Au moment de clore les activités du Salon du livre, on a procédé à l'annonce des gagnants des prix des lecteurs. De gauche à droite, on retrouve: Louise Lacoursière (Prix des lecteurs), Bryan Perron, (Prix des jeunes lecteurs) et la directrice générale du Salon du livre, Julie Brosseau.

Une météo aussi folle que le Salon

La 26e édition du Salon du livre de Trois-Rivières s'est terminée dimanche, en fin d'après-midi sur un constat de succès. L'événement a peut-être accueilli un peu moins de monde que l'an dernier mais essentiellement, on doit cette diminution à la présence d'un invité imprévu et pas du tout apprécié: une bordée de neige aussi tardive que fâcheuse pour la saison.
<p>Dans un souci de développer la relève des lecteurs, le Salon du livre a demandé à huit auteurs de la région de lire des extraits d'oeuvres destinées aux jeunes lecteurs. On voit ici le Trifluvien Guy Marchamps en train de s'exécuter.</p>
<p>Samedi soir, le comédien James Hyndman a offert au public présent une lecture d'extraits du roman <em>Le liseur</em> de Bernhard Schlinck.</p>
Cela n'a pas empêché le Salon de vivre la folie dont il a fait son thème en proposant une programmation couvrant un large spectre. Les visiteurs ont notamment eu droit à de la haute voltige dans deux différentes acceptations du terme: l'intellectuelle, avec la rencontre des auteurs Alain Farah et Gabriel Nadeau-Dubois traitant de leurs emportements politiques et la physique avec une table ronde autour de la lutte professionnelle avec les auteurs de À la semaine prochaine, si Dieu le veut!, Bertrand Hébert et Patric Laprade accompagnés des lutteurs Gino Brito et Sylvain Grenier. Comme quoi, tous les publics étaient les bienvenus.
Dans le contexte de lutte électorale dans laquelle est plongé le Québec, les livres de Farah (Pourquoi Bologne) et Nadeau-Dubois (Tenir tête) mais surtout les propos des deux auteurs sonnaient lourdement. L'ex-leader étudiant s'est d'ailleurs décrit comme un militant, d'abord et avant tout, qui a écrit un livre.
Un bouquin qui lui a servi à faire la transition entre sa très intense expérience sur le terrain et son retour aux études. «Il s'est dit énormément de choses et beaucoup de faussetés sur cette mobilisation étudiante, a-t-il notamment expliqué. C'était important pour moi de présenter ma vision des choses. Je l'ai fait de façon totalement honnête et transparente si ce n'est pour une portion d'un chapitre où j'ai dû me censurer quelque peu à la suite de discussions avec mes avocats parce que je fais toujours l'objet d'une poursuite judiciaire.»
«J'ai ragé, pleuré et crié en écrivant ce livre. C'est un livre politique mais ce n'en est pas moins un livre intime. La promulgation par le gouvernement de la loi spéciale est un événement qui a carrément changé ma vie et me replonger dans les événements a été un processus douloureux. Ce livre-là m'a libéré. J'ai beaucoup moins à me justifier parce que le livre est tellement sincère que j'ai tout dit. Si quelqu'un est en désaccord avec mes positions, c'est ainsi et c'est tout. Il n'y a rien à rajouter.»
Son propos, remarquablement articulé, a trouvé un savant pendant chez son vis-à-vis avec lequel il partage non seulement une amitié mais plusieurs convictions.
Baisse d'achalandage
En ce jour de clôture, le bilan était de mise et la directrice générale du Salon, Julie Brosseau, en traçait un totalement satisfaisant. «On a eu un très beau salon. On est vraiment très contents. Ç'a été complètement fou: ça se termine avec de la neige et moi qui en suis à mon dixième Salon, je n'ai jamais vu ça. Or, malgré ça, alors qu'on s'attendait au pire en terme d'achalandage aujourd'hui, on a quand même eu pas mal de monde tout au long de la journée. On devrait atteindre le chiffre de 12 000 personnes sur la durée de l'événement, ce qui est très satisfaisant. L'an dernier, on en a eu 13 000, mais sans la neige.» Avec l'ajout des participants aux activités hors les murs, on parle d'un total d'environ 13 500 personnes.
Pour établir le succès du Salon, la directrice générale dit se fier davantage aux commentaires des auteurs, exposants et visiteurs qu'au chiffre de la fréquentation. À ce titre, les commentaires ont été très positifs. «Pour avoir des visiteurs, ça nous prend d'abord des éditeurs et ceux-ci nous ont donné des commentaires très élogieux. Ils trouvent que c'est un beau Salon, ils aiment y venir et nous trouvent très professionnels.»
«Par ailleurs, les visiteurs sont au rendez-vous, année après année, comme les médias et on sent dans la ville qu'il se passe ici quelque chose d'important. Et ça, pour nous, c'est très important.»
Les activités hors les murs ont été un des aspects les plus positifs de cette 26e édition. «Jean-Marie Lapointe et Martin Michaud sont revenus complètement enchantés de leur expérience au Centre de détention de Trois-Rivières, une activité qu'on a repris cette année après plusieurs années d'absence. Dans les résidences pour personnes âgées, ça a également très bien fonctionné.»
Les Prix
La cérémonie de clôture est, traditionnellement, l'occasion de remettre les prix du public. La région a été à l'honneur parce que l'auteur jeunesse qui a reçu le plus de votes du public est Bryan Perro. Le prix des lecteurs est, pour sa part, allé à Louise Lacoursière.
On a aussi couronné les gagnants de la dictée du Salon présentée dimanche. Dans la catégorie scolaire, on a couronné Félix-Antoine Guilmette, de l'école Jean-Raimbault devant Étienne Beaulac, de l'Institut secondaire Kéranna et Dannick Giguère, du Séminaire Sainte-Marie. Côté grand public, la palme est allée à Cyrielle Ferland suivie de Micheline Olivier et Antoine Martel.