La fermeture de la centrale Gentilly-2 fera très mal aux MRC de Bécancour et Nicolet-Yamaska.

Une campagne électorale sur «Fonds» d'après-Gentilly-2

S'il y a une région au Québec qui veut entendre parler de développement économique au cours de la présente campagne électorale, c'est bien celle de Bécancour. Ce n'est pas tous les jours qu'un milieu perd d'un seul coup un employeur aussi majeur que la centrale nucléaire Gentilly-2. Maintenant que les effets de la perte de 800 emplois directs commencent à se faire sentir, les intervenants économiques et politiques demandent aux partis et aux candidats d'avoir une oreille attentive à leurs attentes.
«Le taux de chômage, qui frôle le 10 % dans la région, est parmi les plus élevés. On est une zone en difficulté, c'est intolérable», lance sans détour le président de la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec, Jean-Guy Doucet.
Pour sa part, le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, entend bien remettre sa liste d'épicerie aux divers candidats. D'autant plus que la période électorale coïncide avec le dépôt déjà prévu le 26 mars prochain du bilan de son chantier économique qui couvre quatre thématiques: la PME, l'identité de Bécancour, le volet formation-éducation-emploi et la sous-traitance.
Mais de toute évidence, le développement du parc LaPrade se retrouvera au coeur du plan d'action et donc, des demandes d'aide gouvernementale. Des discussions sont toujours en cours avec le propriétaire des lieux pour en faire un parc industriel municipal. Ce site devrait d'ailleurs accueillir un Centre de gestion intégrée des halocarbures susceptible d'être financé par le Fonds de diversification économique de 200 millions de dollars.
Évalué à trois millions de dollars, ce projet créateur d'une dizaine d'emplois vise à doter le Québec d'une infrastructure unique, dédiée à la gestion et à l'élimination sécuritaire des gaz réfrigérants et des agents de gonflements. Ces substances contribuent à l'appauvrissement de la couche d'ozone et aux changements climatiques.
Par ailleurs, la seconde phase du développement du parc LaPrade implique le concept IFA pour Incubateur, Facilitateur et Accélérateur.
Quant au fonds de diversification économique, le premier magistrat dit en être «au début du processus». «On n'a pas l'infrastructure des grandes villes, on part de loin. Et on n'a pas beaucoup de PME de 25 à 75 employés, ayant de la grande entreprise et des très petites entreprises. On va travailler le fonds de façon différente des autres. On commence à se l'approprier», explique-t-il.
Chose certaine, le maire Dubois aura dans sa poche «beaucoup de projets au niveau récréotouristique» en vue du 50e anniversaire de la ville en 2015.
En ce qui concerne le parc industriel de Bécancour, il «veut voir aux retombées» de ce qui va s'y passer. «Il y a un bon conseil qui s'occupe du parc», a-t-il tenu à souligner.
De son côté, le président de la Chambre, Jean-Guy Doucet, ne manque pas de surveiller l'entreprise IFFCO qui devrait débuter cet été la construction de son usine d'engrais au coût de 1,2 milliard $, maintenant que l'étape du BAPE a été franchie. Outre le millier d'emplois temporaires rattachés à sa mise en chantier, quelque 250 personnes devraient y travailler en permanence à compter de 2017.
«Il y a aussi le dossier des terres rares, il faut que ça chemine et accélérer le processus d'autorisation de l'Environnement», poursuit-il, faisant allusion au projet de Minéraux rares Quest qui consiste à construire une usine hydrométallurgique au coût de 1,3 milliard $.
Interrogé à savoir comment il composerait avec un député péquiste dans Nicolet-Bécancour qui représenterait un parti responsable de la fermeture de Gentilly-2, M. Doucet se dit «à l'aise avec tout député qui va travailler fort sur tous ces projets-là et qui va défendre l'intérêt de la région et de l'ensemble de la grande région», affirme celui qui souhaite d'ailleurs une collaboration régionale pour attirer des grandes entreprises, donnant l'exemple de l'appui envers Shawinigan dans le dossier de FerroAtlántica.
Finalement, ce dernier n'entend pas «partir une bataille» au niveau régional pour le gaz de schiste, mais il souhaite toujours le doublement de la 55 ou, du moins, une amélioration au plan de la sécurité.
«Un débat entre les candidats est envisagé par la Chambre», fait savoir celui qui n'est pas sans se réjouir de l'entente intervenue entre le gouvernement Marois et Alcoa au sujet des tarifs d'électricité. «C'est un baume qu'on attendait, une excellente nouvelle qui amène des investissements», conclut celui qui rencontrera sous peu les dirigeants de l'entreprise pour en savoir davantage sur leurs intentions.