Le débat qui se déroulait jeudi midi, au salon des étudiants du Collège Shawinigan, s'est avéré plus animé que prévu malgré l'absence des candidats du Parti libéral et de Québec solidaire. Sur la photo, Stéphane Mongeau, de la CAQ, Jean Guillemette, d'Option nationale, Jonathan Lapointe, du Parti conservateur du Québec et Luc Trudel du Parti québécois.

Trudel traite les tiers partis de groupes communautaires

Le débat qui se déroulait jeudi midi, au salon des étudiants du Collège Shawinigan, s'est avéré plus animé que prévu malgré l'absence des candidats du Parti libéral et de Québec solidaire, alors que le député sortant, Luc Trudel, au moment de la conclusion, a comparé les tiers partis à de simples «groupes communautaires», pour finalement en appeler lui aussi à un vote stratégique chez les jeunes, prétextant que seul le Parti libéral ou le Parti québécois avaient de réelles chances de former un gouvernement.
Reprenant à son compte la ligne de parti que martèlent tous les candidats péquistes ces derniers jours, M. Trudel a expliqué «que le système démocratique dans lequel on vit favorise surtout deux partis, parfois trois, comme on l'a vu au fédéral avec le NPD et au Québec avec l'ADQ», mais il rappelle que Québec solidaire n'a jamais eu plus de deux députés et Option nationale un seul. «Ces gens-là ont voix au chapitre mais ils sont incapables de faire pencher la balance dans la plupart des décisions.»
Et les alliances alors? «Oui, il y en a eu, admet M. Trudel du bout des lèvres, comme sur la Loi sur les mines, une entente arrachée à la fin de la session parlementaire avec beaucoup de compromis. Je pense que pour l'élection, il y a deux choix véritables, le retour du Parti libéral ou la poursuite avec le Parti québécois», a-t-il répété.
Une position qualifiée de réductrice par son adversaire caquiste, Stéphane Mongeau, qui rappelle que la plupart des idées nouvelles dont on discute dans l'actuelle campagne proviennent justement de la CAQ, du PCQ ou de QS, où des gens font des analyses différentes et proposent d'autres options. Quant au candidat conservateur, il s'est moqué de M. Trudel en lui rappelant qu'avec un tel raisonnement, le Parti québécois n'aurait jamais vu le jour.
Notons que le candidat libéral, Pierre Giguère, avait finalement décliné l'invitation à ce débat organisé par le Conseil central du Coeur du Québec (CSN) ainsi que par l'Association générale des étudiants du Collège Shawinigan et le Syndicat des enseignants, après avoir appris que le thème de l'économie, cher à son parti, ne serait finalement pas abordé, faute de temps. Quant à la candidate de Québec solidaire, Marie-Line Audet, il semble qu'elle ait eu un conflit d'horaire.
Outre Luc Trudel, on retrouvait donc à la table Stéphane Mongeau de la Coalition avenir Québec, Jean Guillemette d'Option nationale et Jonathan Lapointe du Parti conservateur du Québec. Le débat auquel assistaient une centaine d'étudiants et employés du collège, était animé par le conseiller pédagogique Guy Corriveau. Les candidats ont abordé les thèmes de l'avenir des cégeps et l'éducation en général, du syndicalisme et du droit d'association, ainsi que celui de la souveraineté et de l'identité québécoise.
Comme on pouvait s'y attendre, les tirs étaient surtout dirigés vers le député sortant Luc Trudel.
Les moments forts du débat concernaient une discussion sur l'avenir des collèges, que les conservateurs veulent voir disparaître et que la CAQ veut arrimer au monde des affaires. La discussion a ensuite dévié sur la gratuité scolaire prônée par Option nationale jusqu'à l'université.
Luc Trudel a dû répondre des choix de son parti au sujet des frais de scolarité. Un échange intéressant a aussi eu lieu sur la position respective des partis politiques face au droit d'association syndicale (tous sont d'accord), la formule Rand (le PCQ a des réserves) et le droit ou non des syndicats de faire de la politique pour répondre aux positions du patronat (la CAQ a des réserves). Plusieurs questions sont aussi venues de la salle, entre autres sur l'accès aux médecins, les frais de scolarité et les négociations du secteur public.