GSP: l'ADN d'un champion est davantage un véhicule promotionnel qu'un document visant à faire connaître la star.

Un parfait gentleman

Georges St-Pierre est une mégastar planétaire. Qu'un documentaire lui soit consacré n'a rien de surprenant. Qu'il prenne l'affiche dans les salles de cinéma l'est un peu plus parce que cette forme cinématographique n'est que rarement destinée aux salles commerciales. Seulement, c'est une sortir limitée dans 100 salles au pays pour trois représentations seulement, les 22 et 24 février après celle de jeudi dernier.
Depuis quelques années, on retrouve en salles des documentaires portant sur les stars du moment, le plus souvent dans le domaine de la chanson. On l'a vu pour Justin Bieber, le groupe One Direction et même Michael Jackson pas très longtemps après son décès. Ces films sont davantage des hommages aux vedettes que des documentaires. Il en est de même de GSP: l'ADN d'un champion bien davantage un véhicule promotionnel qu'un document visant à vraiment faire connaître la star. Le film s'adresse donc davantage aux fans, très nombreux, de cet exceptionnel combattant.
Or, il importe de le dire, le film est plutôt bien réussi quant à tous les aspects qui ne concernent pas le propos. Les images de combats, le plus souvent au ralenti, sont particulièrement impressionnantes de précision, de netteté et de force dramatique décuplée par le fait qu'elles ont été prises sur le vif.
GSP: l'ADN d'un champion raconte la carrière de St-Pierre. Le milieu modeste mais chaleureux dont il est issu, ses premières expériences en arts martiaux, sa détermination. On rencontre ses entraîneurs, sa famille, on raconte des anecdotes. Comment il est arrivé dans un gymnase new-yorkais pour y apprendre les rudiments du Jiu-jitsu avec tout juste dans les poches l'argent comptant pour payer le premier cours. Comment il est revenu, fidèlement, à chaque semaine, en faisant à chaque fois le trajet Montréal-New York.
St-Pierre se raconte également mais sans jamais faire d'ombre à l'image de la bonne personne qu'il est. L'arc dramatique du film est axé sur sa progression au niveau professionnel vers des combats de plus en plus importants et culminant avec un affrontement contre Nick Diaz, le méchant de service. Arc brisé par une terrible blessure de St-Pierre nécessitant une intervention chirurgicale au genou. Nourri par sa haine à l'endroit du seul adversaire pour lequel il ait ressenti de la haine au cours de sa vie, il reviendra au plus haut échelon à force de courage, de persévérance et de talent, bien sûr.
Non seulement il l'emportera, mais les réalisateurs Peter Svatek et Kristian Manchester s'assurent plutôt deux fois qu'une, de bien nous montrer comment St-Pierre a fait preuve d'esprit sportif dans l'octogone en cherchant, par des gestes d'amitié extraordinaires, à sublimer sa haine au terme d'un affrontement d'une terrible violence.
Georges St-Pierre est un parfait gentleman.
Tout le film, malgré ses efforts, sonne faux. À la limite de la manipulation. Sous le couvert plus ou moins honnête d'un document destiné à faire connaître un grand champion, on nous dessine un homme merveilleux dans une entreprise bien structurée de déification.
De plus, dans une tentative maladroite de donner du contenu à la chose, on nous sert ad nauseam une allégorie: Georges St-Pierre est un loup. On insère à travers les images réelles et d'archives, des scènes en noir et blanc de loups courant dans la nature, au ralenti. Quand Georges St-Pierre se déchire le ligament croisé antérieur du genou à l'entraînement, le loup revient mais cette fois, il boîte et une de ses pattes est tachée de sang. La figure de style va impressionner les enfants. Que les enfants.
Toute l'entreprise sent la promotion à plein nez. Une promotion lourde, faite avec des moyens conséquents, réalisée par des professionnels... de la pub.