Luc Trudel

Toujours rien de concret pour FerroAtlántica

Le député sortant de Saint-Maurice, Luc Trudel, fait du développement de la filière du silicium l'un de ses engagements prioritaires s'il est réélu le 7 avril. Un clin d'oeil à l'arrivée de FerroAtlántica à Shawinigan, une nouvelle fort attendue mais qui tarde à être confirmée?
«Le dossier chemine toujours», commente prudemment le représentant péquiste. «Tant qu'un dossier industriel n'est pas signé, on doit toujours observer la plus grande prudence parce qu'on ne veut pas décevoir notre population.»
À Saguenay cette semaine, Le Quotidien suggérait que la présence de quartz dans cette région pouvait faire pencher la balance dans le choix de la multinationale espagnole, qui doit créer 300 emplois dans le milieu où elle s'implantera.
«Si FerroAtlántica vient au Québec, c'est parce qu'il y a plusieurs ressources naturelles», fait remarquer M. Trudel. «Le quartz est un enjeu parmi tant d'autres. L'entreprise doit calculer ses coûts d'exploitation sur chacun des sites. Quand elle sera prête, elle fera un choix en fonction d'une rentabilité à long terme.»
À tout le moins, le député sortant remarque que Shawinigan fait dorénavant partie des scénarios d'implantation de grandes usines, ce qu'il ne détectait guère à son arrivée à Québec en septembre 2012. Il confie qu'au printemps 2013, lors d'un entretien de 45 minutes avec sa chef, il l'a particulièrement sensibilisée aux défis de la région.
«De l'extérieur, on ne comprend pas pourquoi la Mauricie ne va pas beaucoup mieux», explique-t-il. «J'ai expliqué, en détail, les défis auxquels on faisait face et donné des pistes de solutions. À partir de là, la machine gouvernementale a commencé à poser un regard très différent sur Shawinigan et la Mauricie. Ce travail aura permis d'avoir la tournée exceptionnelle au début février.»
Dans la plate-forme électorale de M. Trudel, le silicium fait partie de la filière des métaux légers à développer. Cette dernière comprend aussi la consolidation de la transformation de l'aluminium, avec General Cable, la reconversion du site de Rio Tinto Alcan et l'exploitation d'un centre de coulée autonome.
Dans les autres filières ciblées, M. Trudel identifie les technologies de l'énergie, avec notamment l'électrification des transports, le développement de la biomasse, l'efficacité énergétique et l'hydrogène. M. Trudel exigera aussi qu'Hydro-Québec augmente ses mandats de recherche et ses effectifs à son Laboratoire des technologies de l'énergie.
Dans la filière du matériel de transport, le candidat péquiste s'attardera à l'électronique et les matières composites, des sous-secteurs de l'aéronautique. Du côté de la forêt, il travaillera à consolider les activités, lui qui se réjouit de la récente entente sur l'approvisionnement en bois obtenue avec Produits forestiers Résolu pour l'usine Laurentide.
Enfin, la Station du numérique et les jeux en ligne constituent sa cinquième filière prioritaire. M. Trudel annonce qu'un nouveau projet de financement de 1,2 million $ devrait lui être déposé prochainement, somme qui s'ajouterait aux 2,2 millions $ déjà consentis par le gouvernement du PQ pour le Centre d'entrepreneuriat Desjardins.
M. Trudel reconnaît que la Mauricie a souffert depuis deux ans, avec des pertes de 12 000 emplois. Il s'agit, rappelons-le, de la pire performance au Québec au cours de cette période.
«On ne peut pas prétendre qu'on a un bilan reluisant», laisse-t-il tomber. «Mais pour moi, ces batailles de chiffres sont complètement stériles. Le développement économique, ça se fait sur du moyen et du long terme.»
Chaque fois que l'occasion se présente, M. Trudel rappelle que les libéraux ont éliminé des programmes et des orientations qui avaient été établis par le gouvernement péquiste avant l'élection de 2003. Ces décisions, martèle-t-il, «ont tué l'espoir qu'on tentait de faire renaître».
Justement, M. Trudel se trouvait à l'intérieur de l'un de ces symboles vendredi matin: l'ancien incubateur du Groupe Énergie, dans le Technoparc de Shawinigan. L'entreprise AddÉnergie prévoit y créer une centaine d'emplois au cours des cinq prochaines années dans la fabrication de bornes de recharge électriques.
«Quel plaisir, douze ou treize ans plus tard, de voir que ça servira de nouveau à ce qui était destiné au départ, soit le développement et le support des entreprises dans le domaine de l'énergie», sourit-il. «Ça démontre que nous avons de la vision, de la suite dans les idées et qu'on y croit toujours!»