Steeve Diamond

Une nouvelle porte s'ouvre pour Steeve Diamond

L'apparition sur le marché d'un album de Steeve Diamond en tant que chanteur n'est guère une surprise pour avoir vu et entendu l'artiste originaire de Saint-Boniface Nord chanter sur de nombreuses scènes. Seulement, c'était toujours avec le masque d'imitateur ou d'humoriste. Aujourd'hui, il se révèle comme interprètes ur un premier album intitulé Sinfonia.
Diamond indiquait pourtant en entrevue avec le Nouvelliste que bien que l'idée lui a longtemps trotté dans la tête, l'album n'était pas une urgence pour lui. «Autour de l'année 2000, déjà, une représentante d'une compagnie de disque m'avait parlé d'enregistrer un album mais dans ce temps-là, ça ne m'intéressait pas vraiment. L'idée était dans un tiroir de mon cerveau dans la catégorie des choses que je pourrais faire un jour.»
«L'an dernier, j'ai fait la première partie des spectacles qu'Éric Lapointe donne dans le sud durant la période des Fêtes. Là, le directeur musical de Marjo, Pascal Mailloux, m'en a reparlé. Deux jours après mon retour de la Jamaïque, il m'envoyait un message pour qu'on se rencontre. Il voulait que je fasse un album que je pourrais vendre lors de mes spectacles. Ça me convenait.»
«Lors de l'enregistrement, on a rencontré Raymond Duberger, du Studio Multison et lui nous a proposé de le commercialiser par la maison de disques Artic, de poursuivre le chanteur. L'occasion était trop belle pour refuser.»
Connu pour sa puissante voix de ténor et ses imitations, l'artiste voulait un certain nombre de chansons originales sur son premier album et justement, Pascal Mailloux en avait à lui proposer.
Ainsi, c'est ce dernier qui a composé les musiques de Mélancolie, Le plus joli des secrets ou Dis-moi que tu m'aimes en plus de signer les arrangements de quelques reprises comme Amigos para sempre ou La fin du show.
«Pascal m'a envoyé un paquet de chansons qui m'allaient bien. J'ai pigé là-dedans celles qui me touchaient le plus. C'est pour ça que l'album n'est composé que de coups de coeur.»
Par ailleurs, comme il se passionne pour la langue italienne apprise au cours des dernières années, Diamond n'a pas manqué d'inclure une chanson originale dans cette langue; c'est même la chanson qui a donné son titre à l'album.
«C'est une chanson que Vincenzo Thoma m'avait écrite vers 2001 et que je n'avais pas enregistrée. Je m'en suis souvenu quand j'ai plongé dans la confection de l'album.»
Pour les reprises, il puise dans différents genres, toujours guidé par l'émotion. «J'ai souvent fait La quête de Brel mais Voir un ami pleurer est une de ses plus belles dans un style plus intimiste. Femmes, de Julien Clerc, c'est une des premières chansons que j'ai chantées à la télévision. Je revois mon père qui m'écoutais et qui pleurait. Elle me tient à coeur.»
«De façon générale, c'est un album qui me ressemble; j'y tenais. Même quand je reprends Nessun Dorma, de Puccini, je l'interprète à ma façon en respectant mon registre naturel de ténor dramatique.»
«Je suis très content du résultat. On travaille fort pour que les chansons tournent à la radio. J'aimerais que ça marche bien, évidemment, mais en même temps, je ne veux pas abandonner tout le côté humour. On a encore une série de spectacles des Drôles de ténors en 2015 mais je me vois bien avoir un parcours parallèle en chanson.»
Depuis trois ans, il connaît beaucoup de succès en Europe au sein d'une formation appelée Les quatre sans voix avec le Belge Fabian LeCastel, le Français Laurent Chandemerle et le Suisse Yann Lambiel.
«On a donné 22 spectacles en 28 jours en décembre dernier en Suisse et on a aussi fait une autre tournée en Belgique. Ça fonctionne super bien. À l'heure actuelle, je fais trois mois en Europe et je reviens ici pour quatre mois. J'adore voyager, alors, ça me convient.»
«L'ouverture sur l'Europe est arrivée juste au moment où prenait fin ma série de spectacles dans l'ouest canadien et les États-Unis, il y a trois ans. Je suis très conscient que c'est un métier incertain et je me sens très privilégié d'être aussi occupé et de bien y gagner ma vie. J'ai le corporatif qui roule bien aussi. Disons que la chanson ouvre une autre porte.»