Fort de trente ans de métier à la radio, l'humoriste Jean-Claude Gélinas se dit très fier du chemin parcouru mais toujours aussi stimulé par son métier.

Trente années de passion inaltérable pour Jean-Claude Gélinas

Bien des gens ont connu leur heure de gloire à la radio mais le succès y est souvent fugace: c'est un monde où les changements sont fréquents. Jean-Claude Gélinas fait de la radio depuis 30 ans cette année et cette capacité à durer est peut-être ce dont il est le plus fier d'une carrière tout à fait exceptionnelle.
Le Nicolétain a débuté à Trois-Rivières, à CFCQ FM, la radio du cégep trifluvien. Il s'est rapidement retrouvé à CHLN où il a commencé à manier l'humour au micro. «C'était l'époque du Festival de l'humour québécois avec Tex Lecor, Louis-Paul Allard, et autres, raconte-t-il. Pierre Légaré était le responsable des textes. Moi, je faisais la mise en ondes locale, à CHLN et j'ai commencé à lui envoyer des blagues, comme ça, pour le plaisir. Ils en ont pris de plus en plus souvent et c'est comme ça que tout a commencé.»
Cette découverte du monde de l'humour devait avoir une influence déterminante sur sa carrière. C'est devenu sa passion et son gagne-pain. «Je suis toujours demeuré un passionné de radio. J'adore encore ça trente ans plus tard. En plus, ça m'a emmené dans toutes sortes d'autres avenues: j'ai travaillé pour la télévision, j'ai écrit de l'humour pour d'autres humoristes, je fais encore de la scène, etc. Mais si j'avais à revivre ma carrière, je ne changerais rien. Je referais de la radio.»
Dans un milieu où les changements sont fréquents et où les modes et les vedettes passent rapidement, lui a trouvé la recette magique pour durer. «C'est à la radio, sur le tas, que j'ai tout appris de mon métier. Je n'ai pas fait l'École nationale de l'humour. Autant ici qu'à Montréal, j'ai eu l'occasion de côtoyer beaucoup de monde et j'ai appris d'eux entre autres parce que je ne refusais jamais d'aller les voir et de discuter avec eux pour avoir des conseils.»
Il a travaillé fort, parfois dans l'ombre, mais jamais sans enthousiasme. «Aujourd'hui, à NRJ, je fais des capsules quotidiennes. Je n'ai pas le choix: je dois me tenir constamment au courant de l'actualité. Plusieurs pensent que mon travail se termine quand je sors du studio une fois l'émission du matin terminée mais en fait, non seulement je dois y consacrer des heures en vue de l'émission du lendemain, mais je suis constamment au travail. J'observe constamment les gens et ce qui se passe autour de moi pour m'inspirer. Je cherche tous les prétextes à rigoler. Je me demande comment je pourrais traiter une situation pour qu'elle fasse une bonne capsule humoristique.»
«Je suis choyé parce que présentement, j'ai une douzaine de stations NRJ qui diffusent mes capsules. J'ai de bons patrons.»
Choyé aussi parce que son métier ne l'a jamais trahi. Même qu'en plus de la radio, il poursuit le développement de divers projets, incluant un scénario de film qui traîne dans ses tiroirs et, bien sûr, des spectacles sur scène comme les deux numéros qu'on lui a demandé de monter pour deux galas Juste Pour Rire.
«La scène, c'est un tout autre métier. C'est compliqué parce que la façon que tu as de présenter les blagues fait une énorme différence. Il faut savoir développer la bonne attitude, la bonne mimique, la bonne façon de l'enrober, bien occuper la scène et assumer complètement le numéro, peu importe comment le public réagit. Tu ne peux pas avoir de doute parce que les gens le sentent.»
«Un seul numéro ça implique beaucoup de texte. Après, il faut le tester devant divers publics pour voir ce qui marche et qui ne marche pas. J'aime ça parce qu'on a un feedback immédiat de la part du public qu'on ne peut pas avoir avec la radio, mais c'est très exigeant. Je ne pense pas que reprendre ma carrière à zéro, j'opterais pour la scène. J'aime en faire régulièrement comme je le fais présentement tout en conservant mon travail à la radio.»
En trente ans de présence pratiquement quotidienne en ondes en jouant sur un humour de situation l'obligeant à improviser et à mettre à contribution son exceptionnel sens de la répartie, il n'a jamais été impliqué dans des controverses majeures. Il n'a fait l'objet d'aucune poursuite ou plaintes de «victimes» mécontentes de choses qu'il aurait dite d'elles.
«C'est peut-être ma plus grande fierté: je n'ai jamais cédé à la facilité. J'ai fait les choses correctement et je n'ai pas cherché à embarrasser les gens juste pour faire rire le public. Mon objectif, quand je fais des capsules au téléphone, c'est d'amener mon interlocuteur sur un terrain drôle où on rigole tous les deux. Il faut trouver le gag qui va faire rire tout le monde. C'est vrai que parfois, c'est plus difficile, mais à la longue, c'est ce qui permet de durer et de conserver un public fidèle.»