Le Québécois Erik Guay a terminé à 81 centièmes de seconde de l'inattendu vainqueur, l'Autrichien Matthias Mayer.

Un jour blanc

Oui, une 10e place pour Erik Guay, c'est décevant.
En même temps, aux Jeux olympiques, ca reste que tout doit converger la même journée: température, jambes, piste, équipement et visibilité. Et là, hier, il y a eu des changements. Skier flat light, c'est comme conduire une voiture en pleine tempête de neige. On ralentit forcément! Tout est blanc. Il devient très difficile de lire le relief de la neige. Le skieur perd alors ses points de repère, le ciel et la neige ne font plus qu'un.
Même si dans une descente le skieur connaît par coeur tout le tracé - bosses, lignes et toutes les mini bosses - lorsque l'on ne voit rien, inconsciemment, il y a une petite réserve. Imaginez ça, en plus, à 120 km/h. Il n'y a pas un coureur qui aime les jours flat light qu'on appelle aussi jour blanc.
Un tracé comportant moins de virages aurait-il pu l'avantager, comme certains l'ont laissé entendre? Érik est un excellent technicien. Donc, cinq ou huit portes, ça importe peu. J'ajouterais qu'il est un skieur très technique, c'est-à-dire qu'il sait très bien tourner. Il fait d'excellents virages et ne dérape pas, même à haute vitesse. Une piste comptant plus de virages l'avantage habituellement. C'est pourquoi il excelle en super G, là où ça tourne davantage.
Il faut savoir que chez les skieurs, on peut généralement les diviser en deux grandes catégories: les techniciens et les "glisseurs". Les techniciens sont toujours avantagés dans les descentes qui tournent, tandis que les "glisseurs" sont bons dans les pistes où il y a moins de virages. Érik est un technicien alors que son coéquipier Jan Hudec est un "glisseur".
Dernier point, les athlètes doivent composer avec le stress et la pression de même qu'avec les attentes des autres (médias et comité olympique canadien). Après une contre-performance, il arrive souvent de performer. Le ski alpin est ainsi. On apprend à rebondir.
En fait, ce qui me préoccupe, c'est que depuis la Coupe du monde de Wengen (Suisse), je crois que la confiance d'Érik est peut-être un peu ébranlée, comme si sa lancée (NDLR: il a été blessé au genou) avait été stoppée.
Il reste le super G (dimanche prochain). Erik peut vraiment performer et il va se reprendre.
Propos recueillis par Louis Ménard