Naïd proposera un spectacle inédit ce jeudi à 20 h à la salle Louis-Philippe-Poisson de la Maison de la culture.

Une rencontre unique avec Naïd

Puisqu'il faut parfois poser des étiquettes pour décrire de quoi on parle, Naïd a déjà classé son art comme du rap, avant d'adopter l'appellation slam. Encore réticent à l'idée de catégoriser sa production artistique, il parle maintenant de «poésie musicale». C'est à travers un spectacle unique intitulé Rencontres qu'il partagera sa façon bien à lui d'arrimer mots et musique et qu'il exposera là où il en est dans sa démarche.
L'unicité du spectacle tient de son caractère inédit et du fait qu'il ne s'inscrit pas dans le cadre d'une tournée. L'artiste a lancé son dernier album en octobre 2012, mais les événements et circonstances de la vie ont fait qu'il ne l'a pas vraiment porté sur scène d'une manière formelle.
«Depuis la sortie de l'album, j'ai fait beaucoup d'ateliers d'écriture et j'ai continué à collaborer sur les projets d'autres artistes. Aussi, j'ai eu deux filles entre mai 2012 et octobre 2013...», explique Naïd, alias Dany Carpentier, qui s'est par ailleurs présenté comme conseiller municipal aux élections de novembre dernier dans le district Laviolette.
Celui qui s'était entre autres fait connaître comme fondateur de l'organisme Jeunesse Hip Hop Mauricie et du Festival Urbain travaille maintenant au sein de l'organisme jeunesse Aux trois pivots, dédié à la résolution de conflits. Naïd considère la musique comme une soupape qui lui permet, entre autres, d'exprimer les réflexions inspirées par ses rencontres avec les gens. D'où le titre de son spectacle, Rencontres.
«Je dis parfois: "Je rencontre, donc je suis!''», mentionne-t-il en adaptant la célèbre formule de Descartes «Je pense donc je suis».
«Mon premier vrai spectacle, c'était La chambre noire. J'étais plus dans ma bulle, c'était plus brut. Puis à force de faire des ateliers d'écriture, je me suis ouvert. Par exemple, j'ai joué au FestiVoix, alors je devais m'adresser à des gens de tous les âges; ça m'a amené à ouvrir mes textes. Maintenant, je me laisse inspirer sans me mettre moi-même une étiquette. De toute façon, aujourd'hui, dans la musique, on est dans le mélange», décrit Naïd.
En 2010, il lançait un mini-album, Son de quartier, comprenant six chansons. Deux ans plus tard paraissait son premier «vrai disque», À la mesure de mon temps, un opus qui illustre bien ce métissage d'influences et de genres auquel il fait référence.
Pour le rendez-vous proposé ce jeudi à 20 h à la salle Louis-Philippe-Poisson de la Maison de la culture, Naïd a sollicité la participation d'artistes de la région. «Ce sera un spectacle très varié, divisé moitié-moitié entre les chansons du dernier album et des collaborations sur des textes inédits. C'est important pour moi de ne pas être monotone, que les gens soient surpris, que je puisse les accrocher», indique-t-il.
«Il y aura des textes de slam plus a cappella, d'autres plus rap, et des fois ce sera plus chanté, même si je ne suis pas un "chanteur''. Et ce qu'il y a de bien avec la salle Louis-Philippe-Poisson, c'est la belle proximité avec les gens», continue-t-il. La pianiste de jazz Julie Hamelin et le percussionniste Basile Seni se joindront à Naïd, tout comme Street Circus, une formation de danse urbaine.
«Je veux avoir une portée, que les gens se servent de mes réflexions. Avec ce spectacle, les gens vont voir où je suis rendu et se douter d'où je m'en vais. Ce sera un spectacle unique, qui marque le début d'une autre étape», conclut Naïd, qui ne cache pas qu'il aimerait s'entourer de musiciens professionnels de la région pour ses prochains projets, question d'enrober ses mots d'une touche plus... musicale, justement.