Le Grand orchestre de la Mauricie au moment d'une répétition pour le spectacle consacré à Sylvain Lelièvre en compagnie du chanteur Yvan Pion.

Sylvain Lelièvre, l'orfèvre

Après avoir accroché quelques têtes de prestige à sa collection, le Grand Orchestre de la Mauricie était mûr pour s'attaquer au répertoire du grand Sylvain Lelièvre, ce qu'il fera ce samedi, 8 février, à 20 h à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture.
Pour redonner vie à quelques chansons du vaste répertoire de cet artiste trop peu connu et disparu bien trop rapidement, en 2002 à l'âge de 59 ans, l'orchestre fera appel au chanteur Yvan Pion, un choix d'autant moins contournable que celui-ci a étudié avec Sylvain Lelièvre.
«Après neuf ans d'existence, nous avons établi un lien avec notre public et je pouvais me permettre de m'offrir ce petit cadeau, dit le directeur musical du Grand Orchestre de la Mauricie, Pierre Petersen. C'est un véritable coup de coeur parce que j'aime beaucoup Lelièvre; il a bercé mon enfance et je l'écoute encore. En plus, je sais que le spectacle va plaire à notre public à cause de la qualité des chansons, et du fait que plusieurs sont des classiques entendus à un moment donné ou à un autre.»
Dans le monde de la chanson au Québec, le respect envers cet artiste discret est unanime. Pourtant, il se fait peu de spectacles en hommage à son exceptionnel talent d'artisan de la chanson. «Peut-être parce qu'il n'a jamais cherché gloire et publicité, on l'a un peu oublié, ce qui est très dommage. J'ai l'impression que c'est presque comme un devoir de lui rendre cet hommage», d'indiquer Petersen qui a signé tous les arrangements des chansons du spectacle.
Le fils du chanteur sera présent à la Maison de la culture et sa veuve aurait aussi accepté l'invitation si elle n'était prise ce soir du 8 février, journée de son anniversaire. «La famille a été d'une gentillesses extraordinaire et d'une grande ouverture. Que le fils vienne au spectacle, c'est très gratifiant.
Pour ce qui est du contenu, Pierre Petersen a fouillé dans l'ensemble de l'oeuvre en omettant volontairement certaines parutions des années 80 plus marquées par les tendances volatiles de l'époque.
«Notre gros problème, ç'a été de couper, admet le directeur musical. Il y a des classiques qu'on ne pouvaient éluder comme Lettre de Toronto, Marie-Hélène, Toi l'ami ou Moman est là. C'est assurément un spectacle centré sur le texte, sans doute la force première de Lelièvre même si sa musique était de grande qualité aussi. Plusieurs chansons plus intimistes se sont ainsi imposées, dont certaines qui étaient inconnues pour nos plus jeunes musiciens. J'aime leur faire découvrir des choses et ç'a été le cas avec Fleur de grésil, par exemple. Quand ils adoptent, je sais que le public va apprécier aussi.»
Yvan Pion en sera à un deuxième spectacle consécutif avec l'orchestre, une situation très exceptionnelle mais ses antécédents avec le Sylvain Lelièvre l'imposaient comme soliste. «Yvan est très émotif devant les textes de Lelièvre alors que je suis plus touché par la portion musicale. Cette émotion d'Yvan en fait un interprète exceptionnel.»
Les fans de l'auteur compositeur réentendront avec plaisir les Old Orchard, La basse ville, Qu'est-ce qu'on a fait de nos rêves?, Les choses inutiles ou Le plus beau métier du monde.
«C'est sans doute le fait de sa qualité d'auteur mais elles ont toutes bien vieilli. Dans La basse ville, il parle des différences socioéconomiques des différents quartiers de Québec et ça a une résonance spéciale pour moi qui suis originaire du quartier Sainte-Cécile, à Trois-Rivières, qui correspond un peu à la basse ville de Québec.»