La directrice de l'Office de tourisme, foires et congrès de Shawinigan, Valérie Lalbin.

Tourisme: une lettre anonyme crée des remous

Les dénonciations contre l'Office de tourisme, foires et congrès de Shawinigan et sa directrice générale, Valérie Lalbin, prennent une nouvelle tournure avec la diffusion d'une lettre anonyme qui soulève des questions sur la gestion de cet organisme. Son président, Michel Matteau, choisit de ne pas commenter ces allégations, tandis que la directrice générale se terre dans le mutisme le plus complet.
Cette lettre a commencé à circuler dans la communauté vers le 12 mars. Tous les membres du conseil d'administration en ont reçu une copie, de même que d'autres personnes qui gravitent autour du milieu touristique. Le maire de Shawinigan, Michel Angers, se retrouve également sur la liste des destinataires. L'en-tête de cette lettre précise qu'elle s'adresse «aux médias».
Or, dans son édition de cette semaine, L'Écho de Shawinigan a choisi de retranscrire intégralement le contenu de cet envoi anonyme.
Son auteur, qui signe simplement «Le y'iable en parsonne», intitule son récit Cessons de prendre les citoyens pour des valises. Il revient sur les grandes lignes de la saga automnale qui a ébranlé l'organisme. Il rappelle les plans de déménagement, les démissions d'employées et de certains membres du conseil d'administration et, plus récemment, le refus de plusieurs de payer une partie de leur cotisation annuelle parce qu'ils ne trouvaient aucun avantage à faire partie de l'OTFC.
Par la suite, l'auteur déplore que le «robinet des dépenses de l'organisme» coule à flots «sans aucune reddition de compte».
Vers la fin de la lettre, les conditions de travail de Mme Lalbin sont directement ciblées.
«(...) les avantages accordés à la directrice générale de l'organisme demeurent hautement questionnables et, selon certains, inversement proportionnels à ses compétences de gestionnaires.»
«À un salaire de base et un régime de vacances enviables, la directrice générale a aussi droit à un compte de dépenses illimitées qui ne fait l'objet d'aucune vérification ou approbation par quiconque de son conseil d'administration. Elle bénéficie également de congés payés pour étude et ses frais scolaires sont aussi à la charge de l'office.
Au surplus, l'office lui rembourse ses frais quotidiens de repas et lui verse une allocation de kilométrage (généreuse selon les normes) non seulement pour les déplacements effectués dans le cadre de ses fonctions mais également afin de couvrir les déplacements de sa résidence à son bureau (alors qu'elle s'était engagée à déménager à Shawinigan, il semblerait qu'elle habite toujours Trois-Rivières).»
Malgré la diffusion à grande échelle de ces insinuations, M. Matteau refuse d'y répondre. Rappelons que cet organisme bénéficie d'une aide financière annuelle d'un peu plus de 660 000 $ de la Ville de Shawinigan.
Il semble que jusqu'à maintenant, personne n'ait réussi à identifier l'auteur de cette lettre anonyme, qui cause encore des remous à l'OTFC.
Diane Borgia, porte-parole de Shawinigan citoyens avertis, assure que son regroupement ne se cache pas derrière le dernier chapitre de cette saga.
«Rassurez-vous, quand nous publions des lettres, nous avons l'audace et la sincérité d'y apposer notre nom», commente-t-elle. «Ce n'est pas le genre de geste qui pourrait être autorisé par notre regroupement.»
Par contre, Mme Borgia reconnaît que certains éléments avancés dans cette lettre font murmurer bien des gens à Shawinigan depuis quelques mois.
«Beaucoup de choses circulent, comme le salaire de la directrice générale de l'Office, sa non-efficience au travail. Apparemment, elle aurait aussi une formation universitaire payée par l'Office. Ce ne sont pas de nouvelles informations; on fait notre petite enquête.»
Le contrat initial de la Ville de Shawinigan avec l'Office de tourisme, foires et congrès couvre la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2015. Il prévoit toutefois une clause de renouvellement automatique de trois ans, à moins d'avis contraire de l'une des parties.