La Ville de Shawinigan devra dédommager une citoyenne victime d'une mauvaise chute dans une voie d'accès du stationnement du Centre Bionest - aujourd'hui connu sous le nom de Centre Gervais Auto - en raison de la présence d'une plaque de glace.

Un mauvais déneigement coûte 65 000 $ à la Ville de Shawinigan

La Ville de Shawinigan devra verser la somme de 65 000 $ à une citoyenne pour avoir fait preuve de négligence dans l'entretien du stationnement de l'ancien Centre Bionest.
Le 25 janvier 2013, Caroline Descôteaux s'était fracturé le poignet après avoir glissé sur une plaque de glace dans une voie d'accès du stationnement. Or, cette blessure l'aurait forcée à s'absenter de son travail jusqu'en septembre suivant et à s'astreindre à de nombreux traitements de physiothérapie.
En bout de ligne, elle conserverait de sa chute une incapacité partielle permanente. C'est pourquoi elle a entrepris une poursuite en décembre 2015 et réclamé à la Ville la somme de 65 000 $. 
Dans cette affaire, le juge Marc Saint-Pierre de la Cour supérieure estime qu'il y avait trois questions en litige. D'une part, la Ville de Shawinigan avait-elle été négligente dans l'entretien hivernal de ses installations à l'aréna, plus particulièrement en ce qui concerne les voies d'accès menant au stationnement?
Sur ce point, il conclut que: «la Ville a en effet commis une faute en n'incluant pas dans son devis pour l'entretien qu'elle confie à un sous-traitant l'épandage de fondant sur les voies d'accès aux stationnements et dans les stationnements lorsqu'ils doivent être utilisés pour une partie de hockey.» 
La Ville exige par ailleurs du sous-traitant chargé de l'entretien des lieux qu'il épande des abrasifs et/ou fondants uniquement sur les trottoirs menant à l'amphithéâtre. Or, même si la Ville est libre de ne pas déneiger le trottoir qui longe une partie du chemin d'accès au stationnement, le tribunal précise qu'elle doit par contre prendre les moyens pour s'assurer de la sécurité du public, condamné à utiliser le chemin d'accès des automobilistes au stationnement.
Elle doit également supporter les conséquences de sa décision d'économiser sur le fondant en requérant plutôt l'usage d'un mélange avec de l'abrasif qui ne serait pas aussi efficace pour rendre la surface exempte de neige ou de glace. 
Qui plus est, une photo prise par le frère de Mme Descôteaux le lendemain de l'accident viendrait non seulement démontrer la présence de cette plaque de glace mais aussi qu'elle était présente quelques jours avant l'accident. Le juge n'a donc pas retenu la version de la Ville à l'effet que des fondants avaient été épandus du moins jusqu'au bord de la voie d'accès, là où circulent les piétons. 
La deuxième question en litige portait sur l'éclairage des lieux. Sur ce point, le tribunal conclut qu'il était suffisant.
Enfin, la troisième question était de déterminer si Mme Descôteaux aurait elle aussi commis une faute en portant des bottes inadéquates le soir de l'accident. Le juge écrit: «Le Tribunal est d'avis qu'il n'y a pas de faute contributoire de la part de Mme Descôteaux à cause de ses bottes à talons hauts parce qu'il ne s'agit pas de talons fins et que, selon la preuve livrée par son témoignage non contredit, il s'agissait bel et bien de bottes d'hiver munies de semelles antidérapantes.»
La Ville devra donc verser à la dame 65 000 $, sans compter les intérêts et l'indemnité additionnelle. Impossible par contre de savoir si la cause sera portée en appel. Le porte-parole de la Ville, François St-Onge, a indiqué que le Service des affaires juridiques analysait toujours le jugement.