André Bertrand

Troisième candidat à Trois-Rivières: vers une division du vote?

L'annonce d'une troisième candidature à la mairie de Trois-Rivières en la personne d'André Bertrand a plus ou moins pris par surprise les deux candidats déjà annoncés, le maire Yves Lévesque et le conseiller municipal Jean-François Aubin.
Si on s'étonne de voir une candidature s'annoncer si tard dans la course à la mairie, chacun s'entend pour dire que ce nouveau candidat ne changera pas la stratégie adoptée par les équipes électorales des deux autres clans.
Jean-François Aubin ne cache pas avoir tenté de rallier André Bertrand dès qu'il a entendu parler de son éventuelle candidature.
«Depuis le début, j'ai invité les gens à se rallier au changement qu'on propose. Je suis allé le rencontrer et j'ai démontré mon ouverture à rallier les gens. Malheureusement, ça n'a pas porté fruit, mais nous avons eu une discussion franche et cordiale», fait savoir le candidat à la mairie.
Pour Jean-François Aubin, une troisième candidature peut toutefois rimer avec la division du vote. À ce propos, il dit espérer que les gens se souviendront de l'élection de 2013.
«La dernière fois, Yves Lévesque n'a eu que 49 % des voix, il n'a pas été élu à la majorité absolue. La majorité des électeurs souhaitaient du changement, mais la division du vote avec cinq autres candidats a fait que le changement ne s'est pas opéré», constate le candidat, qui dit tout de même accueillir de façon démocratique cette nouvelle candidature.
«Ça fait partie de la démocratie. Il a le droit de se présenter, tout comme n'importe qui. D'ailleurs, d'ici au 4 octobre, ça peut encore arriver, d'autres personnes pourraient aussi se présenter», constate-t-il.
Pour lui, l'arrivée d'André Bertrand dans la course ne change pas le fondement de sa campagne. «Je propose une alternative, un changement. En ce sens, mon véritable adversaire, c'est M. Lévesque. Maintenant, les gens vont juger en fonction de nos propositions et de notre capacité à rallier les gens», maintient celui qui croit partir avec une longueur d'avance sur André Bertrand, étant donné qu'il mène ouvertement sa campagne depuis le mois de février et qu'il a disposé de beaucoup plus de temps pour se faire connaître du grand public.
De son côté, le maire Yves Lévesque a esquissé un sourire lorsque questionné sur cette nouvelle candidature, lui qui, rappelons-le, n'a toujours pas officiellement déposé la sienne. Cependant, il est le premier à parler désormais de trois candidatures à la mairie, avant de se reprendre et de préciser «deux, et peut-être bientôt trois».
«Ça fait partie de la démocratie. On aime toujours mieux ne pas en avoir du tout (des adversaires). Mais d'avoir plus de choix, c'est la population que ça favorise», constate Yves Lévesque.
Le maire sortant soutient qu'il avait entendu les rumeurs concernant la candidature d'André Bertrand, avant que le principal intéressé ne lui confirme lui-même qu'il se portait bel et bien candidat. Une candidature qui ne changera rien pour lui, affirme-t-il.
«J'avais entendu parler de lui par la bande mais je n'avais pas fait de lien et je n'avais pas été voir. Ce n'est pas mon dada d'aller voir qui se présente et qui ne se présente pas. Je m'occupe de mes affaires. Quand tu t'occupes des autres, tu ne t'occupes pas de tes affaires», lance-t-il.
Yves Lévesque demeure confiant qu'au final, ce sera son bilan qui fera la différence pour les électeurs. «Les gens sont assez grands pour voir la croissance de la ville à tous les niveaux. Ce qui est triste dans une campagne électorale, c'est qu'on peut dire n'importe quoi, mais les gens sont capables de faire la part des choses. 
Quelqu'un qui n'est pas au conseil peut dire n'importe quoi parce qu'il n'a pas l'information, mais quelqu'un qui est au conseil ne peut pas dire n'importe quoi. La population est assez grande pour juger qui pourra le mieux représenter leurs intérêts», ajoute le maire Lévesque, décochant du même coup une flèche au conseiller Jean-François Aubin.