Marie-Claude Camirand

Un courriel qui fait jaser

La conseillère municipale du district Chavigny Marie-Claude Camirand a bel et bien approché le candidat à la mairie André Bertrand pour tenter de le rallier derrière la candidature de Jean-François Aubin.
Après que le candidat Bertrand eut jeté un pavé dans la mare la semaine dernière, en expliquant que plusieurs personnes avaient tenté de le dissuader de se présenter, Mme Camirand a accepté de révéler le contenu d'un courriel envoyé au candidat à la mairie afin d'expliquer sa démarche, qu'elle a qualifiée de cri du coeur.
Bien que M. Bertrand ait refusé de dévoiler l'identité des personnes ayant tenté de le convaincre, c'est le maire Yves Lévesque, qui avait reçu les confidences de M. Bertrand à ce sujet, qui a révélé qu'il s'agissait notamment de Marie-Claude Camirand en début de semaine sur les ondes du 106,9 Mauricie.
Toutefois, selon Mme Camirand, elle n'a jamais tenté de le dissuader, mais plutôt de l'inviter à se joindre à l'équipe de M. Aubin.
Dans le courriel qu'elle a partagé au Nouvelliste, on peut d'ailleurs lire l'extrait suivant: «On sait toi et moi que ça doit changer à la Ville. D'un côté, il y a l'interne: moi je subis depuis 8 ans une dictature qui est vraiment difficile à vivre. Il y a l'externe: le respect du citoyen, le respect de la capacité de payer, la transparence, l'implication citoyenne, toutes des valeurs qui en ce moment sont très très négligées par le premier magistrat. (...) Ensemble, nous pouvons former une super équipe du tonnerre! Jean-François peut assurément te faire une place dans son équipe et, après le 5 novembre, il ne t'oubliera pas, c'est certain».
«J'ai lancé un cri du coeur. Je lui ai offert de s'unir avec nous, pas de ne pas se présenter, il y a une nuance. On veut amener le changement et la majorité souhaite du changement, on l'a vu aux dernières élections car plus de 50 % des électeurs n'ont pas voté pour M. Lévesque. Mais dans ma tête, je ne lui ai jamais offert un poste ou un emploi. Je voyais plus des possibilités qu'il puisse s'impliquer sur des comités municipaux. Cet homme a un très grand bagage et de très bonnes idées et il aurait facilement pu s'impliquer sur différents dossiers», indique Mme Camirand.
Le principal intéressé, André Bertrand, rétorque qu'il ne l'a pas perçu comme tel et que plusieurs personnes de son entourage à qui il a fait lire le courriel ont également interprété qu'on tentait de «l'acheter» pour qu'il retire sa candidature, en lui offrant un travail en échange de son désistement.
«Si je veux faire partie d'un comité de citoyens, je n'ai qu'à lever la main et je sais que je vais en faire partie. C'est un peu bizarre de me demander de retirer ma candidature à la mairie pour ça», évoque-t-il.
Capital politique?
Marie-Claude Camirand n'a toutefois pas caché son agacement à voir que l'information concernant ce courriel avait circulé directement entre André Bertrand et Yves Lévesque. 
«Comment se fait-il qu'il est allé se confier à son adversaire pour une chose comme ça? Ça me questionne concernant le lien entre les deux hommes. On pourrait penser que certains liens se précisent», ajoute-t-elle, se questionnant également sur le besoin de M. Bertrand de se faire du capital politique sur cette histoire qu'elle estime être une tempête dans un verre d'eau. 
«Des alliances en politique, il s'en fait tout le temps, à tous les niveaux. Si on a un objectif commun, unissons-nous afin d'arriver au but recherché», ajoute Marie-Claude Camirand, qui rappelle que le candidat a été approché par plusieurs autres personnes dans ce même objectif.
André Bertrand signale pour sa part s'être confié à Yves Lévesque sur cette histoire le même jour où il lui a annoncé qu'il se présentait à la mairie. 
«J'étais choqué et j'avais besoin de ventiler. Ma candidature n'était même pas encore déposée et on m'approchait de partout. Un qui me rencontre, un qui m'envoie un courriel, un qui m'appelle pour m'engueuler. Oui, je me sentais lésé, mais ça m'a aussi donné de l'énergie pour continuer parce que si ma candidature dérange autant, c'est qu'elle doit avoir de la valeur», fait savoir M. Bertrand.
Courriel de Marie-Claude Camirand
Bonjour André, 
J'ai hésité longtemps avant de t'écrire car je sais que plusieurs personnes t'ont parlé et je me doute que ce n'est pas agréable de se faire dire chaque fois d'abandonner un projet. Cependant, je ne peux passer à côté et je m'en voudrais de ne pas le faire.
Voilà, on sait toi et moi que ça doit changer à la Ville. D'un côté, il y a l'interne: moi je subis depuis 8 ans une dictature qui est vraiment difficile à vivre. Il y a l'externe: le respect du citoyen, le respect de la capacité de payer, la transparence, l'implication citoyenne, toutes des valeurs qui en ce moment sont très, très négligées par le premier magistrat.
Il y a eu plusieurs élections depuis son arrivée. Chaque fois il a été réélu. Cependant, la dernière fois, il l'a été par moins de 50% des votes. Pourquoi? À cause de la division du vote. Lévesque a une base très solide, mais elle s'effrite tranquillement avec les années. Cependant, peu importe le candidat, les électeurs faisant partie de sa base solide vont lui rester fidèles coûte que coûte. Il reste donc à peine plus de 50% des intentions de votes que les autres candidats doivent se partager. 
C'est pour cette raison que malgré que ton projet soit très louable, je crois qu'il faut là, maintenant, tous se rallier afin d'atteindre l'objectif d'un projet collectif, et non d'un projet individuel. En équipe, on va loin. C'est vraiment la seule façon que les choses peuvent bouger à Trois-Rivières avec le portrait actuel.
Si vous êtes deux à vous partager 51 % des intentions de vote, la démocratie (qui oui, te permet de te présenter), et bien cette super démocratie va en prendre pour son rhume car un homme pourra continuer de régner sur la Ville alors que moins de la moitié des gens auront voulu de lui à ce poste. C'est illogique, tu ne trouves pas?
Si plus de 50 % veulent du changement à la Ville, pourquoi ne pas assurer à ces 51 % de citoyens que ça va vraiment arriver?
Ensemble, nous pouvons former une super équipe du tonnerre. Jean-François peut assurément te faire une place dans son équipe et, après le 5 novembre, il ne t'oubliera pas c'est certain.
Ne nous divisons pas, la seule façon d'atteindre cet OBJECTIF COLLECTIF, c'est de laisser tomber nos envies personnelles et de S'UNIR.
Je rêve d'une ville où chacun aura sa place, j'en rêve depuis 8 ans! L'idée de devoir faire un autre 4 ans dans la situation actuelle me donne carrément des haut-le-coeur.
Alors voilà, c'est ce que je voulais te dire. 
Je fais appel à ta volonté de changement, d'une ville plus ouverte, plus à l'écoute. Si l'objectif est que tout le monde soit gagnant, il faut s'unir, et non se diviser. Si on se divise, tout le monde sera perdant. Tout le monde, sauf un... qui continuera à faire ce qui lui plaît, comme ça lui plaît, au détriment de toutes les belles valeurs que les Trifluviens méritent qu'on leur offre.
Jean-François est à pied d'oeuvre depuis janvier: partenaires, financement, rencontres de citoyens, de groupes, etc. C'est quelqu'un de très intelligent, respectueux et ouvert. Avec lui, nous pouvons non seulement former un bon conseil de ville, mais également, avec ton aide et l'aide de tous ceux qui sont remplis de cette belle volonté de changement positif autour de lui, faire de très grandes et belles choses.
Je te remercie de m'avoir lue.