Sur l'ensemble de la consommation électrique d'une station de ski, comme ici à Vallée du parc, la fabrication de la neige constitue la portion saillante et stratégique, selon l'Association des stations de ski du Québec.

Une hausse qui fait mal à Vallée du parc

Malgré un mois de janvier difficile en raison du froid, la saison 2013-2014 s'avère «très bonne» à Vallée du parc. Or, voilà que l'annonce d'une hausse des tarifs d'électricité de 4,3 % pour le 1er avril est venue assombrir le ciel bleu qui prévalait  sur le centre de glisse de Shawinigan.
«C'est inadmissible. L'électricité, c'est notre deuxième plus grande dépense, soit 200 000 dollars par année. Ça fait 8000 dollars de plus qui vont sortir de mes états financiers. C'est considérable», déplore le directeur général, Alain Beauparlant, qui cherche des alternatives pour réduire les coûts énergétiques.
Mais celui-ci sait déjà qu'il en sera question lors du congrès de l'Association des stations de ski du Québec prévu au début du mois de juin.
D'ailleurs, lors de la consultation publique sur les enjeux énergétiques du Québec en septembre 2013, l'organisme provincial avait déposé un mémoire pour une tarification de l'électricité mieux adaptée aux réalités saisonnières des stations de ski du Québec. Et on y parlait de «taux prohibitifs que ni Hydro-Québec, ni la Régie ne sont en mesure de rectifier», les deux instances «se renvoyant mutuellement la responsabilité de décider en cette matière».
D'entrée de jeu, on rappelait que sur l'ensemble de la consommation électrique d'une station de ski, la fabrication de la neige constitue la portion saillante et stratégique. De plus, le caractère saisonnier et les puissances élevées requises sont diamétralement opposées aux politiques tarifaires d'Hydro-Québec «et pénalisent grandement ce type d'utilisation».
«Il faudrait aujourd'hui revoir les modalités de tarification spécifique de l'électricité pour les stations de ski et s'assurer de les mettre à jour pour retrouver une position économique favorable à l'amélioration de la situation de l'industrie», avait-on plaidé.
Selon l'Association, la tarification particulière adoptée au début des années 80 pour la fabrication de la neige et les conditions réglementaires s'y rattachant avaient considérablement amélioré la compétitivité des stations de ski québécoises.
Par ailleurs, cette tarification a incité une majorité de stations à multiplier les branchements électriques, particulièrement pour l'alimentation des remontées mécaniques, pour l'éclairage et le chauffage des bâtiments d'accueil et de soutien et pour l'éclairage des pistes, le cas échéant. Cette façon de faire a mené à la mise en place de réseaux souvent complexes et peu efficaces pour gérer les demandes.
Or, la cessation du programme en 1997 a de plus été couplée à un rattrapage de revenus pour Hydro-Québec de 8 % par année, ce qui a progressivement érodé la compétitivité des stations de ski québécoises en comparaison des situations tarifaires d'autres stations dans le Nord-Est des États-Unis.
«L'industrie du ski est également fortement pénalisée par le caractère saisonnier et sporadique de sa demande électrique. De fait, il appert que l'industrie du ski est le principal client d'Hydro-Québec à défrayer une pénalité hivernale associée au tarif de moyenne puissance courte durée», faisait-on remarquer.
L'Association offrait donc comme pistes de solutions des changements significatifs apportés à la grille tarifaire d'électricité des stations de ski: retirer la pénalité hivernale/prime de puissance mensuelle pour les tarifs de courte durée, introduire un principe de branchement saisonnier plus flexible, déterminer et moduler des tarifs pour une catégorie particulière, comme cela existe dans d'autres secteurs d'activité.
D'ailleurs, le directeur général de Vallée du parc n'a manqué d'évoquer les tarifs préférentiels qui viennent d'être consentis à Alcoa. «On espère que ça va aller mieux alors que l'attaché politique du ministre délégué au Tourisme est l'ancien directeur des communications de l'Association et qu'il est donc déjà sensibilisé», conclut celui qui parle «d'un produit très important» à soutenir, cette industrie générant des retombées de 800 millions de dollars et plus de 33 000 emplois directs et indirects au Québec.