Fabiola Toupin a offert dix représentations de son spectacle Fabiola, Piaf et Brel en France et en Belgique en décembre. Elle le présentera au Québec à compter de février.

Vingt ans de Piaf et de Brel

Voilà déjà 20 ans que Fabiola Toupin interprète les répertoires de Jacques Brel et d'Édith Piaf. En 1993, elle les chantait au Cégep de Trois-Rivières, et en 2013, elle terminait l'année en France et en Belgique, où elle a fait revivre ces deux monuments de la chanson française en formule piano-voix.
S'échelonnant du 7 au 22 décembre, cette tournée de dix concerts suivait la sortie de l'album Fabiola, Piaf et Brel, paru le 12 novembre. Ce troisième disque de l'artiste trifluvienne regroupe huit pièces du chanteur belge disparu en 1978, et autant de la Môme, dont on a souligné le 50e anniversaire du décès en octobre dernier.
Fabiola Toupin avait prévu les dates de ses spectacles européens en fonction de l'agenda très chargé de son pianiste accompagnateur Guillaume Marchand. Mais trois semaines avant le départ, celui-ci a dû se décommander pour accorder la priorité à la chanteuse Marie-Mai, pour laquelle il agit comme claviériste.
«Moi, j'ai une philosophie comme quoi il n'arrive rien pour rien. Ça m'a permis de découvrir un jeune musicien exceptionnel. C'est une chose d'être musicien, mais c'est aussi un métier, être accompagnateur», commente la chanteuse en vantant Gabriel Bertrand-Gagnon, avec qui elle n'avait jamais travaillé avant de le recruter pour les concerts de décembre en Europe.
Ensemble, ils se sont produits dans trois salles pouvant réunir quelque 300 spectateurs chacune, ainsi que dans sept salons privés. Le duo a joué dans des villes de taille comme Bruxelles, Namur, Orléans, Angers et Tours, tout comme dans de plus petites communautés telles Saint-Nicolas-de-Redon ou Saint-Rémy-la-Varenne.
«Les concerts en salon, chez des particuliers, pouvaient se faire devant 20 ou 60 personnes. Parfois, c'était dans des petits appartements ou d'autres fois dans de grandes maisons. C'était soit chez des gens que je connaissais déjà, ou encore chez d'autres qui, via mon site Internet, m'avaient demandé d'aller chanter chez eux», précise-t-elle en évoquant la formule des concerts de salon.
Un public ouvert
Fabiola Toupin peut compter sur un public déjà conquis en Europe. Mais à chaque nouvelle tournée, elle séduit de nouveaux adeptes. Par exemple, les gens qui la reçoivent dans l'intimité de leur chez-soi invitent des dizaines d'autres personnes à la découvrir. Même phénomène de bouche à oreille, combiné à la publicité, pour ce qui est des concerts en salles.
«C'était une organisation de tournée bien orchestrée, avec beaucoup de publicité. J'ai même eu des propositions de contrats pour l'année prochaine», apprécie la chanteuse.
On se doute que comme l'ensemble de la francophonie, les Français et les Belges ont entendu maintes et maintes versions des succès d'Édith Piaf et de Jacques Brel; et d'autre part, on constate qu'une partie du public européen est aussi fascinée par les artistes québécois qui présentent du répertoire... québécois. Comment les cousins outre-Atlantique reçoivent-ils une chanteuse québécoise qui puise dans le répertoire de la chanson française?
«Ils aiment ce répertoire, et il semble qu'ils apprécient la façon dont je l'interprète. Ça fait longtemps que je chante du Brel et du Piaf. Ce sont des artistes qui ont un grand rayonnement. À mes débuts, les gens auraient pu dire: "Pour qui elle se prend, elle, pour chanter du Brel et du Piaf?'' Mais je n'ai jamais eu ce genre de réaction», répond Fabiola Toupin, visiblement à l'aise avec le répertoire qu'elle s'est approprié au fil des ans.
La chanteuse entreprendra sa tournée Fabiola, Piaf et Brel au Québec en février. Son nom figurera notamment à la programmation de salles comme le Théâtre Granada de Sherbrooke, le Théâtre Saint-Denis 2 de Montréal, le Club Dix30 de Brossard et le Grand Théâtre de Québec.
L'artiste souligne l'importance de sa récente association avec le producteur Jean-Claude Labrosse dans la planification de ces concerts. «Il croit beaucoup au spectacle. Moi toute seule, je ne pouvais pas prendre le risque de me produire au Théâtre Grenada ou au Saint-Denis. C'est un beau cadeau, cette association-là. Ça m'enlève beaucoup de poids. Ce n'est pas évident pour une artiste de se vendre tout le temps...»
Avant les dates officielles de la tournée, on pourra voir et entendre Fabiola Toupin dans la région le 19 janvier au Gîte de la Maison des Leclerc dans le spectacle La chanson québécoise se raconte et se chante avec Gilles Hamelin et Patricia Powers, et le 30 janvier à la Maison de la culture Francis-Brisson dans le cadre de la série Émergence. Elle sera par ailleurs en résidence à l'Auberge Godefroy de Bécancour les vendredis du 18 juillet au 22 août.