apparaît indubitable que la Russie possède une incroyable réserve de poudre noire.
Sans doute aurez-vous noté que les représentants de l'Inde s'affichaient comme indépendants. Il y aurait eu ingérence politique et leur comité national a été suspendu par le CIO. Je ne sais pas si quelqu'un compte faire enquête sur toute l'organisation des Jeux de Sotchi mais j'ai cru comprendre qu'il planerait peut-être de légers soupçons d'irrégularités et d'ingérence politique dans le dossier. Vous mettez la juge Charbonneau sur le coup et je vous garantis que la délégation des athlètes indépendants va se renforcer au point de lutter pour la première place du classement des médailles des futurs Jeux d'hiver jusqu'à la fin des temps.
Trêve de balivernes: laissons maintenant s'exprimer l'idéal olympique et partons à la chasse aux dopés.