Un employé col blanc de la Ville de Trois-Rivières écope d'une suspension sans solde de 45 jours pour avoir utilisé son temps de travail et l'ordinateur de son employeur à des fins personnelles.

Suspendu 45 jours pour vol de temps

Un employé municipal affecté à la centrale 9-1-1 vient d'apprendre à ses dépens qu'il ne doit pas utiliser l'ordinateur du travail à des fins personnelles. Le conseil municipal de Trois-Rivières a voté en faveur d'une suspension de l'employé pour 45 jours ouvrables, soit l'équivalent de 9 semaines de travail à raison de cinq jours par semaine.
La Ville reproche à l'employé col blanc d'avoir «utilisé le patrimoine informatique de façon inappropriée, à des fins personnelles et sur ses heures de travail, allant à l'encontre de la politique sur l'utilisation du patrimoine informatique», peut-on lire dans la résolution.
Selon le maire Yves Lévesque, la personne aurait surtout utilisé l'ordinateur du travail pour consulter des sites à caractère sportif. «C'est un maniaque de sport», a-t-il lancé, en point de presse. 
«Pour nous, c'est considéré comme quelqu'un qui fait du vol de temps, donc qui utilise son temps de travail pour faire des choses inappropriées. Il utilise également le patrimoine informatique, donc l'ordinateur de la Ville», explique la directrice générale de la Ville, France Cinq-Mars, ajoutant que le caractère répétitif du geste aura aussi contribué à déterminer l'ampleur de la sanction. Il semble en effet que les gestes se produisaient quotidiennement.
La surveillance pour en arriver à ce constat a été faite sur une période d'un mois, ajoute Mme Cinq-Mars. Cette dernière confirme toutefois qu'aucun élément de nature criminelle n'a été constaté. «Si ça avait été criminel, ça aurait été un autre genre de sanction», ajoute le maire Yves Lévesque.
Une suspension de 45 jours ouvrables est une sanction qu'on ne voit pas souvent à la Ville de Trois-Rivières, mais selon Mme Cinq-Mars, elle n'est pas la plus sévère. «Nous avons déjà eu à suspendre un employé pendant 80 jours ouvrables», a-t-elle rappelé. «C'est quand même une faute assez grave. On aurait pu donner beaucoup plus que ça, je pense que ça a été fait selon les règles de l'art», ajoute le maire Yves Lévesque.
De son côté, le Syndicat des fonctionnaires de la Ville de Trois-Rivières n'a pas souhaité commenter davantage la suspension de l'employé, mais a fait savoir qu'elle allait fort possiblement déposer un grief. «Nous allons certainement contester la suspension», a commenté la présidente du syndicat Julie-Ann Pleau, sans vouloir aller plus loin ni émettre d'autres commentaires.