Valérie Lupien

Tant qu'il y aura des enfants

Valérie Lupien avait envie de faire partie de quelque chose de plus grand qu'elle. Après la naissance de ses enfants, l'occasion s'est présentée de s'impliquer au Centre Ressource Naissance. Depuis, elle multiplie les engagements auprès d'organismes de la région et milite pour le bien-être des enfants et de leurs parents.
De dire que l'emploi du temps de Mme Lupien est chargé serait un euphémisme. En plus de présider le conseil d'administration du Centre Ressource Naissance et du CPE Le Coffre à jouets, elle offre de son temps en tant que marraine d'allaitement, s'implique à Espace Mauricie, au Centre d'action bénévole en plus d'être mère de deux enfants en bas âge et d'occuper un emploi à temps plein dans le domaine des communications.
Même si les minutes lui manquent parfois pour tout faire, jamais elle ne renoncerait à son implication bénévole. «J'aurais un vide, il manquerait quelque chose dans ma vie. C'est ça qui me nourrit et qui crée un bel équilibre.» Son conjoint l'appuie inconditionnellement et elle concède qu'elle ne pourrait pas tout faire sans son soutien.
Elle se réjouit d'ailleurs de voir l'implication grandissante des pères dans la vie de leurs enfants. «Les pères sont de plus en plus impliqués parce qu'on leur laisse plus de place. C'est clair que l'instinct paternel demande un moment d'adaptation, mais moi, je vois la famille comme un tout.»
En tant que marraine d'allaitement, Valérie Lupien accompagne les nouvelles mères à travers les joies, mais aussi les difficultés que peut amener l'allaitement. Elle se sent privilégiée de pouvoir faire partie de ce moment intime entre une mère et son enfant. Elle-même a bénéficié de ce service quand elle a décidé d'allaiter ses deux enfants. Il était donc tout naturel pour elle de redonner ce qui lui a été offert. Elle croit beaucoup à l'efficacité de cette pratique. «C'est la plus belle chose qu'on peut faire pour un enfant. En le faisant, je crois que je leur ai donné le meilleur de moi», confie avec émotions la mère d'un garçon de quatre ans et d'une fille de deux ans.
Malgré le temps qu'elle consacre à de nombreux organismes, un rôle lui tient particulièrement à coeur: être mère de famille. «C'est la plus belle implication de ma vie», assure-t-elle. «Qu'on soit mère en 2014 ou mère en 1920, je pense que c'est la même émotion. Les attitudes sont peut-être différentes, mais être mère, ça traverse les années. Le lien est toujours aussi fort.»
Le milieu communautaire a toujours été le créneau de la femme de 33 ans. Elle fait d'ailleurs une place grandissante dans sa vie à l'économie sociale. «Je suis convaincue que l'argent et les valeurs humaines sont conciliables. Je veux m'impliquer dans des organismes qui prônent des valeurs qui me ressemblent. Si une entreprise multinationale m'appelait pour m'offrir un poste, c'est sûr que j'y penserais, mais je ne crois pas que j'accepterais.» Le souci de l'autre, l'égalité, l'ouverture ne sont que quelques-unes des valeurs chères à Valérie Lupien.
L'humanisme de Valérie Lupien dépasse les frontières de la Mauricie. Amenée à voyager dans le cadre de son travail, sa récente visite en Bolivie l'a troublée, mais a surtout remis les choses en perspective. De côtoyer la pauvreté au quotidien et de constater les conditions pénibles dans lesquelles les gens évoluent ailleurs dans le monde a renforcé son désir d'implication ici et l'a convaincue que ses efforts ne sont pas vains.
En 2012, son implication a été reconnue puisqu'elle a été récipiendaire du Grand prix de la relève Mauricienne d'influence remis à une citoyenne qui s'implique activement dans sa communauté. «Ce prix-là m'a fait réaliser qu'avec mes petits gestes à moi, je peux contribuer à changer le monde. Je sais que je ne peux pas le virer à l'envers. Je ne peux pas enrayer la faim dans le monde, je ne peux pas enrayer la violence faite aux enfants, mais je peux quand même faire une différence», reconnaît-elle. «C'est mon plus beau cadeau à vie. Je n'ai pas de mots pour décrire à quel point ça fait du bien. On ne fait jamais ça pour la reconnaissance, mais ça fait plaisir de voir que quelqu'un a cru en moi».
Vous pouvez entendre l'entrevue avec notre Tête d'affiche dans l'émission matinale Chez nous le matin, au 96,5 FM, entre 6 h et 9 h, ainsi que le reportage présenté au Téléjournal Mauricie du dimanche.