Le spectacle du groupe Half Moon Run au Centre des arts de Shawinigan a ravi les spectateurs, jeudi soir.

Un électrochoc nommé Half Moon Run

Half Moon Run est débarqué à Shawinigan comme un choc électrique en plein coeur. Foudroyant.
Ayant amorcé la première partie avec près de 20 minutes de retard, c'est seulement après 21 h 30 que le public, assez hétéroclite, a pu enfin savourer le moment qu'il attendait. L'attente n'a pas été vaine.
Le trio d'origine composé de Devon Portielje, Conner Molander et Dylan Phillips a lancé le spectacle avant d'être rejoint par Isaac Symonds.
Le quatuor n'a pas eu à faire beaucoup pour que la salle presque comble du Centre des arts lui fasse sentir son appréciation. Si plusieurs spectateurs profitaient du passage du band dans la ville de l'électricité pour les découvrir, un bassin de fans était déjà conquis d'avance.
«C'est notre première fois à Shawinigan, c'est tout de même incroyable de vous voir tout le monde. Merci d'être là», a lancé en français Dylan Phillips avant d'entamer Judgement.
Éclairages sobres et décor épuré, la formation montréalaise n'avait pas à faire plus. Pourtant dans Unofferable le groupe a greffé un quatuor féminin de cordes ajoutant une nouvelle dimension à la chanson. Un bonus pour les oreilles déjà sous le charme.
La formation existe depuis seulement quatre ans mais sa progression donne le vertige. Tournée mondiale, disque d'or, salle de 25 000 personnes, autobus de tournée, on est bien loin de leur premier spectacle donné devant une quinzaine de personnes au Barfly à Montréal en 2010. Vraiment très loin.
La musique du groupe montréalais est difficile à décrire. Indie rock, folk, pop, un soupçon de musique électronique. Difficile de trouver un comparable, on pourrait se risquer à dire Radiohead mais sans conviction, parce que Half Moon Run a un son unique.
Call me in the Afternoon, Drug you, Need it: les chansons de leur album Dark eyes se sont enchaînées, laissant filer, entre deux chansons plus connues, du nouveau matériel au plus grand bonheur d'une foule aussi attentive que démonstrative.
Durant leur grand succès Full circle, le public a pris toute la place le temps d'un couplet. À en donner des frissons. Tout comme les intenses applaudissements qui ont suivi.
She wants to know a eu l'effet d'un véritable électrochoc dans la salle. Une finale qui a convaincu ceux qui ne l'étaient pas encore. S'il y en avait. Les applaudissements du rappel ont été explosifs.
La foule a bénéficié, avec un immense bonheur, de deux chansons en rappel.
Première partie convaincante
C'est au groupe montréalais The Franklin Electric qu'avait été confiée la délicate mission de réchauffer la salle pour le groupe vedette. Même si la chimie s'est installée en douceur, il ne faisait aucun doute après quelques chansons que la formation anglophone, regroupant six membres, avait rempli avec brio son mandat.
Après avoir séduit la foule avec quelques mots en français, le chanteur, pianiste et trompettiste, Jon Matte, a entamé la chanson Unsatisfied tirée de leur album This is how I let you down qui a fait bondir les premières rangées et a enflammé la foule. Pour terminer son tour de piste, le groupe indie folk-pop s'est gâté en présentant une nouvelle chanson, Alone, qui a été suivie d'une ovation. Une révélation pour ceux qui n'avaient pas encore le bonheur de les connaître.