L'entreprise qui cherche à établir une usine de gazéification dans le parc industriel et portuaire de Bécancour, 3R Synergie, a trouvé 70 % du financement requis grâce à une entente avec une institution financière chinoise.

Usine de gazéification: une partie du financement trouvée

Le projet d'usine de gazéification à Bécancour a effectué une nouvelle enjambée vers l'avant. L'entreprise qui travaille à sa réalisation, 3R Synergie, a trouvé une partie du financement requis afin d'aller de l'avant.
Ce n'est pas au Québec, mais en Asie que ces garanties financières ont été dégotées, raconte le président de la société, Charles Moreau. Une institution financière chinoise assurera ainsi 70 % des 264 millions de dollars requis afin de développer le projet de Bécancour, mais aussi toute autre usine bâtie en terre canadienne.
Depuis plus de deux ans, 3R Synergie tente de mettre sur pied une usine dans le parc industriel et portuaire de Bécancour. La firme dispose du monopole canadien de la technologie suisse Thermoselect, qui vise à convertir les déchets ultimes, qui ne peuvent être recyclés, en matières réutilisables et en énergies synthétiques. Le tout a pour but d'éviter l'enfouissement de déchets, mais aussi de remplacer l'utilisation d'énergies fossiles, comme le pétrole.
L'intérêt chinois dans ce dossier aura toutefois des répercussions ailleurs qu'au Canada, puisqu'en échange de ce financement, 70 % du contrat de mise en place de l'usine, principalement relié à la fabrication de diverses machineries permettant au procédé d'opérer, sera effectué en Chine, avant que le tout soit transporté à Bécancour.
«Nous avons un lien d'affaires avec une firme d'ingénierie chinoise de qualité internationale. Ça nous amènera à faire la fabrication de composantes là-bas. Mais il y a une bonne partie (de la production) qui sera faite localement», affirme M. Moreau.
L'arrivée d'un partenaire de la sorte pourrait ainsi pousser le projet vers l'avant, celui-ci en étant encore au stade de l'étude de faisabilité.
«Il y a des discussions actuellement pour une expansion vers le Canada et le Québec. Ce financement permettra d'accélérer le processus d'implantation. Bécancour est notre premier projet», spécifie le président de l'entreprise.
Avec l'aide du Fonds de diversification?
Ainsi, 3R Synergie devra trouver près de 80 M$ afin d'assurer que son plan aille de l'avant. Certains investisseurs auraient démontré de l'intérêt, selon M. Moreau. Celui-ci garde aussi un oeil sur le Fonds de diversification de 200 M$ mis de l'avant par le gouvernement du Québec à la suite de la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2. Toutefois, l'arrivée du Parti libéral à la tête de la province a ralenti le processus et les communications se font rares. Il n'est pas exclu que le projet voit le jour avec une participation uniquement privée.
«Nous avons fait beaucoup de démarches et eu des discussions avec plusieurs instances gouvernementales, pas juste le fonds. Nous ne sommes pas fermés, mais on continue d'aller vers l'avant. Il y a des avantages et des inconvénients des deux côtés.»
Encore faut-il que la firme prouve que son projet peut bel et bien être profitable. 3R Synergie sonde actuellement la province afin de savoir s'il elle peut s'approprier suffisamment de matières résiduelles pour que l'usine fonctionne en plein régime. Elle tente aussi de trouver des acheteurs potentiels pour les produits transformés, comme le gaz synthétique.
«Ma préoccupation, pour moi, c'est d'aller de l'avant avec l'étude de faisabilité. C'est le nerf de la guerre de valider nos hypothèses financières, peu importe que le projet se fasse avec l'aide du fonds de diversification ou encore de manière privé. Il faut arriver avec les informations exactes.»
Au final, si l'aventure connaît son dénouement, 125 emplois devraient être créés à l'usine, ainsi que 25 autres dans un centre de recherche et développement appliqué qui sera mis en place à Bécancour.
À l'hôtel de ville, le maire Jean-Guy Dubois préfère attendre avant de se frotter les mains.
«Nous avons tellement été échaudés par le passé que nous sommes portés à attendre avant de se prononcer. Je pense qu'il y a quelque chose de sérieux là-dedans et les gens sont en contacts avec la Ville régulièrement.»